Chronologie (1992-2016)

Salima Mellah*, Algeria-Watch, 11 janvier 2016

 

1830-1962.- Colonisation de l’Algérie par la France.

1er novembre 1954.– Déclenchement par le FLN (Front de libération nationale) de la guerre de libération.

5 juillet 1962.– Indépendance de l’Algérie : Ahmed Ben Bella est le premier président de la République démocratique et populaire, le FLN est le parti unique.

19 juin 1965.– Le colonel Houari Boumediene prend le pouvoir en organisant un coup d’État.

27 décembre 1978.– Mort de Houari Boumediene.

Janvier 1979.– Un conclave militaire désigne le colonel Chadli Bendjedid à la tête de l’État.

5-10 octobre 1988.– Manifestations de jeunes et révoltes dans toutes les grandes villes du pays. L’armée réprime brutalement : plus de cinq cents personnes sont tuées, des milliers sont blessées, la torture est systématique. Le président Chadli promet des réformes politiques et économiques. (Voir: Kasdi Merbah, ou la démocratie endiguée)

16 novembre 1988.– Le général Khaled Nezzar est nommé à la tête de l’état-major de l’armée.

23 février 1989.– La nouvelle Constitution reconnaissant le multipartisme est adoptée par référendum. L’armée se retire du comité central du FLN. De nombreux partis politiques se forment et sont légalisés : le RCD (Rassemblement pour la culture et la démocratie) est agréé en février, le FIS (Front islamique du salut) en septembre et le FFS (Front des forces socialistes), parti clandestin depuis 1963, en novembre.

9 septembre 1989.– Mouloud Hamrouche est nommé Premier ministre en remplacement de Kasdi Merbah ; son équipe affiche un ambitieux programme de réformes, notamment économiques.

12 juin 1990.– Premières élections locales pluralistes : le FIS remporte 54,25 % des suffrages exprimés, le FLN 28,13 %, le RCD 2,08 %. Le FFS et le MDA (Mouvement pour la démocratie en Algérie) boycottent ce scrutin. Le taux d’abstention est de 34,85 %.

25 juillet 1990.– Le général Khaled Nezzar est nommé ministre de la Défense.

4 septembre 1990.– Les services de renseignements sont réunis, sous son autorité, par le général K. Nezzar au sein du Département de renseignement et de sécurité (DRS), reconstituant ainsi l’ex-Sécurité militaire (qui avait été éclatée en 1987). La direction du DRS est confiée au général Mohamed Médiène, dit « Toufik ». Le DRS comporte trois directions : la Direction du contre-espionnage (DCE), dirigée par le général Smaïl Lamari, dit « Smaïn » ; la Direction de la documentation et de la direction extérieure (DDSE), dirigée par général Saïdi Fodhil ; et la DCSA (Direction centrale de la sécurité de l’armée), dirigée par le général Kamel Abderrahmane.

1991

 

25 mai 1991.– Le FIS appelle à une grève générale illimitée exigeant la modification de la loi électorale pour les législatives et des élections présidentielles anticipées.

5 juin 1991.– Le gouvernement de Mouloud Hamrouche démissionne, les élections législatives sont reportées et l’état de siège est déclaré. Des milliers de manifestants sont emprisonnés dans des camps ouverts au Sahara.

30 juin 1991.– Les deux leaders du FIS, Abassi Madani et Ali Benhadj, sont arrêtés.

13 octobre 1991.– L’Assemblée nationale adopte une nouvelle loi électorale pour les élections législatives.

29 novembre 1991.– Le poste militaire de Guemmar, près de la frontière tunisienne, est attaqué par un groupe armé.

26 décembre 1991.– Premier tour des élections législatives : 7 822 625 votants, sur 13 258 554 inscrits (abstentions : 41,00 % ; blancs ou nuls : 6,97 %). Sur les 6 897 719 suffrages exprimés, le FIS en recueille 3 260 222 (47,27 %), le FLN 1 612 947 (23,38 %), le FFS 510 661 (7,40 %), le Hamas 368 697 (5,35 %) et le RCD 200 267 (1,51 %). 41 % d'abstention. Deux cent trente-deux sièges (sur quatre cent trente) sont attribués au premier tour : le FIS en remporte cent quatre-vingt-huit, le FFS vingt-cinq et le FLN seize. Le deuxième tour des élections est prévu pour le 16 janvier 1992.

1992

 

2 janvier 1992.– Plusieurs centaines de milliers de personnes manifestent à Alger à l’appel du FFS et de son président Hocine Aït-Ahmed, pour « sauver la démocratie » et mobiliser les abstentionnistes au deuxième tour.

11 janvier 1992.– Le président Chadli annonce sa démission. On apprend que l’Assemblée nationale a été dissoute le 4 janvier : le Conseil constitutionnel (CC) fait état d’un décret présidentiel du 4 janvier « relatif à la dissolution de l’Assemblée nationale ». Le président du CC, sollicité pour assumer l’intérim de la présidence, constate l’impossibilité constitutionnelle de remplir cette charge.

12 janvier 1992.– Le Haut conseil de sécurité (HCS), composé de six personnes (dont trois généraux, le général Nezzar en est membre), « constate » l’impossibilité de poursuivre le processus électoral.

14 janvier 1992.– Création du Haut comité d’État (HCE) composé de cinq membres : Mohamed Boudiaf, qui revient de son exil marocain ; le général Khaled Nezzar, ministre de la Défense ; Ali Haroun, ministre des Droits de l’homme ; Ali Kafi, président de l’Association des anciens moudjahidines ; Tidjani Haddam, recteur de la mosquée de Paris. Le HCE déclare assumer les pouvoirs du président jusqu’à la fin du mandat de ce dernier en décembre 1993.

Protestations dans tout le pays, début des arrestations de masse.

22 janvier 1992.– Arrestation de Abdelkader Hachani, n° 3 du FIS. Ali Haroun indique que 5 000 personnes ont été arrêtées, le FIS parle de 14 000 personnes.

4 février 1992. – Création du Conseil consultatif national composé de 60 membres investis par décret présidentiel, en remplacement du Parlement dissous un mois avant.

9 février 1992.– L’état d’urgence est proclamé.

13 février 1992.– Annonce par les autorités de la création de sept centres de détention dans le Sud du pays.

4 mars 1992.– Dissolution du FIS par la chambre administrative d’Alger.

29 mars 1992.– Le gouvernement dissout les assemblées communales à majorité FIS. Les mairies seront dirigées par des DEC (délégations exécutives communales), désignées par le ministre de l’Intérieur Larbi Belkheir, qui se distingueront plus tard par une corruption généralisée.

29 juin 1992.– Assassinat du président Mohamed Boudiaf par un membre de sa garde lors d’un déplacement à Annaba.

15 juillet 1992.– Abassi Madani et Ali Benhadj, les deux dirigeants du FIS, sont condamnés à douze ans de prison.

26 août 1992.– Premier attentat aveugle : une bombe explose à l’aéroport d’Alger, faisant neuf morts et cent vingt-trois blessés.

Septembre 1992.– À la demande du général Nezzar, création, sous la direction du général Mohamed Lamari, du CCC/ALAS (Centre de conduite et de coordination des actions de lutte antisubversive), réunissant les unités des « forces spéciales » de l’armée chargées de mener la lutte antiterroriste.

30 septembre 1992.– Promulgation du décret législatif n° 92-03 relatif à la lutte contre la subversion et le terrorisme appelé loi « antiterroriste ».

Octobre 1992.– Création du GIA (Groupe islamique armé) de l'union de divers groupes armés actifs.

5 décembre 1992.– Le couvre-feu est instauré dans la région d’Alger.

1993

 

7 février 1993.– Reconduction de l’état d’urgence pour une durée indéterminée.

13 février 1993.– Visite du ministre français de l’Économie et des Finances, qui confirme l’aide économique et commerciale accordée à l’Algérie : apport de 5 milliards de francs pour l’année 1993.

6 mai 1993.– Ouverture du procès des auteurs présumés de l’attentat de l’aéroport d’Alger, devant le tribunal d’exception d’Alger. Lors d’une parodie de justice, sept d’entre eux seront condamnés à mort (et exécutés le 31 août 1993).

17 mai 1993.– Un « texte d’exception » édicté par le gouvernement interdit le port de tenues islamiques dans les entreprises et les administrations publiques.

26 mai 1993.– L’écrivain et journaliste Tahar Djaout est victime d’un attentat qui sera attribué aux islamistes. Il décède le 2 juin. Cet assassinat sera suivi dans les mois et les années suivants de nombreux autres, visant particulièrement les journalistes, intellectuels et personnalités et des étrangers.

29 mai 1993.– Le couvre-feu est élargi aux régions de M’sila, Chlef et Djelfa.

10 juillet 1993.– Le général Liamine Zéroual est désigné au poste de ministre de la Défense pour remplacer le général Khaled Nezzar, qui reste membre du HCE. Le général Mohamed Lamari est nommé chef d’état-major de l’armée.

