Ouverture hier d’un bureau dans la capitale: Gazprom s’installe à Alger pour du «concret»

Ouverture hier d’un bureau dans la capitale: Gazprom s’installe à Alger pour du «concret»

par Mohamed Mehdi, Le Quotidien d’Oran, 17 juin 2008

Le géant gazier russe Gazprom a inauguré officiellement hier matin son bureau à Alger, en présence de son vice-président du Conseil d’administration, Alexandre Medvedev, du vice-président transport à Sonatrach, Chawki Rahal, et de l’ambassadeur russe en Algérie, Alexander Egorov.

«Nous voulons une coopération avec la Sonatrach autour de projets concrets», a déclaré hier Alexander Medvedev pour expliquer la non-reconduction du mémorandum d’entente entre les deux compagnies. Arrivé à terme, le mémorandum d’entente n’a pas été reconduit parce que les deux compagnies ont estimé que leur coopération devrait être basée sur une «coopération dans les deux sens, en Russie pour Sonatrach et en Algérie pour Gazprom», précisera M. Rahal. «La compagnie souhaite prendre part à des appels d’offres en amont que lancera l’Algérie», ajoute le vice-président de Sonatrach.

Y a-t-il des projets concrets entre les deux compagnies ? «Tout est au stade des discussions, mais ce sera sur le plan commercial», affirme Chawki Rahal, qui n’a pas souhaité donner plus de précisions sur ces projets. Il affirme toutefois que le rapprochement entre les deux compagnies doit être «mutuellement bénéfique» et qu’il soit basé sur le «partage d’expériences». On parle d’une coopération dans le domaine du GNL, où l’expertise de Sonatrach n’est plus à démontrer, mais également de profiter de l’expérience et du champ d’action de Gazprom pour atteindre d’autres marchés. L’intérêt de cette coopération, c’est aussi de «développer les ressources gazières en Algérie, en Russie ou ailleurs, afin de mettre plus de gaz sur le marché international», explique aussi M. Rahal.

Interrogé sur la perception par l’Union européenne du rapprochement entre Gazprom et Sonatrach, M. Medvedev estime que les Européens n’ont pas à craindre cette «coopération technique entre les deux entreprises». Et si cela peut rassurer les Européens, l’idée d’une Opep du gaz ne semble pas réalisable, aux yeux du vice-président du CA de Gazprom. «L’Opep du gaz est irréalisable, car le marché gazier est un marché à long terme», répond M. Medvedev à une question relative à ce sujet. Même son de cloche chez M. Rahal qui, tout en rappelant les propos du ministre de l’Energie à ce propos, considère que les caractères du marché gazier (contrats à long terme et indexation du prix sur ceux du pétrole) ne permettent pas d’aller vers une organisation des pays exportateurs de gaz. «Ce qui n’empêche pas les pays producteurs de se concerter», dira-t-il encore. Bien plus qu’une représentation en Algérie, le bureau de Gazprom est un poste avancé pour l’ensemble du continent, en particulier en Afrique du Nord et de l’Ouest.

En effet, le groupe gazier russe ambitionne de jouer un rôle de premier plan en Afrique. Il prend part, comme l’a précisé le PDG de Sonatrach dans de précédentes déclarations, aux appels d’offres lancés par la compagnie nationale pour le projet de gazoduc reliant l’Algérie au Nigéria pour alimenter l’Europe à hauteur de 20 à 30 milliards de m3 par an.