Khalifa: « La demande d’extradition algérienne est toujours à l’étude »

L’ambassadeur d’Algérie au Royaume-Uni revient sur l’affaire Khalifa

« La demande d’extradition algérienne est toujours à l’étude »

Abdelmoumène Khalifa est toujours en détention, affirme l’ambassadeur d’Algérie à Londres, Mohamed Salah Dembri.

Londres (Grande-Bretagne). De notre envoyé spécial, El Watan, 8 novembre 2007

Par cette déclaration, le diplomate algérien corrobore la déclaration de l’ambassade du Royaume-Uni et de l’Irlande du Nord, en Algérie, qui précisait la semaine dernière que l’ancien patron de l’empire Khalifa est toujours en détention. « M. Khalifa est toujours détenu dans l’attente du résultat de cet appel. A notre connaissance, aucune demande de mise en liberté provisoire n’a été faite par Khalifa », avait déclaré la représentation diplomatique britannique en Algérie. Dans une déclaration à El Watan mardi à Londres, M. Dembri met fin aux rumeurs selon lesquelles Khalifa a été remis en liberté provisoire. « C’est difficile pour nous professionnels de la diplomatie d’agir constamment sur la rumeur. Nous agissons sur le fait concret », a lancé M. Dembri. Selon lui, « les Britanniques avaient déjà réagi en disant que la détention de Khalifa est toujours de mise ». Il est vrai que beaucoup d’encre a coulé ces derniers jours sur le statut actuel de l’ancien patron du groupe Khalifa. Objet d’un mandat d’arrêt européen, délivré le 5 mars 2007 à la demande de la juge de Nanterre (France), Regina Capra, Abdelmoumène Khalifa a été donné par certaines sources comme étant en liberté provisoire sur décision d’un juge londonien. Pour l’ambassadeur d’Algérie à Londres « c’est dans la presse algérienne qu’on retrouve toujours des rumeurs sur le dossier Khalifa ». Selon lui, les autorités algériennes ont bel et bien demandé l’extradition du golden boy. « La demande algérienne d’extradition est en cours d’étude. Le juge britannique doit se prononcer dans les délais qui sont fixés par la justice britannique », a-t-il précisé. Mais un juge britannique a déjà donné son feu vert pour l’extrader en France. M. Dembri explique dans ce registre qu’il peut y avoir des demandes multiples d’extradition et qu’il revient à la justice britannique de déterminer son propre choix. « Il y a eu une demande française, le juge l’a étudiée et a dit qu’il n’y a pas d’objection, mais il y a aussi la demande algérienne qui est toujours en étude », a-t-il précisé. A ce propos, il affirme que les deux ministères de la Justice ont échangé toute la documentation concernant la demande d’extradition de Khalifa et que le dossier est en phase d’instruction. Le juge se prononcera, selon lui, en fonction de l’argumentation algérienne, des pièces qui ont été présentées et des clauses de la convention d’extradition qui a été signée entre l’Algérie et la Grande-Bretagne. Sur un autre chapitre, le diplomate algérien a déclaré que l’Algérie a lancé depuis des années des mandats d’arrêt internationaux contre une dizaine de personnes qui sont recherchées surtout au Royaume-Uni. Mais pour ce qui est des demandes d’extradition, selon M. Dembri, la convention entre les deux parties est toujours en vigueur. « Les deux ministères de la Justice peuvent se contacter à n’importe quel moment pour lancer une procédure d’extradition à l’encontre d’un ressortissant dans les deux sens », a-t-il précisé. L’ambassadeur d’Algérie à Londres tient à préciser que « sur ces questions, l’Algérie est sur une phase de consolidation des acquis sur le fonctionnement de la société ». Il argumente cela par le fait que « la charte pour la réconciliation nationale produit pleinement ses effets ». « Nous avons constaté que depuis l’adoption de la charte par référendum, un vaste mouvement de retour vers l’Algérie des personnes qui étaient plus ou moins impliquées dans les réseaux terroristes », a-t-il ajouté. Pour lui, « la maturité politique de l’Algérie fait qu’elle a ses capacités intrinsèques à prendre en charge elle-même ses propres problèmes, notamment assurer la réinsertion des éléments qui n’ont pas commis de crimes de sang de manière conforme aux obligations du citoyen, eu égard au droit ouvert par la Constitution ». Pour le diplomate algérien à Londres : « Nous ne sommes plus dans les années 1990, nous sommes dans une phase où le citoyen a montré qu’il a récusé la violence, notamment celle qui est sous couvert de la religion. »

Rabah Beldjenna