7 milliards de dinars versés aux clients de Khalifa

Selon le liquidateur de la banque

7 milliards de dinars versés aux clients de Khalifa

Le Quotidien d’Oran, 20 juin 2004

Les recettes récoltées de la vente des actifs de la défunte Khalifa Bank s’avèrent aujourd’hui bien maigres. C’est le cas quand on sait que le passif laissé suite à la faillite de cette banque privée, a atteint, aux dernières estimations, les 170 milliards de DA, alors que la vente aux enchères «des restes» de Khalifa n’ont ramené, jusque-là, à l’Etat que 300 millions de DA.

Une donne qui n’empêche pas, pour autant, le liquidateur de Khalifa Bank d’estimer, hier, sur les ondes de la chaîne III, «le butin» intéressant, alors qu’au même moment il affirme que «le passif de 170 milliards de DA est appelé à connaître une hausse». «C’est un chiffre provisoire, arrêté sur la base des déclarations de créances remises aux services de la liquidation», dira M. Batsi.

Les 300 millions de dinars récoltés sont le fruit des opérations de ventes aux enchères de matériels informatiques en plus de la vente de 300 voitures, a déclaré ce même responsable.

En guise d’espoir de recueillir d’autres sommes d’argent, le liquidateur rappelle l’existence d’un autre gisement «qu’il ne faut pas négliger»: les créances de Khalifa. L’on ne saura pas davantage sur ce point. Mais une chose est sûre : le remboursement des gros déposants dépend de ces ressources.

Car, cette catégorie de clients, selon M. Batsi, «ouvre droit, au même titre que les petits déposants, à l’indemnisation». Pour cela, ils doivent déclarer leurs créances aux services de liquidation et attendre les opérations de vérification pour corroborer les déclarations avec les comptes et les compatibilités existantes. Mais ce n’est pas pour autant que les grands déposants empocheront leur argent. Selon le liquidateur de Khalifa Bank, le processus d’épuration «se fera en fonction des ressources récoltées de la vente des actifs de la banque». C’est dire que rien n’est joué, mis à part le fait que 9.000 déclarations de grands déposants sont déjà recensées et attendent donc d’éventuels remboursements.

Outre cette catégorie, l’opération de remboursement devra toucher également des épargnants d’outre-mer. Et c’est à ce niveau que le plus important des dépenses devra être consenti. Car, il ne s’agit pas seulement d’indemniser des épargnants immigrés, mais également les opérateurs ayant effectué des opérations commerciales (exportations).

Selon M. Batsi, il a été mis à la disposition des premiers un site Internet leur permettant de communiquer toutes les informations nécessaires sur leurs créances. Quant aux opérateurs, ils feront valoir leur droit à l’indemnisation à travers des déclarations de créances. Suite à quoi, les services de la liquidation leur feront des accusés de réception. Place après aux procédures de vérifications et autres.

Tout compte fait, les seuls «heureux» dans tout ce processus sont les petits déposants. Selon le liquidateur de Khalifa Bank, sur un potentiel de 150.000 (au lieu de 200.000) clients classés dans cette catégorie, 100.000 sont remboursés ou en cours de l’être. Plus précis, M. Batsi explique que c’est exactement 61.000 petits épargnants qui ont été effectivement remboursés pour un montant de presque 7 milliards de dinars (6,9 milliards de DA).

Quant aux 50.000 restants, ce même responsable explique qu’il s’agit d’une catégorie dont les créances ne sont pas trop importantes. En fait, leur indemnisation, qui devra se faire «dans les 3 mois à venir», coûtera, au plus, «un milliard de DA». En tout, le remboursement des petits déposants serait d’environ 8 milliards de dinars.

Abordant enfin les raisons d’une telle faillite et escroquerie, le liquidateur de Khalifa indique, sans trop vouloir rentrer dans les détails, que la faille est «dans la fragilité du fonctionnement de nos instruments de contrôle». Il conclut, de ce fait, que «ce n’est pas tant Khalifa Abdelmoumène qui est fort, c’est plutôt l’environnement qui a été fragile».

Et pour éviter d’autres faillites de ce genre, il ne s’agit pas, dira en substance ce banquier, de revoir la législation et les conditions d’octroi d’agréments aux banques, mais d’user de la rigueur dans l’application des dispositions et du contrôle.

Ghania Amriout