L’Opep révise ses prévisions

Marché pétrolier et croissance mondiale

L’Opep révise ses prévisions

El Watan, 16 août 2008

Marché pétrolier et croissancel’opep révise ses prévisionsL’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a revu hier sa copie sur les prévisions de hausse de la demande mondiale de brut. Le nouveau chiffre de l’Opep a été donc fixé à 1,17% pour l’année en cours contre une précédente estimation de l’ordre de 1,20%.

Cette légère révision à la baisse des précédentes prévisions est liée, d’après l’Opep, à la persistance de la crise économique mondiale. Néanmoins, le rapport mensuel d’août, diffusé hier par l’Opep et repris par l’AFP, garde le même pronostic pour 2009 avec, sur la courbe, une hausse de la demande de brut de 1,03%, soit 900 000 barils par jour. Nonobstant cette légère hausse de la demande mondiale prévue pour 2009, le pourcentage estimé par l’Opep sera le plus faible depuis 2002. Un détail de taille : le rapport de l’Opep souligne que la croissance de la demande de brut dans le monde prévue l’année prochaine sera due uniquement à la forte demande des pays en développement. Dans son analyse de la conjoncture mondiale, le rapport de l’Opep fait ressortir une tendance à la baisse de la croissance de l’économie mondiale.

Les dernières estimations de l’Opep s’établissent à 3,9% pour l’année en cours, soit 0,1 point de moins qu’en juillet et à 3,8% pour l’année prochaine, également en recul de 0,1 point. Cette tendance baissière prévue par l’Opep tire sa source des révisions à la baisse des perspectives de croissance dans la plupart des grands pays industrialisés. Ces derniers affichent de sérieuses craintes quant au spectre d’une récession économique mondiale. En revanche, la croissance dans les pays en développement devrait toujours atteindre les 5,6% en 2009, si l’on se réfère au rapport conjoncturel de l’Opep. Il est indiqué dans ce même compte rendu que « la demande traditionnellement forte en été en Chine, au Proche-Orient et en Asie n’a pas suffi à contrebalancer l’énorme déclin de la demande de pétrole dans les pays de l’OCDE lors du deuxième trimestre (de 2008) ». Interprétant les récentes baisses du prix du pétrole sur les marchés internationaux, l’Opep estime qu’il s’agit de la conséquence des prévisions économiques plus faibles que prévues dans les pays riches qui vont peser sur la demande. Les exportations de brut de l’Opep, elles, ont été augmentées, alors que le billet vert s’était quelque peu ressaisi ces derniers jours. « Cela a aidé à calmer le marché », note le rapport, soulignant « toutefois que la tendance à la hausse a été ravivée après les récentes interruptions de livraisons dans les pays du Caucase ».

Le 12 août, le prix du panier du brut des 13 pays membres de l’Opep a atteint son niveau le plus bas depuis 3 mois, soit à 109 dollars le baril. Hier, les marchés affichaient de modestes gains et les prix repartaient en direction du seuil des 110 dollars le baril. Dans la matinée d’hier sur l’InterContinental Exchange de Londres, le baril du brent pour livraison en septembre est cédé de 1,63 dollar à 112,05 dollars par rapport à la clôture de jeudi soir. Sur le New York Mercantile Exchange, le baril de light sweet crude pour livraison en septembre perdait 2,04 dollars à 112,97 dollars. Sur le marché des changes, le dollar poursuivait sa progression, s’installant sous le seuil de 1,48 dollar pour un euro. Selon les estimations, le renforcement de la monnaie américaine rend moins attractif le pétrole, libellé en dollar. Depuis son record du 11 juillet dernier (147,27 dollars), le baril d’or noir a plongé de près de 33 dollars. Le rapport de l’Opep qui a entraîné hier une baisse des prix sur le marché new-yorkais, relève que la demande en recul des pays industrialisés, en particulier aux Etats-Unis, combinée avec les prix élevés ont mis en difficulté le secteur du raffinage du pétrole en juillet.

Par Ali Titouche