22 août 1993.– Assassinat de Kasdi Merbah, ancien chef de la Sécurité militaire et chef d’un parti politique. Il venait de lancer un appel aux groupes armés et aux responsables politiques de négocier et aux militaires de se retirer de la politique. Cet assassinat est imputé aux islamistes, mais tout porte à croire qu’il s’agit de la liquidation par un clan du pouvoir d’un acteur important de la réconciliation.

Septembre 1993.– Une « commission nationale de dialogue » est constituée pour préparer la « conférence nationale de réconciliation » à l’issue de laquelle sera choisi le successeur du HCE.

14 septembre 1993.– Création de l’instance exécutive du FIS à l’étranger présidée par Rabah Kébir.

26 septembre 1993.– L’Algérie reprend contact avec le FMI pour un crédit stand-by de 4 milliards de dollars sur trois ans.

23 octobre 1993.– Enlèvement de trois agents consulaires français par un groupe présumé islamiste : ils sont libérés quatre jours plus tard, en même temps que les ravisseurs rendent public un communiqué enjoignant les étrangers à quitter le pays avant le 1er décembre. De nombreux témoignages, donc ceux des otages eux-mêmes, désignent une action du DRS conçue pour assurer au régime le soutien de la France.

9 novembre 1993.– Quatre-vingt-huit islamistes sont arrêtés en France, dans une vaste rafle appelée « opération Chrysanthème », organisée par le ministre de l’Intérieur Charles Pasqua. Ils seront en grande partie extradés vers le Burkina-Faso, alors qu’aucune charge sérieuse n’a pu être retenue contre eux.

Décembre 1993.– Visite d’une délégation du FMI en Algérie, préconisant une dévaluation du dinar de 50 %, la privatisation du secteur public, la réduction du déficit budgétaire et la libération des échanges extérieurs.

Visite d’une délégation parlementaire française pour assurer un soutien financier accru à l’Algérie.

1994

 

Janvier 1994.– La conférence nationale est boycottée par la majorité des partis politiques. Le HCE est dissous et, le 30, Liamine Zéroual est désigné président de la République pour une période de trois ans.

23 février 1994.– Le directeur général du FMI, M. Camdessus, se rend à Alger pour discuter du rééchelonnement de la dette extérieure.

3 mars 1994.– Le ministre de l’Économie algérien se rend en France pour négocier ce rééchelonnement.

10 mars 1994.– Près de mille détenus s’évadent de la prison de Tazoult (ex-Lambèse) dans des conditions mystérieuses. Au cours des trois mois suivants, les forces de sécurité multiplient les arrestations de civils dans tout le pays, et surtout dans l’Algérois : plusieurs milliers de personnes sont tuées ou « disparaissent ». Les témoignages attestent qu’il s’agit d’une opération montée par le DRS pour repeupler les maquis et les infiltrer.

12 mars 1994.– Un communiqué du « GIA » affiché sur tous les murs de la ville de Berrouaghia instaure un couvre-feu à 21 heures. Il s’agit en fait d’un faux visant à couvrir une vaste campagne d’arrestations et d’exécutions sommaires : le lendemain, une vaste opération d’arrestations est entreprise par les militaires dans la ville de Berrouaghia, plus de cent soixante-dix citoyens sont arrêtés. Quarante cadavres seront retrouvés quelques jours plus tard aux quatre coins de la ville.

Une vaste opération de ratissage est menée par l’armée dans la région de Batna suite à l’évasion de Tazoult. Les montagnes environnantes, parsemées d’habitations, sont intensément bombardées, et brûlées au napalm. On parle d’une centaine de civils tués.

21 mars 1994.– Le chef d’état-major de l’armée, le général Mohamed Lamari, reçoit une délégation de signature du chef de l’État pour « tous actes et décisions, y compris les arrêtés ». Deux jours plus tard, le ministre de l’Intérieur, le colonel Salim Sadi, annonce que les réservistes peuvent être mobilisés « pour venir en appoint aux forces de l’ordre ».

26 mars 1994.– Le général Mohamed Betchine, ancien chef des services de renseignements, est nommé conseiller du chef de l’État.

Avril 1994.– Signature avec le Club de Paris d’un accord de rééchelonnement de la dette extérieure (environ 26 milliards de dollars). Le dinar est dévalué de 40 %. Offensive française au sein du G7, de l’Union européenne et vis-à-vis des États-Unis pour le soutien économique de l’Algérie.

Juin 1994.– Création de l’une des premières milices dans le village de Bouderbala (wilaya de Bouira), dirigée par un commerçant issu de la nomenklatura locale, un certain Ammi Mekhfi Zidane, âgé de soixante ans. Cette milice encadrée par l’armée est l’objet d’une importante médiatisation par les services de l’action psychologique.

7 juin 1994.– Un arrêté confidentiel relatif au « traitement de l’information sécuritaire » est adressé aux directeurs de la presse par le ministère de l’Intérieur.

29 juin 1994.– Une bombe explose près de l’hôpital Mustapha à Alger, au passage d’une marche organisée par le RCD à l’occasion du deuxième anniversaire de la mort de Mohamed Boudiaf : trois civils sont tués. Le responsable de ce parti accuse la « mafia politico-financière » de vouloir l’assassiner.

Juillet 1994.– Création de l’AIS (Armée islamique du salut).

11 juillet 1994.– La France annonce qu’elle va débloquer au profit d’Alger un crédit de 6 milliards de francs en 1994.

31 juillet 1994.– Les chancelleries occidentales parlent de 30 000 morts depuis le coup d’État du 11 janvier 1992.

22 septembre 1994.– La presse annonce qu’à ce jour cent vingt écoles ont été brûlées dans la wilaya de Chlef.

25 septembre 1994.– Le chanteur Matoub Lounès est kidnappé près de Taourirt Moussa, à 35 km de la ville de Tizi-Ouzou, par un groupe armé. La fraction du Mouvement culturel berbère proche du RCD menace de déclencher une guerre totale contre les islamistes si le chanteur n’est pas libéré avant le 28 septembre, ultimatum qui sera annulé quelques jours plus tard. Matoub Lounès sera libéré. Certains militants de la région parleront par la suite d’un plan conçu par un clan du pouvoir avec la complicité d’activistes locaux.

Octobre 1994.– Après avoir libéré les deux leaders du FIS, placés en résidence surveillée, le président Zéroual annonce l’ouverture d’un dialogue avec eux.

31 octobre 1994.– Le général Mohamed Lamari est promu général-major, tandis que le général Liamine Zéroual annonce l’échec du « dialogue » avec les partis d’opposition. Il prévoit des élections présidentielles « avant la fin de l’année 1995 ».

1er novembre 1994.– Une bombe explose au cimetière de Sidi-Ali (Mostaganem) lors d’une cérémonie anniversaire à la mémoire des martyrs de la guerre de libération nationale. Cinq jeunes scouts sont tués et dix-sept autres blessés. Curieusement, des caméras de télévision étaient en place bien avant l’explosion pour pratiquement retransmettre en direct le carnage.

11 novembre 1994.– La chaîne de télévision anglaise BBC diffuse un reportage sur la situation dramatique en Algérie réalisé par son envoyé spécial Phil Reeds. La torture et les exécutions sommaires perpétrées par les agents de l’État y sont dénoncées.

13 novembre 1994.– Massacre à la prison de Berrouaghia : plus de cinquante détenus sont tués par les forces de la gendarmerie.

24 décembre 1994.– Détournement sur l’aéroport d’Alger d’un Airbus d’Air France par un commando du GIA (Groupe islamique armé). Trois otages sont exécutés. Sur l’aéroport de Marignane, où l’Airbus s’est posé, le GIGN tue les quatre pirates de l’air et libère les passagers. Il s’agit là encore d’une opération du DRS conçue pour faire pression sur Paris.

26 décembre 2014.– La juge d'instruction du Tribunal de grande instance de Nîmes a rendu une ordonnance de mise en accusation devant la Cour d'assise à l'encontre des frères Mohamed, ex-miliciens à Relizane, accusés de crimes de torture et de disparitions forcées dans les années 1990.

1995

 

13 janvier 1995.– Les principaux leaders de l’opposition (FLN, FFS, FIS, MDA, PT…) signent à Rome une plate-forme pour une « solution politique et pacifique à la crise ».

30 janvier 1995.– Explosion d’un véhicule piégé devant le commissariat central d’Alger : quarante-deux morts et des dizaines de blessés.

Février 1995.– Les cours spéciales sont dissoutes, mais les dispositions du décret législatif n° 92-03 du 30 septembre 1992 (relatif à la lutte contre la subversion et le terrorisme) sont introduites dans le code pénal.

Le Département d’État américain publie une estimation selon laquelle la guerre aurait fait 30 000 morts entre février 1992 et février 1995.

22 février 1995.– Massacre à la prison de Serkadji : près de cent détenus sont tués par les forces de la gendarmerie.

26 mars 1995.– Accord avec l’Italie pour le rééchelonnement d’une partie de la dette extérieure publique.

