Les clients de Khalifa accusent

Les clients de Khalifa accusent

Le Quotidien d’Oran, 30 janvier 2007

La responsabilité de l’Etat est totale dans l’affaire Khalifa, estime le collectif des clients spoliés de la banque Khalifa dont le procès est à son 17ème jour au tribunal criminel de Blida.

Dans un communiqué rendu public hier, le collectif des ex-clients de la banque Khalifa reprochent clairement aux responsables qui étaient en poste lors de la constitution du groupe de Abdelmoumen Khalifa d’avoir failli. «Que Moumen R. Khalifa, aidé des Khalifa 1, 2…, se soit conduit en pirate des temps modernes, cela est l’évidence; mais cela n’a pu être que parce que les gouverneurs de la banque d’Algérie, accessoirement présidents aussi de la commission bancaire, ont failli à leurs missions» lit-on dans le communiqué qui souligne que les responsables sus-cités étaient «censés être le bras armé de l’Etat pour le contrôle de la place financière algérienne».

Le collectif qui englobe d’après ses responsables quelque 3.000 adhérents-victimes n’a pas ménagé l’actuel ministre des Finances, M. Mourad Medelci, qui avait déclaré lors de son audition en qualité de témoin devant le tribunal de Blida «qu’il n’a pas été assez intelligent» lorsqu’il avait reçu le rapport du vice-gouverneur qui faisait état d’anomalies relevées dans la gestion de la banque Khalifa.

Le collectif estime que les dizaines de rapports et de courriers de rappels ainsi que des taux d’intérêts supérieurs aux taux directeurs proposés aux déposants, «auraient dû provoquer une réaction rapide et déterminée des pouvoirs publics concernés».

Le procès de Blida, souligne-t-on également dans le communiqué, «démontre à l’envi que de nombreux responsables de l’Etat ne se préoccupaient que des leurs».

A ce sujet, les rédacteurs du communiqué n’hésitent pas à reprendre la même déclaration faite devant le tribunal de Blida par l’ancien ministre des Finances; «Que chacun assume ses responsabilités» lance le collectif des clients spoliés de Khalifa en exhortant à ce que l’on crée «les conditions techniques nécessaires» pour leur remboursement.

Z. Mehdaoui