Procès EL Khalifa Bank : La défense tente de contrer le procureur

Procès EL Khalifa Bank : La défense tente de contrer le procureur

El Watan, 12 juin 2015

Les plaidoiries des avocats, au procès El Khalifa Bank, continuent au tribunal criminel de Blida. Hier coïncidait avec le 33e jour du procès. L’accusé Badreddine Chachoua, poursuivi pour «détournement», «vol qualifié», «escroquerie» et «abus de confiance», a été condamné à dix ans de prison ferme en 2007, assortie d’une amende d’un million de dinars avec saisie de son logement d’El Achour.

Il y a quelques jours, le procureur général adjoint avait requis contre cet ancien responsable des équipements au groupe Khalifa 20 ans de prison ferme avec la réquisition de ses biens. Son avocate, maître Drai, juge le verdict de 2007 et le récent réquisitoire de trop sévères. «Le procureur a prononcé son réquisitoire sur la base, notamment, d’un hébergement dont aurait bénéficié mon client dans un hôtel et dont le montant est de 45 millions de dinars.

Trouvez-vous cela logique Monsieur le juge ! Une seule personne peut-elle dépenser autant d’argent dans un hôtel ? Je vous informe que ce montant représente la prise en charge du personnel de Khalifa Airways dans 100 chambres et cela a été facturé de 1998 à 2003», a-t-elle martelé. Concernant l’argent du couffin de Ramadhan dont son client est accusé de détournement, elle fait savoir au juge que Badreddine Chachoua «chapeautait juste l’opération mais n’avait pas les prérogatives de toucher à l’argent».

Grâce

Et pour l’achat d’un appartement sur les hauteurs d’Alger, elle déclare que son client a effectivement acheté le fameux appartement, sur les hauteurs d’Alger, mais avec son propre argent. «Avec son salaire de 90 000 DA et son argent provenant de son ancien bureau d’études en architecture, il a pu payer, et par tranches, son appartement, estimé à l’époque à 450 millions de centimes.» Et de s’interroger : «Qu’a-t-il volé et qui est sa victime ? Finalement, c’est lui la victime.

Lors de son emprisonnement, il a perdu son épouse des suites d’un cancer, puis sa mère. Sa détention injuste a causé un véritable drame familial.» Par ailleurs, l’avocat de Kechad Belaïd, ancien directeur d’El Khalifa Bank à Blida, s’est étonné de voir son client accusé de falsification d’un document officiel établi le 19 août 2003 alors qu’il avait quitté ses fonctions avant cette date, soit le 1er juillet 2003. Le procureur général du tribunal criminel a requis contre lui, lors du récent réquisitoire, 15 ans de prison ferme.

En 2007, le verdict de la juge chargée du même procès était de dix ans ferme. «Mon client a passé huit ans et demi en prison. Ce que je n’arrive pas à comprendre, c’est qu’il n’ait même pas bénéficié d’une grâce alors qu’il a eu trois bacs au cours de son emprisonnement et avec d’excellentes moyennes. Cela s’est passé au moment où d’autres accusés ont bénéficié de cette faveur présidentielle», a-t-il regretté.

Mohamed Benzerga