3 avril 1995.– Décision de créer quatre « zones d’exclusion » dans le Sud du pays, au motif de préserver les sites gaziers et pétroliers.

12 mai 1995.– Accord avec les banques créancières sur le rééchelonnement de plus de 3 milliards de dollars de dette commerciale.

3 juin 1995.– Lembarek Boumaârafi, assassin présumé de M. Boudiaf, est condamné à mort par le tribunal d’exception d’Alger. La veuve de M. Boudiaf refuse d’assister au procès, qu’elle qualifie de « mascarade ». La sentence n’est pas exécutée.

10 juillet 1995.– Le gouvernement interdit la journée portes ouvertes sur les droits de l’homme organisée par les partis signataires du « Contrat national » de Rome qui devait se tenir au cinéma « L’Algéria » (Alger).

11 juillet 1995.– Le cheikh Abdelbaki Sahraoui, âgé de quatre-vingt-cinq ans, membre fondateur du FIS, est assassiné dans sa mosquée, rue Myrha, dans le 18e arrondissement de Paris.

21 juillet 1995.– Rééchelonnement par le Club de Paris sur des créances algériennes d’environ 7,5 milliards de dollars, couvrant des paiements jusqu’en mai 1998.

25 juillet 1995.– Attentat à la bombe à la station Saint-Michel du RER à Paris : huit morts et cent cinquante blessés. C’est le premier d’une série d’attentats en France qui seront revendiqués par le GIA. Plusieurs hommes seront arrêtés et condamnés à de lourdes peines, mais les véritables commanditaires ne seront pas identifiés. De nombreux indices montrent que le DRS est directement impliqué dans cette vague de terreur.

Octobre 1995.– Le FFS et le FIS indiquent un nombre de 70 000 morts depuis 1992.

Novembre 1995.– Annonce de l’assassinat par le GIA de plusieurs dirigeants du FIS, dont Mohamed Saïd et Abderrezak Redjam, qui l’avaient rallié.

16 novembre 1995.– Élections présidentielles : Liamine Zéroual est élu avec 61 % des suffrages exprimés. Les signataires de l’accord de Rome ont boycotté les élections. 350 000 militaires et miliciens armés sont déployés à travers le territoire national pour surveiller le « bon déroulement » des « élections » présidentielles.

23 décembre 1995.– Confirmation de la signature avec British Petroleum d’un contrat de 3 milliards de dollars et d’une durée de trente ans, pour l’exploitation de sept gisements de gaz à Aïn-Salah.

1996

17 janvier 1996.– Abdelhamid Mehri est destitué de son poste de secrétaire général du FLN. Le FLN rejoint le giron du pouvoir militaire.

18 février 1996.– Le couvre-feu instauré depuis décembre 1992 est levé.

27 mars 1996.– Enlèvement de sept moines français du monastère de Tibhirine par un commando du GIA (qui annoncera le 23 mai leur assassinat ; leurs dépouilles seront retrouvées le 30 mai). Voir dossier

Avril-juin 1996.– Accords de rééchelonnement de la dette publique avec la France (1,5 milliard de dollars), l’Italie (1,7 milliard de dollars), et de 2,2 milliards de dollars de la dette privée par le Club de Londres.

1er août 1996.– L’évêque d’Oran, Mgr Pierre Claverie, et son chauffeur sont tués par l’explosion d’une bombe déposée à l’évêché. Peu convaincu par la version officielle propagée en France et en Algérie sur l’assassinat des moins de Tibhirine, il a probablement été assassiné par le DRS pour l’empêcher de communiquer ses doutes.

Novembre 1996.– Inauguration d’un pipeline de gaz vers l’Espagne.

28 novembre 1996.– Adoption par référendum d’une nouvelle Constitution qui accorde des pouvoirs très étendus au président de la République.

23 décembre 1996.– Les hebdomadaires La Nation et El Hourrya, connus pour leurs prises de position courageuses pour la paix et la démocratie réelle, sont suspendus par un artifice administratif (dettes impayées).

1997

 

4 janvier 1997.– Le Conseil national transitoire (CNT) adopte une loi encadrant et organisant les milices (baptisées Groupes de légitime défense), dont la création avait été encouragée par l’armée dès 1994.

28 janvier 1997.– Assassinat de Abdelhak Benhamouda, secrétaire général de l’UGTA, qui devait prendre la direction du RND (Rassemblement national démocratique), un nouveau parti soutenant le président Zéroual. Le meurtrier présumé, Rachid Medjahed, a été torturé et assassiné dans les locaux de la police. La mort de Benhamouda n’a jamais été élucidée.

Février 1997.– Création du RND (Rassemblement national démocratique), parti du président Zéroual créé par pallier le ralliement provisoire du FLN au camp démocratique.

5 juin 1997.– Élections législatives : le RND obtient la majorité des sièges (cent cinquante-cinq), suivi de loin par le parti Hamas (soixante-neuf sièges). De nombreux partis d’opposition dénoncent des fraudes massives.

7 juillet 1997.– Abdelkader Hachani, n° 3 du FIS, qui se trouve en détention préventive depuis janvier 1992, est jugé pour appel à désobéissance envers l’armée ; condamné à cinq ans de prison, il est libéré immédiatement.

Juillet-septembre 1997.– Pendant tout l’été, des dizaines de massacres de civils attribués aux groupes armés islamistes sont perpétrés, principalement dans l’Algérois. Rapport

28 août 1997.– Massacre à Raïs, localité de l’Algérois – dans un secteur hautement militarisé –, causant la mort de deux cents à quatre cents personnes.

5 septembre 1997.– Massacre à Béni-Messous, dans la proche banlieue d’Alger : près de cent cinquante morts.

22 septembre 1997.– Massacre à Bentalha : plus de quatre cents victimes. L’armée stationnée autour de la localité s’est abstenue de toute intervention, allant même jusqu’à repousser vers le lieu du massacre des habitants qui le fuyaient.

30 septembre 1997.– Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Mary Robinson, déclare après son entrevue avec le ministre algérien des Affaires étrangères être très préoccupée de la détérioration des droits de l’homme en Algérie.

1er octobre 1997.– Entrée en vigueur de la trêve unilatérale décrétée par l’Armée islamique du salut. D’autres groupes armés s’y rallieront peu de temps après.

13 octobre 1997.– L’Organisation mondiale contre la torture lance un appel à la commission des droits de l’homme de l’ONU pour la convocation d’une session extraordinaire afin d’étudier la situation dramatique des droits de l’homme en Algérie.

14 octobre 1997.– Quatre organisations internationales (Human Rights Watch, Amnesty International, Fédération internationale des ligues des droits de l’homme et Reporters sans frontières) appellent à la création d’une commission internationale d’enquête sur les massacres de populations en Algérie et demandent à la commission des droits de l’homme de l’ONU de convoquer une session extraordinaire pour examiner la situation en Algérie.

23 octobre 1997.– Élections locales, marquées par une abstention massive (60 %) et une fraude généralisée. Le RND obtient la majorité des communes.

30 décembre 1997.– Massacres dans trois villages situés dans la région de Relizane (Kherarba, Ouled Sahnine et Ouled Tayeb) : trois cent quatre-vingt-six civils sont tués.

1998

4 janvier 1998.– Plus de cent cinquante civils sont massacrés dans trois villages (Meknessa, Souk El-Had et Had Chekala) de la région de Rélizane, selon des sources hospitalières. D’après certaines sources, les massacres perpétrés dans la région de Rélizane auraient fait près de mille morts.

5 janvier 1998.– Le département d’État américain se prononce pour une commission d’enquête internationale sur les massacres en Algérie. Le Royaume-Uni se joint à la demande des États-Unis. Le secrétaire général de l’ONU se déclare « très préoccupé » par la dégradation de la situation en Algérie.

11 janvier 1998.– Massacre dans le village de Sidi-Hamed (Algérois) : plus de cent civils sont tués.

19 janvier 1998.– Une délégation de la « troïka », composée de trois secrétaires d’État de pays de l’Union européenne, se rend en Algérie suite à la vague de massacres mais elle n’émet aucune condamnation ferme.

22 janvier 1998.– Devant le Parlement, le Premier ministre Ahmed Ouyahia donne les chiffres concernant les forces paramilitaires : près de 5 000 milices (appelées groupes d’autodéfense) ont été créées depuis 1993, et 2 313 brigades de gardes communaux depuis 1994 (soit au total quelque 200 000 hommes en armes).

8 février 1998.– Visite de cinq jours d’une délégation de neuf parlementaires européens sous la direction d’André Soulier (France), qui déclareront que les massacres sont commis par le GIA.

4 mars 1998.– Suppression des comités de censure installés dans les journaux.

9 mai 1998.– Les ministres des Affaires étrangères du G8 réunis à Londres demandent au gouvernement algérien d’autoriser l’envoi d’une mission de l’ONU.

