Les clients spoliés de Khalifa reviennent à la charge

Les clients spoliés de Khalifa reviennent à la charge

par Djamel B., Le Quotidien d’Oran, 4 mai 2010

Le collectif des clients spoliés de la banque Khalifa, ne se fait pas d’illusion sur une extradition proche de l’ex- magnat Abdelmoumen Khalifa. Pour le collectif ce n’est ni plus ni moins qu’un nouvel épisode dans le long feuilleton de «l’impossible extradition de Khalifa».

Dans un communiqué rendu public, hier, les représentants des clients spoliés de la banque, affichent clairement leur pessimisme, s’appuyant sur les déclarations de la nouvelle avocate de Abdelmoumen Khalifa. «En attendant Godot, c’est ainsi que l’on pourrait illustrer le feuilleton de l’impossible extradition du dénommé Moumen Khalifa. Sa nouvelle avocate l’a bien signifié: il existe encore plusieurs possibilités de recours et les victimes de l’escroc agréé par l’Etat ne risquent pas de le voir de sitôt devant un tribunal algérien» lit-on dans ce communiqué.

Les rédacteurs du document signalent en outre que «certains de ces victimes s’étonnent du silence fait autour du devenir du directeur de la banque d’Algérie de l’époque Abderahmane Karamane, inculpé dans cette affaire et actuellement en fuite et pour lequel il faudrait déployer la même poussive énergie en vue de son extradition.».

Pour le collectif, ce «feuilleton autour d’une impossible extradition n’intéresse en aucun cas les milliers de victimes d’une escroquerie ayant impliqué des responsables au plus haut niveau». Les client spoliés de la banque Khalifa, concluent leur communiqué en appelant le premier magistrat du pays à intervenir afin de rendre aux clients leurs biens. «Sachant tout cela en fin connaisseur de la société dont il est le premier magistrat, le président de la République s’était engagé à plusieurs reprises à rendre leur bien à des citoyens qui avaient confié sans crainte leurs économies à un banquier qui venait d’être désigné manager de l’année et récompensé devant les caméras de la télévision publique par leur président.» conclut le communiqué.

Pour rappel, le ministère de l’Intérieur britannique a donné son feu vert mercredi dernier à l’extradition vers l’Algérie de Rafik Khalifa, mais sa décision de faire appel lui permet d’éviter un transfèrement dans l’immédiat. Une porte-parole du ministère de l’Intérieur, avait indiqué qu’une lettre exposant les raisons de cette décision a été envoyée aux avocats de Rafik Khalifa.

Ce dernier s’est réfugié à Londres en 2003 quand a éclaté le scandale financier de la Khalifa Bank et de plusieurs autres entreprises de son empire. Il a été arrêté le 27 mars 2007 au Royaume-Uni dans le cadre d’un mandat d’arrêt européen émis par le tribunal de grande instance de Nanterre, près de Paris. Anita Vasisht, l’avocate de M. Khalifa, a annoncé son intention de faire appel de la décision d’extrader son client, ce qui suspendra la procédure. «Nous allons faire appel», a-t-elle déclaré à l’AFP, précisant que le délai pour interjeter appel est de 14 jours.