FAMILLES DES DISPARUS

Rassemblement devant le ministère de la Justice

El Watan, 7 juillet 2003

Des familles des disparus se sont rassemblées, hier, devant le ministère de la Justice à El Biar, à Alger, pour «exiger la vérité sur le sort de leurs enfants enlevés par les autorités légales et protester contre les pressions que subissent les familles de disparus et la mauvaise foi du système judiciaire», soutiennent les trois organisations représentant ces familles, à savoir l’Association nationale des familles des disparus (ANFD), SOS Disparus dont la présidente est Fatima Yous, sœur de Nasroullah Yous (auteur du livre Qui a tué à Bentelha), et le collectif des familles de disparus représenté par la mère Yous.

Les représentantes des familles sont venues interpeller le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Mohamed Charfi. La demande d’audience leur a été refusée. «Ils nous ont orientés vers le directeur des affaires pénales, chose que nous avons rejetée», nous explique une représentante de l’Association des familles des disparus. Pour elle, il est temps de régler définitivement ce problème. «On ne peut pas attendre encore. Cela fait des années que nous souffrons, et les pouvoirs publics n’ont rien fait depuis. Ils ont bien mobilisé des moyens militaires et des hommes pour aller à la recherche des touristes disparus dans le désert, mais ils ne l’ont pas fait pour nos disparus enlevés par les terroristes ou par les services de sécurité depuis 1994», relève Mme Fahassi de l’ANFD. Pour Mme Kouidri, dont le fils est porté disparu depuis 1995, les familles des disparus veulent savoir la vérité et exigent à ce que ce problème soit définitivement résolu «d’une manière juste et humaine». Entassées sur le trottoir de la grande avenue Ali Khodja à El Biar, pas loin du ministère de la Justice, et encerclées par les forces de sécurité, les familles des disparus, dont la majorité est composée de vieilles femmes, scandaient l’éternel slogan «Libérez nos enfants». Profitant d’un moment de relâche des éléments des services de sécurité, les manifestantes ont brisé le cordon de sécurité et ont tenté d’occuper la chaussée pour bloquer la circulation automobile. Une tentative échouée puisque des agents de l’ordre sont intervenus et ont forcé le groupe de femmes à se mettre sur l’autre côté de la chaussée. Certaines d’entre elles ont été violemment bousculées au moment où l’on voulait leur arracher les banderoles. Après un échange verbal entre un officier et les représentantes des associations, ces dernières ont accepté de rejoindre l’autre groupe de manifestantes pour se regrouper dans un seul endroit et pour être mieux maîtrisées. Un nouveau renfort de policiers est arrivé, tandis que la porte du ministère de la Justice est toujours fermée aux manifestantes.

Par D. Kourta

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L’ORGANISATION A OBSERVE HIER UN SIT-IN A ALGER

SOS-Disparus veut discuter avec le garde des Sceaux

Quotidien d'Oran, 7 juillet 2003

Deux cents personnes représentant les familles de disparus se sont rassemblées hier devant le ministère de la Justice à El-Biar. Ce rassemblement qui a commencé à 9 heures du matin sous la houlette de SOS-Disparus a été dispersé sans violence aucune par les services de sécurité trente minutes plus tard vers le boulevard Ali Khodja, à une centaine de mètres du bâtiment de la chancellerie.

Aux environs de 11 heures, un officiel s’est dirigé vers le groupe pour lui demander de constituer une délégation pour rencontrer un «officiel». Quatre femmes ont ainsi pu pénétrer à l’intérieur du siège du ministère mais elles en sont vite ressorties parce que, ont-elles dit, «le garde des Sceaux, M. Charfi, n’a pas voulu recevoir la délégation».

Après vérification, il s’est avéré que la délégation composée des quatre femmes qui voulaient discuter avec un cadre compétent du ministère n’a pas accepté de parler avec le chargé des affaires pénales, disponible à ce moment-là. Pour la délégation des familles de disparus, «il est hors de question de parler avec des personnes autres que le garde des sceaux lui-même ou son chef de cabinet». Pour Nacéra Dutour, la présidente du collectif des familles de disparus qui était présente au sit-in de protestation, il n’est pas normal que les responsables gouvernementaux chargés du dossier ne prennent pas la peine de recevoir les familles de disparus alors que ces dernières sont écoutées par les ambassades de pays étrangers.

«Cela dit, a-t-elle affirmé, les familles des disparus ne comptent pas s’arrêter là pour autant. Nous allons, a-t-elle déclaré, poursuivre notre lutte et solliciter toutes les institutions du pays pour nous faire entendre. Nous allons également tenir d’autres sit-in durant l’été jusqu’à nous faire entendre».

Salah Eddine K

 
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