25 juin 1998.– Assassinat du très populaire chanteur kabyle Lounès Matoub. Pendant des semaines, des violences se déchaînent en Kabylie pour protester contre cet assassinat. Les manifestants scandent « Pouvoir assassin ! » et réclament le gel de la loi sur l’arabisation. Le meurtre est attribué au GIA, mais ses circonstances n’ont jamais été élucidées officiellement.

20 juillet 1998.– Des familles de personnes disparues (suite à leur arrestation par les forces de sécurité) manifestent devant le siège du Comité des droits de l’homme de l’ONU à Genève. Plusieurs manifestations analogues auront lieu par la suite en Algérie, dont certaines seront réprimées brutalement.

22 juillet 1998.– Mission d’information d’une délégation de l’ONU, un « panel » de cinq personnalités, pendant deux semaines. Leur rapport ne formulera que des critiques très modérées sur la responsabilité des forces de sécurité dans la violence, les massacres ne sont attribués qu'aux seuls groupes armés. De nombreuses organisations protestent contre ces conclusions. (voir sous rubrique Massacres)

11 septembre 1998.– Le président Liamine Zéroual annonce qu’il démissionne et que des élections présidentielles anticipées seront organisées en février 1999. Celles-ci seront ensuite reportées au mois d’avril.

4 octobre.– Manœuvres militaires américano-algériennes en Méditerranée.

6 octobre 1998.– Devant le Parlement, le Premier ministre Ahmed Ouyahia confirme que 1 000 entreprises publiques ont été fermées et que 380 000 personnes ont été licenciées.

17 octobre 1998.– Plusieurs quotidiens sont mis en demeure de payer leurs créances aux sociétés publiques d’impression dans les 48 heures, avec menace de suspension ; sept journaux cessent de paraître pendant près de trois semaines.

19 octobre 1998.– Le général Mohamed Betchine, conseiller du président Zéroual, doit remettre sa démission.

1999

 

16 mars 1999.– Le ministre des PME affirme que 14 des 30 millions d’Algériens vivent en dessous du seuil de pauvreté, que 7 millions sont analphabètes et que le taux de chômage est de 29 %.

15 avril 1999.– Élection à la présidence de la République de Abdelaziz Bouteflika, désigné par la hiérarchie militaire. Les six autres candidats se sont retirés la veille du scrutin en dénonçant la fraude organisée. Dès son arrivée au pouvoir, le nouveau président annonce que la tragédie algérienne a fait, depuis 1992, 100 000 morts et près de 10 000 disparus.

23 avril 1999.– Signature d’un contrat entre In Salah Gaz (filiale de Sonatrach et de BP) et Edison (Italie) pour la fourniture à partir de 2003 de 4 milliards de m3 de gaz par an et ce pour quinze ans.

6 juin 1999.– L’AIS annonce qu’elle se met sous l’autorité de l’État et dépose les armes. Depuis octobre 1997, l’AIS respecte une trêve à laquelle se sont aussi ralliés d’autres groupes armés.

17 juin 1999.– Le Parlement français adopte une loi reconnaissant officiellement la guerre d’Algérie.

7 juillet 1999.– Dans une interview à RFI, A. Bouteflika exclut toute levée de l’état d’urgence.

5 juillet 1999.– À l’occasion du 37e anniversaire de l’indépendance, A. Bouteflika fait libérer des détenus condamnés pour soutien au terrorisme. Le nombre de libérations est controversé : 5 000 selon certains officiels parlent de, 2 400 selon Bouteflika, 300 seulement selon le FIS ; il s’agirait pour la plupart de détenus en fin de peine.

8 juillet 1999.– Dans une interview à Europe 1, Bouteflika déclare : « Je suis en train d’appliquer la politique de l’armée. »

20 juillet 1999.– La loi dite de la « concorde civile » est promulguée : elle prévoit une exonération ou réduction de peines pour les membres des groupes armés qui se rendront, pour autant qu’ils n’aient pas commis de crimes de sang ou de viols. Cette loi doit être votée par voie référendaire. Elle fixe le 13 janvier 2000 comme date butoir pour bénéficier des mesures de clémence.

16 septembre 1999.– Le pouvoir obtient un plébiscite pour son président : 99 % de « oui » lors du référendum sur la démarche présidentielle concernant la « concorde civile ». La question posée aux électeurs est : « Êtes-vous d’accord avec la démarche générale du président de la République visant à la réalisation de la paix et de la concorde civile ? »

22 novembre 1999.– Abdelkader Hachani, responsable du FIS, est assassiné à Alger. Il était considéré comme un homme de dialogue ayant soutenu toutes les démarches sincères pour rétablir la paix et la réconciliation nationale. Son assassin présumé, Fouad Boulemia, membre du GIA, a été condamné, puis libéré peu après, et les véritables commanditaires n’ont jamais été identifiés. Beaucoup pensent qu’il s’agit d’un crime d’État. Voir dossier

26 décembre 1999.– Chakib Khelil est nommé Ministre de l’Énergie et des Mines. En 2001, il cumule ce poste de ministre avec celui de président de Sonatrach jusqu'en 2003.

2000

 

11 janvier 2000.– Communiqué présidentiel annonçant une « grâce amnistiante » pour les membres de l’AIS (dont la liste avait été établie bien avant) ; l’AIS confirme sa dissolution. 1 565 personnes se seraient rendues aux autorités dans le cadre de la loi de la concorde civile (qui expire officiellement le 13 janvier) et seraient passées devant les comités de probation ; mais aucun chiffre officiel n’a été publié, ni aucune précision sur ces procédures.

24 janvier 2000.– Visite du ministre des Affaires étrangères algérien à Paris, dans le but de consolider la coopération et d’inciter les hommes d’affaires français à investir.

24 février 2000.– Changements dans l’armée : le général Brahim Fodhil Chérif, qui avait dirigé la lutte antiterroriste depuis 1992, est nommé commandant de la 1re région militaire ; les 3e, 5e et 6e régions militaires changent aussi de commandement. Le général Bousteila devient chef de la gendarmerie.

29 mars 2000.– Le pouvoir « autorise » quatre organisations des droits de l’homme (Amnesty International, Human Rights Watch, FIDH et Reporters sans frontières) à se rendre en Algérie. Elles s’y rendront tour à tour au cours du premier semestre de l’année et dénonceront dans leurs rapports respectifs la poursuite des graves violations des droits de l’homme et l’impunité dont bénéficient leurs responsables, y compris les islamistes « repentis » coupables de crimes de sang.

1er avril 2000.– Depuis janvier, plus de 1 000 civils ont trouvé la mort.

27 avril 2000.– Des navires de guerre français se rendent dans le port d’Alger ; le vice-amiral commandant de la flotte française en Méditerranée, en visite à Alger, évoque la coopération militaire future entre les deux pays.

13-17 juin 2000.– A. Bouteflika fait une visite d’État en France, où il est reçu au Parlement. Avant de quitter Paris, A. Bouteflika dit « retourner les mains vides, mais confiant ». Durant sa visite, des familles de disparus ont manifesté devant l’Assemblée.

5-12 août 2000.– Manœuvres militaires algéro-américaines en Méditerranée.

12 août 2000.– Le secrétaire général de l’UGTA dénonce dans une interview au Matin la « dégradation alarmante de la situation économique et sociale » ; le chômage dépasse 30 %. Dans cette période, mouvements de protestation et émeutes dans différentes régions du pays en raison des attributions injustes de logements ou du gel de celles-ci.

17 août 2000.– Visite du secrétaire d’État adjoint américain pour le Proche-Orient.

26 août 2000.– Démission du Premier ministre Ahmed Benbitour, en raison de divergences à propos du dossier des privatisations.

22 septembre 2000.– Le changement de gouvernement est approuvé par le Parlement : Ali Benflis devient Premier ministre, Ahmed Ouyahia ministre de la Justice, et Abdelaziz Belkhadem ministre des Affaires étrangères.

Octobre 2000.– Publication en France du livre de Nesroulah Yous (avec la collaboration de Salima Mellah), Qui a tué à Bentalha ? Chronique d'un massacre annoncé (La Découverte), qui provoque un tollé dans la presse algérienne.

2001

 

27 février 2001.– Le chef d’état-major de l’ANP, le général-major Mohamed Lamari, fait une visite de travail au quartier général du Commandement des forces américaines en Europe. C’est le prélude d’une coopération qui s’intensifiera dans le cadre de la « lutte contre le terrorisme » dans la région du Sahel.

Février 2001 .– Publication en France du livre de l’ex-sous-lieutenant Habib Souaïdia, La Sale Guerre (La Découverte), qui déclenchera une levée de boucliers contre son auteur de la part de la presse et des autorités algériennes.

28 mars 2001 .– Dissolution par décret de l’ONDH (Observatoire national des droits de l’homme), un organisme installé par le gouvernement au lendemain du putsch, dont la fonction essentielle avait été de minimiser les violations commises par les institutions d’État.

18 avril 2001 .– Un jeune homme est tué par des gendarmes en Kabylie : la région s’enflamme et la répression est brutale, faisant plus de cent vingt morts au cours des semaines qui suivent. La Kabylie s’installe dans une situation de rébellion qui va durer plusieurs années.

