Gaz Sonatrach sur le marché français à partir de 2010

Gaz Sonatrach sur le marché français à partir de 2010

par Hamid Guemache, Le Quotidien d’Oran, 13 septembre 2007

Sonatrach vendra directement du gaz en France à partir de 2010. La nouvelle est accueillie favorablement par Gaz de France. Le directeur général délégué du gazier français, Jean-Marie Dauger, a souligné hier, dans une déclaration à l’APS, que le projet de la compagnie nationale pour vendre directement du gaz sur le marché français «est une excellente nouvelle».

En marge des travaux d’un congrès international du gaz, M. Dauger s’est dit «très content» que Sonatrach projette de vendre directement du gaz, sans intermédiaire, sur le marché français. Sonatrach «a réservé des capacités de réception de GNL algérien dans un de nos terminaux» et «va commercer à commercialiser du gaz en France», a-t-il noté, soulignant que «cela est une excellente nouvelle». «Bienvenue à Sonatrach» sur le marché français de la consommation, a-t-il dit. Les déclarations du responsable GDF interviennent dans un contexte de tensions énergétiques entre l’Algérie et l’Espagne. Gas Natural et les Espagnols multiplient en effet les obstacles pour empêcher Sonatrach de s’installer sur leur marché: difficiles négociations sur le gazoduc Medgaz, limitation des quantités de gaz que Sonatrach peut vendre directement aux clients espagnols… «Les Espagnols font tout pour nous bloquer», regrette un haut responsable de Sonatrach.

Pourtant, Sonatrach a décliné l’offre de Paris qui a souhaité un partenariat stratégique entre la compagnie nationale et GDF. Soucieux de diversifier leurs fournisseurs en source d’énergie, les Français misent sur l’Algérie pour ne pas dépendre du gaz russe. Aussi, GDF attend le feu vert de Sonatrach pour son projet d’exploitation des gisements de gaz de Touat, dans le sud. Par ailleurs, le vice-président commercialisation de Sonatrach, M. Chawki Mohamed Rahal, a évoqué, durant une table ronde, le projet de vente de gaz en France par la compagnie nationale d’un volume «d’un milliard de mètres cubes», dans un premier temps, «à partir de 2010». Cette intervention directe sur le marché français de la consommation permettra de «contribuer à la sécurité des approvisionnements», a-t-il expliqué. «Pour le moment, on est en train de travailler sur les montages des sociétés en Espagne et en Italie, parce qu’elles sont plus prioritaires; mais je pense qu’à partir de fin 2008, on devra commencer à travailler sur les moyens de notre participation dans l’approvisionnement du marché français», a-t-il précisé à l’APS.

Par ailleurs, le directeur général délégué de GDF a déploré «l’ancien système européen» qui consistait à définir des stratégies commerciales énergétiques «sans tenir compte de l’avis des fournisseurs, sans les consulter. Aujourd’hui, la donne a changé», car les pays fournisseurs «ont maintenant les moyens financiers pour gérer leur propre politique commerciale et leurs investissements», a-t-il relevé. Il en a déduit que GDF et ses fournisseurs «devraient engager des relations plus apaisées». «Je parle ici de la Russie car la relation (avec ce pays) reste chaotique», a-t-il tenu à préciser, ajoutant qu’avec l’Algérie «la relation est très équilibrée et de bonne qualité. Oui, l’Algérie est un pays fiable» en matière de sécurité des approvisionnements, a-t-il dit. M. Dauger a fait valoir les nombreuses relations de partenariat entre GDF et Sonatrach, tant en amont (production) de la chaîne gazière qu’en son aval (commercialisation), citant le cas de la «société mixte qui vend du gaz notamment aux Etats-Unis».