Chute des cours de pétrole : La pression sur l’OPEP s’accentue

Chute des cours de pétrole : La pression sur l’OPEP s’accentue

El Watan, 3 septembre 2015

Asphyxiés par la chute brutale des prix depuis la mi-2014, plusieurs pays exportateurs de l’OPEP multiplient les appels à la tenue d’une réunion urgente. Dernier en date, l’Equateur a révélé qu’il est en tain de pomper à perte. «Mon pays est en train de pomper à perte (…).

Nous traversons une année extrêmement difficile et cette difficulté se poursuivra l’année prochaine à cause de l’effondrement des prix du brut», a déclaré, mardi dernier, le président équatorien, Rafael Correa, dans un discours, précisant que le pétrole de son pays se négocie à moins de 30 dollars le baril tandis que les coûts de production moyens tournent autour de 39 dollars.

Le Venezuela, qui produit environ 2,5 millions de barils de pétrole par jour, a lui aussi émis æun appel pour la tenue d’une réunion «spéciale» de l’OPEP, en coordination avec la Russie, pour faire face à la chute des prix du pétrole.

L’Algérie, dont les hydrocarbures représentent 60% des recettes budgétaires et près de 95% des recettes en devises du pays, a demandé également à l’OPEP d’entreprendre des mesures pour enrayer la chute des cours. En 2015, l’Algérie — qui a besoin d’un baril à 120 dollars pour équilibrer ses budgets — parie sur un net recul des ventes d’hydrocarbures à seulement 34 milliards de dollars.

Pour sa part, l’Iran, par la voix de son ministre de l’Energie, Bijan Zanganeh, a jugé «efficace» la tenue d’une réunion extraordinaire. «Nous allons défendre notre quota de production et nous allons augmenter notre production, que le prix baisse ou qu’il atteigne 100 dollars le baril», a confié Bijan Zanganeh à l’agence iranienne Shana.

Dominée par l’Arabie Saoudite, l’OPEP, qui représente quelque 30% de la production mondiale, est préoccupée par la baisse des cours du pétrole. «La pression qui continue à s’exercer sur les prix, provoquée par le niveau élevé de production de brut, couplé à la spéculation sur le marché, reste une source de préoccupation pour l’OPEP et ses membres, en fait pour tous les acteurs du secteur», a fait savoir l’Organisation dans le bulletin mensuel publié lundi dernier.

L’OPEP réitère son ouverture à des discussions avec d’autres producteurs. Jusqu’ici, elle a refusé de réduire sa production sans mesure comparable de pays producteurs non membres, en premier lieu la Russie.

Cela dit, l’Arabie Saoudite, qui a besoin d’un baril entre 80 et 90 dollars pour équilibrer son budget et qui lutte pour conserver sa part du marché vis-à-vis du pétrole de schiste produit aux Etats-Unis, reste inflexible face aux nombreuses sollicitations des pays de l’association de 12 Etats exportateurs de pétrole.

D’ailleurs, Riyad et d’autres gros producteurs du Golfe avaient prévenu, en décembre 2014, que l’Organisation ne réduirait pas sa production même si les cours du brut tombaient à 20 dollars le baril.

En attendant la prochaine réunion ordinaire de l’OPEP prévue pour le 5 décembre à Vienne, la surabondance de l’offre mondiale a largement contribué à faire chuter les prix de plus de moitié depuis la mi-2014 et ne semble pas vouée à se résorber dans l’immédiat, que ce soit aux Etats-Unis ou au sein de l’OPEP, qui continue à dépasser son plafond théorique d’offre de 30 millions de barils par jour.

Hier, les prix du pétrole reculaient en cours d’échanges européens, affectés par les statistiques de la Fédération professionnelle API qui fait état d’une forte hausse des stocks américains de brut. Vers 11h GMT, le baril de brent de la mer du Nord pour livraison en octobre valait 48,93 dollars sur l’InterContinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 63 cents par rapport à la clôture de mardi.

Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de light sweet crude (WTI) pour la même échéance perdait 1,04 dollar à 44,36 dollars.
Hocine Lamriben