25 avril 2001 .– Trois plaintes pour torture sont déposées devant le Parquet de Paris contre le général Khaled Nezzar, en visite à Paris. Il est « exfiltré » vers Alger le jour même, avec l’aide des autorités françaises.

9 octobre 2001 .– Installation officielle de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’homme, héritière de l’ONDH. Comme son prédécesseur, cette commission est un « organe à caractère consultatif de surveillance, d’alerte précoce et d’évaluation en matière de respect des droits de l’homme ». Son rôle principal est de ménager l'Etat et ses institutions.

10 novembre 2001 .– Des inondations catastrophiques causent la mort de plus de neuf cents personnes à Alger, dans le quartier de Bab-el-Oued, du fait de la carence des infrastructures.

2002

 

11 janvier 2002.– À l’occasion du dixième anniversaire du putsch, Algeria-Watch publie avec la collaboration de Salah-Eddine Sidhoum un dossier sur les violations des droits de l’homme comprenant une liste de 3 700 disparus (complétée dans les années suivantes), 1 100 exécutés sommairement et une chronologie des massacres, actualisée et complétée dans les années suivantes.

7 février 2002.– Premier round, à Genève, des négociations pour l’entrée de l’Algérie à l’OMC. Il sera suivi de nombreux rounds, 15 ans après le pays n'est toujours pas membre de l'organisation.

30 mai 2002.– Élections législatives, marquées par la fraude et l’abstention : le FLN – retombé dans le giron du régime des généraux – remporte la majorité absolue des sièges à l’Assemblée.

1er-5 juillet 2002.– Audiences à Paris du procès en diffamation intenté par le général Khaled Nezzar au sous-lieutenant Habib Souaïdia. Le général Nezzar a perdu ce procès.

2003

 

Janvier 2003.– Ouverture, à Paris, de l’« Année de l’Algérie » en France, manifestation officielle franco-algérienne durant laquelle sont organisées des manifestations culturelles à travers toute la France.

2-4 mars 2003.– Le président français Jacques Chirac se rend en visite officielle en Algérie. La « déclaration d’Alger » est signée par les deux chefs d’État algérien et français. Cette déclaration d’intention de renforcer les relations entre les deux pays dans tous les domaines doit déboucher sur la signature d’un « traité d’amitié » en 2005.

Entre la mi-février et la mi-mars 2003.– Trente-deux touristes européens (seize Allemands, dix Autrichiens, quatre Suisses, un Néerlandais et un Suédois) sont enlevés par un groupe armé dans le Sud de l’Algérie.

5 mai 2003.– Limogeage de Ali Benflis, chef du gouvernement. Ahmed Ouyahia est nommé à ce poste qu’il avait occupé cinq ans avant. Benflis avait été réélu le 19 mars à la tête du FLN avec de larges prérogatives qui l’affranchissent un peu plus de Bouteflika.

14 mai. 2003– Un premier groupe de dix-sept touristes européens enlevés est libéré.

21 mai 2003.– Séisme dans la région de Boumerdès (à une cinquantaine de kilomètres de la capitale) qui fait plus de 2 000 morts et autant de disparus.

2 juillet 2003.– Libération, au terme de leur peine, de Abassi Madani et Ali Benhadj, les deux principaux dirigeants du Front islamique du salut (FIS) détenus depuis juin 1991. Ils sont interdits de toute activité politique.

6 août 2003.– Création par le président d’un « mécanisme ad hoc » de prise en charge de la question des « disparus ». Sa mission dure dix-huit mois et il ne s’agit pas d’une commission d’enquête mais plutôt d’un « centre de gestion et une interface » entre les pouvoirs publics et les familles des personnes portées disparues.

19 août 2003.– Les quinze touristes enlevés qui étaient encore entre les mains de leurs ravisseurs ont été libérés. Une des victimes est décédée lors de sa détention.

Août 2003.– Acharnement sur la presse privée, sommée de payer ses créances aux imprimeries d’État dans un délai de trois jours, différentes plaintes pour offense contre le chef de l’État, convocations de journalistes et responsables. Une partie de la presse privée décide de ne pas paraître le 22 septembre.

9 septembre 2003.– Les préparatifs pour un dialogue entre le gouvernement et les aârouchs (représentants des tribus et familles en Kabylie) sont entamés. Ces derniers exigent l’application de la plate-forme d’El-Kseur qui avait été élaborée lors des émeutes à partir d’avril 2001.

Novembre 2003.– Les ossements découverts dans une fosse commune ont pu être identifiés comme ceux d’un homme enlevé et disparu à Rélizane.

Justifiée par la présence de terroristes dans la région du Sahel, ce que confirmerait la prise en otage de touristes européens quelques mois auparavant, les Américains mettent en œuvre l’initiative dite « Pan-Sahel », dans le cadre de la restructuration de leurs bases militaires dans le monde (une douzaine de bases sont prévues dans la région : Sénégal, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad, Ghana, Maroc, Tunisie et Algérie).

5 décembre 2003.– M. Abderrahmane El-Mehdi Mosbah dépose une plainte contre le général-major Larbi Belkheir devant le procureur de la République de Paris pour faits de torture.

9 décembre 2003.– Une plainte contre X est déposée près du tribunal de grande instance de Paris par la famille Lebreton et le père Armand Veilleux, pour enlèvement et assassinat de sept moines français à Tibhirine, en Algérie, en 1996. Depuis, des officiels algériens (dont le président Bouteflika), ont reconnu du bout des lèvres que l’assassinat des moines pouvait être l’œuvre du DRS.

2004

 

1er mars 2004.– Des neuf candidats à l’élection présidentielle prévues le 8 avril, six ont été retenus par le Conseil constitutionnel : Abdelaziz Bouteflika, Ali Benflis (secrétaire général du FLN), Abdellah Saâd Djaballah (secrétaire général du parti El-Islah), Louisa Hanoune (porte-parole du Parti des travailleurs), Saïd Sadi (secrétaire général du RCD, Rassemblement pour la culture et la démocratie) et Ali-Fawzi Rebaïne (président de Ahd 54). Le FFS (Front des forces socialistes) appelle au boycott.

Mars 2004.– Amari Saïfi, alias « Abderrezak El-Para », présenté comme le numéro 2 du GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat) et responsable de l’enlèvement en 2003 de trente-deux touristes européens dans le Sahara, est arrêté au Tibesti, avec plusieurs de ses hommes, par des rebelles tchadiens.

8 avril 2004.– Élections présidentielles : selon le ministère de l’Intérieur, le taux de participation serait de 57,78 %. Abdelaziz Bouteflika est élu au premier tour avec 85 % des voix, Ali Benflis, présenté comme son principal concurrent, n’en obtient que 6,5 %. L’opposition parle de « plébiscite » et dénonce la fraude, mais le Conseil constitutionnel confirme les chiffres annoncés. Il est question d’un deal entre le commandement de l’armée et Bouteflika.

15 avril 2004.– Le président français Jacques Chirac se rend à Alger pour saluer la « brillante » réélection d’Abdelaziz Bouteflika et écarte les accusations de fraude. Cette visite de six heures sert surtout à apporter la caution française à l’élection de Bouteflika, d’autant que Paris semblait à un moment miser sur Ali Benflis.

Juin-juillet 2004.– Multiplication de condamnations de journalistes pour diffamation ou pour des délits imaginaires, sanctionnant leur opposition au président de la République ou à des pontes du régime. En sont notamment victimes des correspondants locaux membres de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (comme Hassan Bourras et Hafnaoui Ghoul) et Mohamed Benchicou, directeur du quotidien Le Matin (condamné à deux ans de prison).

19 juillet 2004.– La visite à Alger de la ministre de la Défense française Michèle Alliot-Marie est une première depuis l’indépendance ; il semblerait qu’un « accord-cadre de coopération militaire » ait été préparé, qui devrait être signé à l’automne et permettrait de développer les échanges entre les deux pays dans plusieurs domaines, comme le renseignement, les ventes d’armes ou la formation des troupes.

27 juillet 2004.– Le ministre français de l’Économie et des Finances, Nicolas Sarkozy, en visite à Alger, signe avec son homologue algérien un « aide-mémoire de coopération pour la croissance et le développement » ; il s’agit d’un crédit de 2 milliards d’euros que la France alloue à l’Algérie sous forme de « concours financiers » ciblés.

1er août 2004.– Le général-major Mohamed Lamari démissionne de sa fonction de chef d’état-major de l’ANP, qu’il occupait depuis mars 1994. Il avait été l’un des putschistes de janvier 1992, puis l’un des principaux responsables de la « sale guerre » conduite ensuite par les chefs de l’armée et du DRS. Le bras de fer qui l’opposait depuis un an au général-major « Toufik » Médiène, chef du DRS, s’est soldé par son échec et le retrait de son poste (comme le général-major Brahim Fodhil Chérif, également « démissionné »). Il est remplacé par le général-major Ahmed Gaïd Salah, qui procède peu après à de nouvelles nominations de commandants de régions militaires.

