Le site d’Augusta: Sonatrach a-t-elle fait une bonne affaire ?

Le site d’Augusta racheté par la compagnie est vieux de 69 ans

Sonatrach a-t-elle fait une bonne affaire ?

Liberté, 13 mai 2018

La raffinerie d’Augusta, rachetée par Sonatrach, a été construite en 1949. Elle a été mise en service en 1950 sous le nom de Rasiom (Sicilian Refineries Oils Minerias). Le site a 69 ans. Depuis 1961, la raffinerie appartient à Esso Italiana di Augusta. Elle emploie 600 personnes, dont 20 cadres qui constituent le middle management de l’entreprise. Se montrant rassurant, le P-DG de Sonatrach, Ould-Kaddour, dans une déclaration faite vendredi dernier, a affirmé que cet effectif sera maintenu et que des employés de la compagnie nationale vont s’y joindre. Pour acquérir le site d’Italie, Sonatrach a mis sur la table près d’un milliard de dollars. Nous avons acquis la raffinerie d’Augusta à un prix “extraordinaire”, soit moins d’un milliard de dollars, a souligné son P-DG.
En outre, il a précisé que suite à l’appel d’offres lancé en août 2017 par Esso Italiana (filiale du groupe américain ExxonMobil), Sonatrach a pu “arracher” le contrat de trois autres partenaires qui étaient en compétition. Sonatrach a-t-elle fait une bonne affaire en rachetant Esso Italiana ? Évidemment, Ould-Kaddour défend la transaction, estimant que la raffinerie est opérationnelle, que l’Algérie importe plus de deux milliards de dollars de produits raffinés et que la raffinerie de Hassi-Messaoud en chantier coûtera entre 3 et 4 milliards de dollars.
Construire ex nihilo une raffinerie coûte cher, autant racheter un site opérationnel, a-t-il laissé entendre. Le P-DG de Sonatrach a beaucoup parlé également des capacités dont dispose la raffinerie d’Augusta.
Capable de traiter à la fois du Sahara Blend (pétrole algérien) ainsi que du fuel résiduel issu de la raffinerie de Skikda, le site s’intégrera directement, dit-il, dans le système de raffinage de Sonatrach. Cette raffinerie pourra également traiter directement des produits qui sont excédentaires en Algérie en vue de réimporter des produits aujourd’hui en déficit comme le
gasoil et l’essence. Elle est dotée d’une capacité de traitement de 10 millions de tonnes/an. Ce qui en ferait la deuxième raffinerie de
Sonatrach.
En outre, avec l’acquisition des trois terminaux, l’autonomie de la consommation en diesel et en essence de l’Algérie est, quant à elle, augmentée de plusieurs jours de consommation. Le site reçoit principalement du pétrole brut et d’autres matières premières et produits semi-finis par voie maritime. Raffinerie “complexe”, il possède des usines à la fois pour le raffinage primaire et la conversion pour la transformation en produits finis. Il a également des usines pour la production de bases lubrifiantes, de paraffines et de bitumes. L’annonce de la conclusion d’un accord en vue du rachat du site italien a été faite mercredi dernier à Rome. L’accord signé entre Sonatrach et Esso Italiana porte sur l’achat de la raffinerie d’Augusta (Sicile) et de trois terminaux pétroliers situés à Augusta, Naples et Palerme ainsi que de leurs systèmes d’oléoducs associés.

Youcef Salami