Le problème de la pénurie de carburant sera réglé en 2020

Le problème de la pénurie de carburant sera réglé en 2020

May Sammane – HuffPost Algérie, 17 avril 2015

La pénurie d’essence n’est finalement pas un « effet de la rumeur », comme l’affirmait le 12 avril le premier responsable de l’Entreprise nationale de distribution et de commercialisation des produits pétroliers (Naftal) à l’Agence de presse algérienne APS.

La pénurie est bel et bien réelle. Et c’est le premier responsable du secteur de l’Energie, Youcef Yousfi qui le dit aux députés lors d’une séance plénière des questions orales à l’Assemblée populaire nationale (APN). Le problème, selon M Yousfi est dû aux capacités de stockage réduites du pays. Quantifiés aujourd’hui à près de 7 à 10 jours des besoins du marché, l’Algérie voudrait les porter à 30 jours en 2020 !

D’ici cette date-là, les citoyens devront prendre leur mal en patience et s’adapter à ces pénuries cycliques qui interviennent pour différentes raisons. Selon le ministre de l’Energie, ce problème de stockage des produits pétroliers sera résolu à la faveur du programme de réalisation de capacités supplémentaires de stockage. Le secteur de l’Energie a tracé un programme visant à augmenter la capacité de stockage des produits pétroliers, a précisé M. Yousfi.

« Il est vrai que nous avons un déficit en matière de stockage du carburant mais nous veillerons dès maintenant à régler ce problème et ce jusqu’à 2020 », a-t-il reconnu. Le gouvernement a approuvé l’octroi d’un montant de 200 milliards de da à Naftal pour réaliser des capacités supplémentaires, selon le ministre. Les nouveaux projets de raffineries devront -obligatoirement- avoir une capacité de stockage de 300.000 tonnes de carburant, ce qui renforcera les capacités de stockage du carburant de l’Algérie et lui permettra de faire face à toute pénurie ou perturbation d’approvisionnement du marché, a-t-il ajouté.

Pas de pénurie selon le PDG de Naftal

Le marché national connait des perturbations d’approvisionnement des stations de carburant dans certaines régions du pays, notamment la capitale Alger, ce qui a suscité une pression dans la majorité des stations. Le P-dg de Naftal, Saïd Akretche avait, pourtant, choisi de dire à l’APS le 12 avril que les stations de service d’Alger et des wilayas avoisinantes ne connaissent aucune pénurie de carburants.

Selon ses propres déclaration, les longues files d’attente des automobilistes devant ces stations sont nées à la suite d’une rupture temporaire de carburants à Blida que la rumeur a démesurément amplifiée. De fait, une course aux stations d’essence a été observée dans l’ensemble de la région d’Alger. « Rien ne justifie la crainte des automobilistes à se précipiter vers les stations. Le carburant est disponible suffisamment et le système de distribution fonctionne correctement », a-t-il affirmé.

Face à ces files d’attente de véhicules et pour répondre à cette brusque hausse de la demande, Naftal a dû doubler le volume des carburants destinés à ces stations envahies par les automobilistes. Ainsi, 7 millions de litres de carburants ont été distribuées samedi dernier au niveau des stations de la capitale, alors que la moyenne habituelle est de 3,5 millions de litres par jour.

Une réalité structurelle

Un rythme d’approvisionnement, affirme-t-on encore, qui aurait duré toute la semaine. Des spécialistes, avaient affirmé au Huffington Post Algérie que la « pénurie » n’est pas depuis longtemps une vue de l’esprit. « C’est une réalité structurelle, Naftal n’arrive pas à suivre la demande, elle fonctionne à flux tendu, il suffit d’un petit incident pour que le problème s’amplifie ». La « rumeur », observe les spécialistes, n’est pas, dans le cas d’espèce, « sans fondement ».

Pour faire face au déficit des carburants, Sonatrach prévoit, de son côté, l’augmentation à hauteur de 30% des capacités des raffineries en activité (Skikda, Alger et Arzew), de la reconstruction de celle de Hassi Messaoud et de la création de trois nouvelles raffineries (Biskra, Ghardaïa et Tiaret) dotées d’une capacité de 5 millions de tonnes chacune et dont la mise en service est prévue entre 2018 et 2019. En tout état de cause, les déclarations du premier responsable de l’Energie et du responsable de Naftal se contredisent. La panne sèche ne concerne vraisemblablement pas que les automobilistes.