11 octobre 2004.– La brutale répression d’une mobilisation de commerçants de Ghardaïa, en réaction à des contrôles intempestifs de l’inspection des impôts et de la gendarmerie, provoque une émeute qui durera plusieurs jours ; plus de trente personnes seront arrêtées et un mandat d’arrêt est lancé contre Kamel Eddine Fekhar, élu FFS à Ghardaïa et membre de la LADDH (il sera arrêté le 31 octobre à Alger, à l’issue d’une conférence de Hocine Aït-Ahmed, président du FFS, Abdelhamid Mehri, ancien secrétaire général du FLN, et Mouloud Hamrouche, ancien chef de gouvernement ; condamné à cinq mois de prison, K. E. Fekhar sera libéré en avril 2005).

27 octobre 2004.– Abderrezak El-Para, responsable de l’enlèvement de trente-deux touristes est remis aux autorités algériennes. Ni les Américains, ni les Allemands, si pressés d’avoir entre leurs mains celui qu’on appelle le « Ben Laden du désert », ne semblent s’y intéresser.

31 octobre 2004.– Dans un discours à l’occasion du cinquantième anniversaire du déclenchement de la lutte de libération, A. Bouteflika affirme sa détermination à mener une lutte implacable contre le terrorisme et annonce son intention de promulguer une amnistie générale dans le cadre de la « réconciliation nationale », projet qu’il prévoit de soumettre à un référendum populaire. Pendant des mois, la presse va simuler un débat autour de ce projet, dont les contours ne sont même pas connus.

L'année 2004 est encore marquée par de nombreux attentats de groupes armés et des affrontements entre ces derniers et l'armée.

2005

 

Janvier 2005.– En cet hiver plus froid que d’habitude, suite à la brusque augmentation du prix du gaz butane que de nombreux habitants utilisent pour se chauffer, des émeutes éclatent dans différentes régions du pays (Djelfa, Mascara, Kherrata, Bouira, Bejaia, Tiaret, etc.) ; elles sont brutalement réprimées et des dizaines de personnes sont arrêtées et lourdement condamnées.

23 février 2005.– Le Parlement français adopte une loi « portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés », dont l’article 4 stipule : « Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord. » De vives protestations se font entendre en France, tandis qu’en Algérie cette loi est passée sous silence.

27 février 2005.– Promulgation d’une ordonnance « modifiant et complétant la loi n° 84-11 du 9 juin 1984 portant code de la famille », auquel des aménagements sont apportés, sans remettre en cause le statut de « mineure légale » de la femme algérienne.

14 mars 2005.– Le Parlement algérien ratifie l’accord d’association avec l’Union européenne signé en décembre 2001. Il devrait entrer en vigueur en septembre 2005.

20 mars 2005.– Le Parlement algérien adopte une nouvelle loi sur les hydrocarbures, établissant notamment l’abandon du monopole de l’État sur la production pétrolière et gazière, par la formule de contrats de concession.

31 mars 2005.– Me Farouk Ksentini, président de la commission ad hoc chargée de faire la lumière sur la question des disparus, remet son rapport au président de la République. Il annonce que le nombre exact de disparus enlevés par les forces de sécurité est de 6 146. Les associations des familles de disparus protestent vivement contre ces conclusions, affirmant que le nombre de disparus est nettement plus élevé et dénonçant le fait que « cette commission préconise une nouvelle fois de clore ce dossier par l’attribution d’indemnisations ».

8 avril 2005.– Le président annonce un « programme national de soutien à la croissance économique » (PSCE) pour les années 2005-2009, doté d’un budget de 55 milliards de dollars et prioritairement destiné à l’« amélioration des conditions de vie de la population », notamment le logement, l’éducation, l’université, l’alimentation en eau potable, etc. La perspective de ces dépenses est censée attirer les investisseurs étrangers.

8 mai 2005.– À l’occasion du 60e anniversaire des massacres commis par les Français à Sétif et Guelma, A. Bouteflika prononce un discours d’une grande virulence contre ces crimes coloniaux. Dans les semaines qui suivent, une vive polémique autour de la loi française du 23 février semble affecter les relations entre les deux pays. Pour autant, confirmant l’hypothèse d’une simple « gesticulation » à usage interne, la signature du « traité d’amitié » entre l’Algérie et la France prévue avant la fin 2005 ne paraît pas compromise.

25 juin 2005.– Abderrezak El-Para, responsable de l’enlèvement des touristes dans le Sahara en 2003, est condamné par contumace à la prison à perpétuité pour « constitution de groupe armé ayant semé la terreur parmi la population ». Alors qu’il est officiellement entre les mains des autorités algériennes depuis le 27 octobre 2004, il n’a pas été présenté au tribunal criminel d’Alger (dont le président déclare qu’il « est considéré comme non détenu »), ce qui paraît confirmer l’hypothèse que « El-Para » serait en réalité un agent du DRS.

14 août 2005.– Le président A. Bouteflika annonce la tenue, le 29 septembre 2005, d’un référendum visant à approuver un « projet de Charte pour la paix et la réconciliation nationale » publié ce jour dans le Journal officiel, visant notamment à éviter toute sanction judiciaire aux membres des forces de sécurité responsables de crimes dans l’exercice de leurs fonctions depuis 1992. Aucun débat public n'est prévu malgré l'opposition de nombreuses organisations, personnalités et partis d'opposition.

29 septembre 2005.– Référendum sur la réconciliation nationale. La question posée était « êtes vous pour la paix et la réconciliation nationale » ? 79,49% des inscrits auraient voté, et le projet aurait été adopté par 97 % des votants. La participation annoncée est largement contestée par les observateurs et l'opposition. La France et les Etats-Unis saluent la « consultation démocratique ».

24 novembre 2005.– « Elections » partielles communales et de wilaya en Kabylie. Malgré l'appel au vote massif le taux d'abstention s'élève à70%. Le FFS et à un degré moindre, le RCD raflent la mise.

26 novembre 2005.– : Evacuation de Bouteflika vers l'hôpital militaire français du Val-de-Grâce.

L'année 2005 est marquée à la fois par les affrontements entre groupes armés et forces militaires et fait nouveau, l'amplification d'émeutes sociales dans différentes régions du pays.

2006

 

27 février 2006.– Promulgation de l’Ordonnance de mise en œuvre de la « charte pour la paix et la réconciliation nationale ». Les agents de l'Etat sont érigés en sauveurs de la République. Aucune plainte contre eux n'est recevable par la justice (art. 45). Quiconque « utilise ou instrumentalise les blessures de la tragédie nationale, pour porter atteinte aux institutions de la République (…) nuire à l’honorabilité de ses agents (…) ou ternir l’image de l’Algérie sur le plan international est passible de 3 à 5 ans de prison (art. 46).

12 mars 2006.– Libération d’Abdelhak Layada, ancien chef du « GIA » de la prison de Serkadji, dans le cadre de la « réconciliation nationale ».

9 mai 2006.– Des membres d'un groupe armé accompagnés de femmes et d'enfants se sont retranchés dans une grotte dans les monts de Seddat, dans la wilaya de Jijel. Dans l'assaut final de l'armée des gaz chimiques auraient été utilisés. Bilan : cinquante-deux personnes mortes (dont vingt-deux enfants, sept femmes et vingt-trois terroristes présumés).

28 août 2006.– Selon des chiffres officiels entre 250 et 300 « terroristes » se sont rendus aux autorités. 2200 islamistes emprisonnés auraient été libérés.

12 octobre 2006.– Rabah Aïssat, président de l’assemblée de wilaya de Tizi-Ouzou mortellement blessé par balles par un homme armé alors qu’il était à Aïn Zaouïa, près de Draa El Mizan dans un café.

L'année 2006 est marquée par des attentats à la bombe, des attaques de groupes armés, des opérations de ratissages de l'armée et des affrontements entre forces de sécurité et groupes armés. De nombreux mouvements de protestation en raison de pénuries d'eau, de la précarité des logements, du manque de gaz etc. secouent le pays. Le phénomène de l'émigration clandestine prend de l'ampleur.

2007

 

11 avril 2007.– Attentat à la voiture piégée contre le Palais du gouvernement à Alger et contre un commissariat de police à Bab Ezzouar, à la périphérie est de la capitale : 33 morts et plus de 200 blessés ; dégâts matériels considérables.

17 mai 2007.– Elections législatives : très forte abstention. La participation ne dépasserait pas 20%. Le pouvoir avance le chiffre de 35%. Victoire de l'alliance présidentielle.

27 août 2007.– Mort du général Smaïl Lamari, chef de la direction du contre-espionnage, suite à une crise cardiaque. Il est l'un des plus importants artisans de la « sale guerre », en particulier de la création de faux groupes armés des GIA.

6 septembre 2007.– Attentat à la bombe à Batna visant le président Abdelaziz Bouteflika en visite : au moins 22 morts.

