Les divergences sur l’opportunité du gel du niveau de la production persistent

La déclaration russo-saoudienne était de courte portée

Les divergences sur l’opportunité du gel du niveau de la production persistent

Le Soir d’Algérie, 7 septembre 2016

La déclaration russo-saoudienne sur une éventuelle collaboration pour stabiliser les prix du pétrole a finalement été de courte portée. Les divergences entre les deux pays quant à l’opportunité du gel du niveau de la production ont vite dégonflé le marché.
Les prix du pétrole sont repartis à la baisse hier à Londres et New York. Le baril du Brent pour livraison en novembre a perdu un dollar par rapport à la clôture de lundi pour s’établir à 46,60 dollars et Light Sweet Crude a enregistré un repli de 10 cents à 44,35.
En effet, le rebond de la veille dans le sillage de la déclaration russo-saoudienne en marge de la réunion du G20 sur une éventuelle collaboration pour stabiliser les prix n’a pas dissipé le scepticisme du marché. Et même si l’Iran a annoncé, par le biais de son ministre du Pétrole, qu’il soutiendrait toute décision des pays producteurs visant à stabiliser les prix, le marché est resté insensible à ces déclarations d’intention.
Les contradictions entre des intérêts aussi bien économiques que politiques et géopolitiques des importants pays producteurs empêchent tout consensus sur la limitation de l’offre sur le marché. Et rien n’augure sérieusement de la limitation de l’offre surabondante sur le marché à trois semaines de la réunion informelle des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole ainsi que la Russie (Opep) prévue à Alger en marge d’un forum énergétique.
En tout cas, les deux ministres de l’Energie de ces deux pays ont affiché des positions divergentes quant à l’opportunité d’un gel de la production.
Le ministre russe a indiqué qu’un éventuel gel de la production fera partie des discussions, son homologue saoudien a jugé inutile de le faire. L’annonce russo-saoudienne a donc été jugée mitigée par les analystes du marché et ce scepticisme a vite stoppé le mouvement haussier provoqué la veille.
«La volatilité est susceptible de rester la règle du jeu au moins pour l’instant», ont souligné les analystes de JBC Energy. Même son de cloche du côté de Commerzbank : «Aucune mesure concrète n’a été décidée pour l’instant, donc rien n’est susceptible de changer à court terme. Les cours pétroliers ont rapidement annulé leurs gains de la veille ce mardi, même si le WTI restait orienté en hausse, dans l’attente du retour des investisseurs américains, absents du marché lundi en raison d’un jour férié.»
Ainsi, les prix du pétrole partent pour rester assez longtemps sous la barre des 50 dollars, vu la stabilité des fondamentaux du marché.
Le ralentissement de la croissance économique mondiale à cause de la baisse de ses moteurs chinois et européen ainsi que l’importance des stocks stratégiques des pays consommateurs, notamment aux Etats-Unis, continuent à plomber les prix.
La surabondance de l’offre est telle que le plafonnement de l’offre à ses niveaux actuels ne suffirait pas à remonter les prix.
L. H.