Affaire Khalifa: L’Algérie déboutée en France

AFFAIRE KHALIFA

L’Algérie déboutée en France

Le Soir d’Algérie, 4 février 2008

Le tribunal d’appel de Paris n’a pas accédé à la demande algérienne d’extrader l’oncle de Moumène Khalifa, Ghazi Kebbache, et Mohamed Nanouche, tous deux ex-cadres du groupe Khalifa, ainsi que son ex-épouse Nadia Amirouchène.
Nawel Imès – Alger (Le Soir) – Les trois accusés réclamés par la justice algérienne ont été remis en liberté. La décision prise le 30 janvier dernier sonne comme un désaveu de la justice algérienne, déjà déboutée à plusieurs reprises dans cette affaire. Le même scénario s’était produit en septembre dernier lorsque ce même tribunal avait mis en liberté provisoire Ghazi Kebbache, ex-P-dg de Khalifa Construction, après avoir procédé quelques jours auparavant, à la remise en liberté de Mohamed Nanouche et de Kebbache. C’est le quotidien arabophone El Nahar qui a donné l’information et qui explique que la décision de la justice française serait motivée par le fait que le dossier serait «totalement vide». Quelques mois auparavant, d’autres quotidiens avaient indiqué que la mise en liberté de ces accusés serait liée à des déclarations faites par l’un des deux accusés. Kebbache n’aurait, en effet, pas hésité à citer les noms de personnalités algériennes qui auraient bénéficié des largesses de Abdelmoumène Khalifa en échange de facilitations et de protections. Parmi ces noms, figure celui de Abdelghani Bouteflika, frère du président, avocat de profession, qui aurait bénéficié d’un appartement sur l’un des plus grands boulevards de Paris. La confirmation par M. Ghazi Kebbache de l’existence de cet appartement et du nom de son propriétaire constitue une première dans la mesure où jusqu’à maintenant, ces informations ont été considérées comme une tentative visant à affaiblir l’entourage du président. Selon El Khabar, M. Kebbache aurait également cité le nom de M. Rachid Maârif, ex-chargé du protocole à la Présidence et actuel ambassadeur d’Algérie à Rome, qui aurait également bénéficié d’une habitation à Paris, avenue de la Grande Armée. Le témoignage de l’oncle de Moumen Khalifa fait ressortir, par ailleurs, le nom de la fille de M. Larbi Belkheïr, actuel ambassadeur d’Algérie à Rabat.
N. I.