26 septembre 2007.– Dans son rapport annuel 2007 sur la corruption, l’Algérie est classée au 99e rang (sur 179) par l’Organisation Transparency International. En 2006, elle était au 84e rang mondial.

1er octobre 2007.– Selon le décompte de Reuters, pour le seul mois de septembre, 75 personnes auraient été victimes des violences politiques et 369 depuis le début de l’année.

Octobre 2007.– une série d'attentats d'Al-Qaïda au Maghreb fait environ 60 morts pendant le ramadan.

3 décembre 2007.– Première visite d'État en Algérie de Nicolas Sarkozy.

11 décembre 2007.– un double attentat-suicide vise des bureaux des Nations unies et le siège du Conseil constitutionnel. Al-Qaïda au Maghreb islamique le revendique. Le bilan officiel fait état de 34 morts, dont 17 employés de l'ONU tandis que les sources hospitalières indiquent plus de 70 victimes.

26 décembre 2007.– Plusieurs attaques de groupes armés auraient eu lieu dans la wilaya de Tizi-Ouzou et de Bouira.

30 décembre 2007.– Un communiqué du commandement des forces navales fait état de 83 cadavres de « harragas » (migrant « illégal ») repêchés et 1485 autres « harragas » arrêtés durant l’année. 2007. Des centaines d’autres auraient disparus.

L'année 2007 est elle aussi marquée par les attentats à la bombe, les affrontements armés entre groupes armés et militaires et des émeutes populaires.

2008

 

2 janvier 2008.– Explosion d’un camion piégé conduit par un kamikaze devant le commissariat de police de Naciria (Boumerdés) : 4 policiers tués et 20 blessés dont 09 policiers, dégâts matériels très importants.

16 janvier 2008.– Dans un communiqué publié sur son site web, le Foreign Office déconseille aux ressortissants anglais d’aller en Algérie suite à la recrudescence de la violence politique. Six wilayas sont particulièrement visées (Boumerdés, Tizi-Ouzou, Bejaïa, Blida, Médéa et Aïn-Defla).

24 février 2008.– forte mobilisation des fonctionnaires de la santé, de l'éducation, l'enseignement supérieur et l'administration. Taux de participation se situe à 87,21 %. Répression forte sous forme de licenciement des contractuels dans l'éducation et des ponctions, de six jours, sur les salaires des protestataires.

13 avril 2008.– Début d’une grève générale de 3 jours dans la fonction publique à l’appel d’une vingtaine de syndicats autonomes.

8 juin 2008.– double attentat a tué treize personnes dont un ingénieur français travaillant pour la société de travaux publics Razel, huit militaires et trois membres de la protection civile près de Lakhdaria

9 juin 2008.– L’agence Reuters rapporte qu'un attentat à la bombe à Bouira aurait fait 20 morts. Le ministère de l’Intérieur dément et la carte d’accréditation est retirée au correspondant. Psychose à la bombe à Alger et à Bouira.

2 juillet 2008.– Des centaines d’enseignants du CNAPEST (syndicat autonome des professeurs du secondaire) bastonnés par la police à Constantine lors d'un sit-in devant la direction de l’éducation qui interpelle quinze enseignants.

19 août 2008.– Attentat kamikaze contre l’école de formation de gendarmerie des Issers (Boumerdés) : 48 morts et 45 blessés. La majorité étaient des bacheliers se présentant au concours qui attendaient devant le portail.

20 août 2008.– Deux attentats kamikazes revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb contre un bus de la société canadienne Lavalin et contre le siège du secteur militaire au centre de Bouira : 12 morts et 44 blessés.

11 novembre 2008.– Le projet de révision de la Constitution algérienne a été adopté par le parlement à une écrasante majorité, permettant un troisième mandat du président Abdelaziz Bouteflika au pouvoir depuis 1999.

L'année a encore une fois été marquée par des attentats à la bombe, accrochages entre un groupes armés et militaires, ratissages, arrestations massives de présumés terroristes.

De nombreuses émeutes ont secoué le pays, les personnes jugées ont souvent écopé de lourdes peines pouvant atteindre 3 années d'emprisonnement. Des affrontements ont eu lieu à différents moments entre Ibadites et Chaâmbas à Ghardaia. Les syndicats autonomes organisent de nombreuses grèves (fonction publique, paramédicaux, cheminots, enseignants, vétérinaires...)

2009

 

12 février 2009.– Le président Abdelaziz Bouteflika annonce officiellement sa candidature à l'élection présidentielle prévue le 9 avril. Regain de violences durant la campagne électorale

9 avril 2009.– Election présidentielle entachée de fraude et boycottée par les principaux partis d'opposition. Abdelaziz Bouteflika l'emporte avec 90,24% des voix.

17 juin 2009.– Attaque contre un convoi de gendarmes escortant des travailleurs chinois près de Mansourah (Bordj Bou Arreridj). Bilan officiel : 19 morts dont deux civils et plusieurs blessés.

19 et 20 octobre 2009.– Violentes émeutes au quartier populaire de Diar Echems, près d'El Madania (Alger) en raison des mauvaises conditions de logement. Des centaines de jeunes manifestants bloquent la route nationale de Bir Mourad Raïs et affrontent les brigades anti-émeutes avec des molotov-cocktails. Plusieurs blessés sont à déplorer de part et d'autre.

22 octobre 2009.– Sept miliciens employés comme agents de sécurité dans un chantier de la société canadienne SNC-Lavalin tués au cours du mitraillage de leur bus dans la localité d'Ighil Boulkadi, à la sortie de Souk El Tenine (Tizi-Ouzou), le chauffeur succombera quelques jours après.

Année particulièrement meurtrière pour les miliciens (gardes communaux et membres de groupe de légitime défense) qui ont fait l'objet de nombreuses attaques.

2010

 

Janvier 2010.– Gros scandale de corruption dans la compagnie pétrolière Sonatrach, la direction est placée sous contrôle judiciaire pour crimes économiques. Eclatent également les scandales de corruption en relation avec les projets de construction de l'autoroute Est-Ouest.

28 janvier 2010 : Décès du général-major Larbi Belkheir, un des plus influents putschiste, ministre de l'intérieur éphémère, conseiller du président, véritable éminence grise du régime pendant près de 30 ans.

25 février 2010.– Le colonel Ali Tounsi, directeur général de la sûreté nationale est tué dans son propre bureau par le colonel Chouaïb Oultache. Cette affaire serait liée à des contrats d'une légalité douteuse.

21 mars 2010.– Grève générale dans la localité de Naciria (Boumerdés) en raison de la mort de Smaïl Djazaïri, tué par des militaires à un barrage dans la région de Tizi-Ouzou.

22 avril 2010.– Deux jours d'émeutes à Zemmouri (Boumerdés) suite à l’assassinat du jeune Hamza Belarbi par un policier.

28 mai 2010.– Chakib Khelil, ministre de l'Énergie et des Mines est démis de ses fonctions en raison d'accusations de corruption.

Attentats à la bombe, accrochages entre militaires et groupes armés, arrestations massives de présumés terroristes, émeutes durant toute l'année.

2011

 

5 janvier 2011.– Après une hausse de produits alimentaires en début d'année, des émeutes ont éclaté dans plusieurs quartiers d'Alger qui s'étendent dans les jours qui suivent à d'autres régions. Bilan de 4 jours de protestation : 5 morts et environ 300 blessés. Face à la violence des émeutes, le gouvernement annule les augmentations de prix.

12 février 2011.– La Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) qui s'est créée dans l'élan du « printemps arabe » appelle dans différentes villes à une « marche de la liberté » et pour le changement. Le dispositif répressif est impressionnant et les rassemblement sont empêchés. La CNCD appelle a des rassemblements tous les samedi mais les Algériens ne se sont pas vraiment mobilisés. Le régime craint toutefois les débordement et annonce la levée de l'état d'urgence.

24 février 2011.– Levée de l'état d'urgence en vigueur depuis 1992.

15 avril 2011.– Abdelaziz Bouteflika annonce des réformes législatives, un amendement de la constitution et une nouvelle loi sur la presse, les associations et les partis politiques. Des lois seront adoptées dans les mois qui viennent mais n'entraîneront aucun changement notable.

31 mai 2011.– Des dizaines de chômeurs entament une grève de la faim illimitée à Hassi Messaoud. Ils protestent pendant des mois. Dans la ville de Ouargla également, les chômeurs organisent des sit-in, des marches, menacent de suicide collectif.

26 août 2011.– Double-attentat suicide à l'académie militaire de Cherchell qui fait 18 morts et 35 blessés. AQMI l'a revendiqué sous prétexte que l'Algérie soutiendrait le régime libyen de Kadhafi.

Mois de Ramadan 2011 est le plus sanglant depuis 10 ans.

Fin août 2011.– Fermeture des frontières avec la Libye.

Mi-septembre 2011.– Hassi Messaoud : Les chômeurs occupent la rue pendant plusieurs jours.

