Après le pétrole, un effondrement des prix du gaz est redouté

L’économie nationale est plus vulnérable que jamais

Après le pétrole, un effondrement des prix du gaz est redouté

El Khabar, 23 août 2009

Si les prix du pétrole connaissent actuellement un relatif raffermissement, il en va tout autrement des prix du gaz qui viennent de dégringoler à leur plus bas niveau, depuis sept ans. Pour l’Algérie qui tire une grande partie de ses recettes en devises, de l’exportation du gaz naturel, soit plus de 60 milliards de m3 de gaz, principalement vers les marchés européens, cette nouvelle est très alarmante. Dés l’annonce de l’état des stocks de gaz naturel, rendu public, jeudi, aux Etats-Unis par le département américain à l’Energie, le prix du contrat de référence est tombé sous la barre des 3 dollars. A titre indicatif, l’année dernière à la même période le prix par MBTU (million d’unités thermales britanniques ; 1 MBTU égale 27,6 mètres cubes) avaient atteint… 13,57 dollars par MBTU presque 5 fois plus. Par ailleurs, la différence entre les prix du gaz et ceux du pétrole n’ont jamais été aussi élevés. D’après les spécialistes : à la différence de l’or noir, le marché du gaz obéit à des facteurs différents de ceux du pétrole. Le marché du gaz serait, ainsi, particulièrement sensible aux facteurs régionaux, alors que celui du pétrole est plus mondialisé. Partant de ce postulat, les prix du gaz à New York reflètent normalement la situation du marché nord-américain. Mais la surabondance des stocks de gaz naturel constatée, aux Etats-Unis risque d’entraîner, à présent, une tendance baissière à l’échelle mondiale. Même s’il est vrai qu’en Europe, les prix du gaz restent élevés, sous l’influence des aléas d’approvisionnement du marché par la Russie qui fournit, faut-il rappeler un quart de la consommation de la région. Concernant l’Algérie qui tire une grande partie de ses recettes en devises de l’exportation du gaz naturel, soit plus de 60 milliards de m3 de gaz, principalement vers les marchés européens, cette nouvelle n’en reste pas moins alarmante. Cette baisse intervient, en outre, en plein litige commercial entre l’Algérie et l’Espagne, pour la renégociation notamment du prix du gaz. La rentabilité des investissements consentis notamment dans la construction des gazoducs Medgaz (Algérie-Espagne) et Galsi (Algérie-Italie) risque, par ailleurs, d’être compromise, en cas de sévère chute des cours. Wait and see !

 

23-08-2009