L’UGTA face au forcing du gouvernement et du patronat

La tripartite fixée pour le 3 et 4 mars prochains

L’UGTA face au forcing du gouvernement et du patronat

Le Soir d’Algérie, 8 février 2005

La tripartite aura lieu les 3 et 4 mars prochain, a-t-on appris de source très proche de la Centrale syndicale. Ainsi, contrairement à ce qui a été annoncé récemment, à savoir que la tripartite se tiendrait fin mars, l’UGTA, le gouvernement et le patronat ont choisi en commun le début de ce même mois pour la tenue de cette rencontre.

Selon la même source, à l’ordre du jour de ce conclave, plusieurs questions interpellent les trois parties, notamment les dossiers inscrits à l’ordre des groupes de travail à savoir la “dynamisation des relations entreprises-système de protection sociale, la création d’un observatoireé conomique et social, la concertation sur la politique nationale de développement économique et social ou encore la préparation pour la ratification par les trois parties d’un pacte économique et social”. A noter que les groupes de travail ayant la prise en charge de ces dossiers ont été mis en place au lendemain de la dernière tripartite qui s’est tenue les 9 et 10 octobre 2003. Cependant au-delà des dossiers pris en charge par les experts des groupes de travail, “la prochaine tripartite aura à débattre d’ autres questions aussi importantes que celles évoquées en 2003”. Selon notre source, les représentants des travailleurs ont évoqué en priorité deux points qu’ils jugent très importants. Il s’agit de la question de la revalorisation du SNMG à travers la suppression de l’article 87 bis et de la nécessité de la révision des lois régissant le monde du travail. Si pour le premier point, le chef du gouvernement, à en croire les derniers propos du secrétaire général de l’UGTA, s’est engagé à l’inclure à l’ordre du jour, quand au second point, les représentants des travailleurs doivent peser de tout leur poids pour le voir aboutir. A ce titre, il est à rappeler que le patronat n’a pas caché son intention pour demander au gouvernement de revoir totalement la législation du travail, plaidant notamment pour la révision de la relation du travail. En effet, lors de la dernière bipartite qui a vu le gouvernement et le patronat débattre durant huit heures, quatre organisations patronales, en l’occurrence le CNPA, la CIPA, la CAP et la CGEA ont remis au chef du gouvernement un mémorandum dans lequel ils revendiquent la mise en place d’un nouveau système de relation de travail basé sur le contrat à durée déterminée (CDD). Une approche que réfute“ globalement et dans le détail” la Centrale syndicale, considérant par là, par la voix de son secrétaire général que “la priorité des priorités réside dans la révision de la législation du travail, notamment dans ses articles 2, 11 et 14, de la loi 90-11 du 21 avril, 1990 relative aux relations de travail”. Pour Sidi Saïd, “il faut réfléchir ensemble pour mettre en place des instruments juridiques relatifs au monde du travail, car nous sommes aujourd’hui dans l‘obligation d’aller vers un nouveau code du travail pour accompagner la nouvelle configuration économique nationale”. Ceci étant, cette revendication syndicale mise sur orbite par l’UGTA intervient au moment où le secteur économique national connaît des transformations radicales, marquées essentiellement par le lancement d’un vaste programme de privatisation des entreprises publiques. Sur ce chapitre précis, on apprend que le gouvernement présentera à cette occasion le bilan de l’opération de privatisation, notamment au sujet des entreprises à privatiser au profit des travailleurs. En outre, les travaux de cette tripartite évoqueront la question de l’amélioration du système de Sécurité sociale avec ses différents aspects qui concernent essentiellement les pensions de retraite, les droits des assurés et le rôle des mutuelles. Cela dit, il est à rappeler que pour l’UGTA, cette réunion de la tripartite interviendra au lendemain d’ importantes rencontres organiques. La première a eu lieu le 2 février dernier et qui a regroupé les secrétaires généraux des fédérations nationales et de wilaya, alors que l’autre concernera les membres de la commission exécutive nationale (CEN) dont la date de sa tenue a été fixée pour le 24 du même mois.

Abder Bettache