Capacités de raffinage : Un déficit de plus de 3 millions de tonnes

Capacités de raffinage : Un déficit de plus de 3 millions de tonnes

El Watan, 1 mars 2018

L’achèvement de l’opération de réhabilitation de la raffinerie d’Alger (Sidi R’zine à Baraki) devrait permettre, selon le PDG de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, de répondre aux besoins internes en carburants et d’ouvrir la voie à l’arrêt des importations.

Celles-ci coûtent 2 milliards de dollars par an à l’Etat, selon Ould Kaddour qui souligne que cette situation ne peut pas continuer.
Il est à savoir que les volumes importés permettent de combler un déficit d’environ 3 millions de tonnes de carburants par an, alors que les capacités de raffinage actuelles de Sonatrach avoisinent les 12 millions de tonnes, face une consommation dépassant les 14 millions de tonnes par an.

Le PDG de Sonatrach, qui s’exprimait lors d’un point de presse improvisé à Oran, en marge des festivités du 24 Février, a souligné en outre que l’opération de raffinage faite en Italie suite à un appel d’offres lancé par Sonatrach il y a quelques semaines, est «ponctuelle» et vise dans la conjoncture actuelle à «économiser des devises» au pays qui fait face à une demande grandissante en produits pétroliers. Selon le patron de Sonatrach, cette opération n’est pas appelée à être renouvelée, sauf cas de force majeure, soit en cas de retard des projets en cours de réalisation en Algérie.

Il est à rappeler que la raffinerie d’Alger devrait permettre, une fois l’opération de rénovation terminée, d’augmenter la production de gasoil à 1,18 million de tonnes/an, celle de l’essence à 1,3 million t/an et celle du GPL à 270 000 t/an. Selon les projections de Sonatrach, le programme de renforcement des capacités de raffinage à travers la réalisation des raffineries de Hassi Messaoud et de Tiaret permettra, par ailleurs, de compter, à l’horizon 2021, sur une capacité de production additionnelle de 10 millions de tonnes supplémentaires par an.

En attendant les réalisations projetées, le gouvernement tente de faire reculer la consommation interne devenue vorace ces dernières années. Une courbe de plus en plus ascendante alors que le programme de raffinage peine à être réalisé.

Lors de la présentation de la loi de finances 2018, le ministre des Finances, Abderrahmane Raouia, a justifié les hausses des taxes sur les produits pétroliers par «la consommation excessive des carburants dans notre pays, évaluée à 14 millions de tonnes, dont 9,7 millions de tonnes de gasoil et 4,3 millions de tonnes d’essence».

Il ajouta que la situation est d’autant plus intenable que «la part des produits pétroliers importés est estimée à 23% du total des carburants consommés, soit l’équivalent de 3,2% millions de tonnes, induisant une facture de 900 milliards de dinars supportée par le Trésor public».

Zhor Hadjam