Sonatrach. Menace de grève à Hassi R’mel

Sonatrach. Menace de grève à Hassi R’mel

El Watan, 11 décembre 2011

Apeine installé dans ses nouvelles fonctions, le patron de la compagnie nationale des hydrocarbures a fort à faire avec le passif de son prédécesseur.

Notamment en ce qui concerne l’effervescence qui règne depuis quelques mois sur les sites de production du Sud. Les travailleurs de Hassi R’mel n’ont pas attendu que la nouvelle direction boucle un mois de transition pour se manifester, menaçant de faire grève. Excédés de voir la solution à leurs revendications reportée sine die, ils veulent à présent faire pression sur les nouveaux venus. Les pétroliers du site de Hassi R’mel ont tenu, à cet effet, une assemblée générale jeudi soir. Les participants ont décidé de déposer un préavis de grève d’une semaine. Selon les responsables du collectif des travailleurs de Hassi R’mel, un sit-in quotidien sera organisé au niveau de la direction régionale de l’entreprise à partir de demain dimanche ; une démarche qui sera maintenue jusqu’à jeudi. Ils précisent que si leurs revendications ne sont pas satisfaites d’ici-là, les travailleurs vont radicaliser leur action en entamant une grève, tout en assurant tout de même un service minimum sur les sites de production.

Le collectif des travailleurs met en avant la volonté des travailleurs de faire aboutir leur plateforme de revendications, particulièrement les volets liés à l’obtention d’une augmentation substantielle des salaires et l’extension des précédentes augmentations à l’ensemble des travailleurs. Mais ils dénoncent aussi le non-respect de certaines clauses de l’accord salarial signé en avril 2011, qu’ils considèrent d’ailleurs comme le déclencheur de cette nouvelle action de protestation. Dans une note de la direction des ressources humaines du groupe, datée du 13 novembre dernier, il est fait état du calcul des rappels pour l’augmentation des indemnités de travail posté, de nuisance, de zone et condition de vie, ainsi que l’indemnité de supervision spéciale pour la période allant du 1er juillet 2008 au 31 décembre 2009 sur la base d’une hausse de 53% au lieu de 80% comme convenu initialement. Le courrier évoque également des redressements sur les rappels versés au titre de la période de janvier 2010 à mars 2011. Il appartient donc aujourd’hui à la nouvelle direction de gérer cet épineux dossier légué par les prédécesseurs.
Melissa Roumadi