Me Khaled Bourayou : « La peine de Khalifa confirme la thèse du deal »

Me Khaled Bourayou : « La peine de Khalifa confirme la thèse du deal »

Hadjer Guenanfa, TSA, 24 juin 2015

Que pensez-vous de la condamnation de Khalifa à 18 ans de prison ferme ?

Peu d’initiés pronostiqueurs de verdicts avaient parié que Khalifa allait avoir 18 ans. Je trouve que c’est une peine favorable compte tenu de la dimension du procès, du nombre des accusés (71), d’une amplification médiatique sans précédent, d’une longue et lourde procédure d’extradition. La peine de 18 ans de prison était inattendue et inespérée. Khalifa s’en sort bien.

Est-ce que cette peine confirme le deal dont vous avez parlé à plusieurs reprises ?

Oui, la peine confirme la thèse du deal. Le détenu principal qui ne parle pas, qui ne cite pas de noms, qui porte la contradiction à ses anciens cadres sont autant d’éléments qui font que Khalifa s’en sort avec 18 ans de prison. Qu’en serait-il s’il avait donné des noms ?
Peut-il bénéficier d’une grâce ?

Je ne pense pas. Il ne faut pas oublier qu’il y aura le procès de Khalifa Airways où il y a un risque évident de voir certains accusés revenir à la barre.

Que pensez-vous des autres peines prononcées ?

Je pense que les peines sont relativement clémentes puisque tous les accusés retournent chez eux ce soir. Tous ont été libérés à l’exception de Khalifa et Guellimi.

Qu’est-ce que vous retenez de ce procès ?

D’abord, on sent une volonté de fermer le dossier et de le classer une fois pour toute. Ensuite, je pense que la justice rate, à chaque fois, ses rendez-vous avec les exigences des grands procès,qui sont la recherche de la vérité. Et dans cette affaire la vérité réelle n’est pas sortie et Khalifa y a énormément contribué. Aux États-Unis, quand on dénonce et on donne des noms, on a une réduction de peine. Chez nous, quand on tait des noms, on est récompensé par des réductions de peine.