20 octobre 2011.– De passage en Suisse, le général major à la retraite, Khaled Nezzar, 74 ans, est interpellé et entendu par la justice de ce pays qui a ouvert une instruction « pour suspicion de crimes de guerre » sur la base d'une dénonciation de l'ONG suisse Trial, relayant les plaintes de deux victimes algériennes.voir article

Les violences à motivation politique n'ont pas cessé, particulièrement en période de Ramadan, même si leur nombre global a diminué : attentat à la bombe, assassinats de miliciens et de militaires. Les violences criminelles ont augmenté : rixes, bagarres, agressions.

14 décembre 2011.– Adoption de la Loi sur l'information, décriée par les professionnels.

2012

 

11 janvier 2012.– Publication par Algeria-Watch d'un dossier : « Le Putsch : 20 ans après », dossier régulièrement actualisé.

12 janvier 1202.– Publication de la Loi relative aux partis politiques. Des ambiguités sont relevées. Publication également de Loi relative aux associations.

16 janvier 2012.– Arrestation de Mourad Dhina par la police française sur demande algérienne qui exige son extradition. L'ancien membre du FIS et actuel militant du mouvement Rachad résidant en Suisse est menacé de tortures, une mobilisation pour sa libération se met en place. Après six mois de détention à Paris, il est libéré.

13 février 2012.– Le Général de corps d’armée en retraite, Mohamed Lamari, est décédé à l’âge de 73 ans. En septembre 1992, il a été appelé à organiser les « forces spéciales » de l’Armée nationale populaire (ANP) au sein d’une nouvelle structure appelée CCC/ALAS (Centre de conduite et de coordination des actions de lutte anti-subversive), communément appelée CLAS ; en juillet 1993, le général-major Mohamed Lamari est nommé chef d’état-major de l’ANP.

11 mars 2012.– Décès d'Ahmed Ben Bella, premier président du pays.

5 avril 2012.– prise d'otage au Mali de 7 employés algériens du consulat algérien dont le vice-consul. Demande de rançon de 15 millions d’euros.

10 mai 2012.– Elections législatives. Taux de participation officiel 43 %. Le FLN et le RND, appelés l'alliance présidentielle dominent largement au Parlement. Contestations des résultats de la part de très nombreux partis.

6 octobre 2012.– Décès de Chadli Bendjedid, 3ème chef d'Etat algérien (1978-1992).

11 octobre 2012.– Communiqué commun du ministère des Finances et de la Banque d’Algérie : L’Algérie a décidé de participer à l’emprunt lancé par le Fonds monétaire international (FMI) avec un montant de 5 milliards de dollars.

19 et 20 décembre 2012.– Le président français François Hollande effectue une visite d'État en Algérie.

Attentats, assassinats de militaires, grèves massives de syndicalistes, émeutes et immolations : front social en ébullition

2013

 

11 janvier 2013.– Lancement de l'opération militaire française « Serval » au Mali, le 12 l'Algérie autorise aux avions militaires français le survol de son territoire.

13 janvier 2013.– Adoption de la loi autorisant l'exploitation du gaz de schiste.

16 janvier 2013.– Prise d'otages sur le site gazier Tiguentourine près d'In Amenas (sud-est du pays) par un groupe lié à Al-Qaida, « les signataires du sang », dirigé par Mokhtar Belmokhtar.

17-19 janvier 2013.– L'armée algérienne lance plusieurs assauts sur le site gazier de Tiguentourine. Bilan : 38 étrangers, 1 Algérien et 29 assaillants tués.

27 avril-16 juillet 2013.– Hospitalisation et convalescence à Paris du président Abdelaziz Bouteflika officiellement en raison d'un accident vasculaire cérébral.

12 août 2013.– Le procureur général auprès de la cour d'Alger annonce que l'ancien ministre de l'énergie algérien Chakib Khelil fait l'objet d'un mandat d'arrêt international dans le cadre du scandale de corruption de la Sonatrach. Farid Bedjaoui était le bras «financier», un «facilitateur» permettant à des compagnies étrangères (italiennes, canadiennes et chinoises) d’obtenir de gros marchés en Algérie dans des conditions opaques. Il fait lui aussi l'objet d'un mandat d'arrêt international pour « association de malfaiteurs finalisée à la corruption ». Tous deux ont quitté le pays.

29 septembre 2013.– M. Merouane Azzi, président de la cellule d'aide judiciaire pour l'application  de la charte pour la paix et la réconciliation nationale, indique que 190 « terroristes » auraient été tués entre janvier et septembre 2013. Il ajoute que plus de 17 000 terroristes ont été éliminés durant la période 1992-2006.

23 décembre 2013.– Affrontements inter-communautaires très violents à Ghardaia. Les forces de l'ordre présentes, n'interviennent pas, comme pour laisser pourrir la situation.

24 décembre 2013.– Extradition de Abdelmoumen Khalifa condamné par contumace à la réclusion à perpétuité par le tribunal de Blida pour les chefs d'accusation d'« association de malfaiteurs, vol qualifié, détournement de fonds, faux et usage de faux ». Son groupe s'était effondré en 2003 et aurait causé un préjudice à l'Etat algérien et aux épargnants entre 1,5 et 5 milliards de dollars.

Fin décembre 2013.–Des émeutes se propagent d’un quartier à l’autre à Alger (Baraki, Douéra, Cherarba, Eucalyptus, El Hamiz,etc.) pour diverses raisons : routes impraticables, distribution de logements sociaux,.

Bilan de l'année : Luttes syndicales, grandes mobilisations de chômeurs en particulier dans le Sud du pays, très nombreuses émeutes, assassinats de forces de sécurité.

Les statistiques de la Direction générale de la Sûreté nationale font ressortir qu’au cours de l’année 2013, il a été enregistré environ 1 447 grèves à l’échelle nationale ainsi que 6 531 mouvements de protestations et 102 incidents sportifs.

2014

 

15 janvier 2014.– Les affrontements intercommunautaires ont repris à Ghardaia malgré la visite du chef du gouvernement le 14 et dureront environ jusqu'à la fin du mois. On déplore des morts et des blessés et de nombreuses arrestations.

Février 2014.– L'opposition à la candidature de Abdelaziz Bouteflika s'organise.

Mi-mars 2014.– De nouveaux affrontements à Ghardaia qui dureront quelques jours et causeront des morts et des blessés

17 avril 2014.– Elections présidentielles : Victoire d'Abdelaziz Bouteflika qui entame son 4ème mandat malgré son état de santé.

19 avril 2014.– Attentat au passage d'un bus de transport de soldats au niveau du campement de l'ANP à la sortie sud de la commune d'Iboudremerene (Kabylie) : 14 morts.

31 mai 2014.– La Coordination nationale pour les libertés et la transition démocratique (CNLTD) qui regroupe les partis et les personnalités qui avaient appelé au boycott de l’élection présidentielle du 17 avril 2014 rend publique sa plate-forme politique dans laquelle elle aborde les principes de la transition démocratique.

21 septembre 2014.– Enlèvement d'Hervé Gourdel, guide de haute montagne français, près de Tizi Ouzou, par le groupe djihadiste algérien Djound al-Khalifa (« les soldats du califat »). Le 24 ce dernier annonce la décapitation de l'otage par une vidéo. Djound al-Khalifa fait allégeance à l'État islamique.

13 octobre 2014.– Le juge français, Marc Trévidic, chargé de l'enquête sur l'enlèvement et l'assassinat en mai 1996 des sept moines cisterciens de Tibhirine par le Groupe islamique armé (GIA), après près de deux mois de captivité, a assisté à l'opération d'exhumation des restes des crânes des sept moines, assassinés.

14 octobre 2014.– Pour la première fois, et malgré l'interdicton depuis 2001 de manifester dans Alger, des dizaines de policiers, membres d'unités anti-émeutes, investissent la rue pour exiger le limogeage de leur chef.

17 novembre 2014.– Un non-lieu dans l’enquête sur l’assassinat, en 1987, à Paris, de l’opposant algérien Ali Mecili a été prononcé par la justice française. La famille veut faire appel.

26 décembre 2014.– La juge d'instruction du Tribunal de grande instance de Nîmes a rendu une ordonnance de mise en accusation à l'encontre Hocine Mohamed et Abdelkader Mohamed, résidents en France, accusés de crimes de torture et de disparitions forcées durant les années 90 alors qu'ils étaient membres d'une milice dans la région de Relizane.

31 décembre 2014.– Quatre jours après la visite officielle des ministres venus célébrer l'entrée officielle de l'Algérie dans l'exploitation du gaz de schiste, des habitants d’In Salah bloquent la route nationale 1 qui mène vers le puits pilote de Gour Mahmoud, situé dans le périmètre Ahnet, à une trentaine de kilomètres d'In Salah.

L'année a été marquée par affrontements dans le M'zab, de grandes grèves et des émeutes.

2015

 

12 janvier 2015.– Ghardaïa : Les commerçants mozabites organisent une grève générale suite au décès de trois personnes âgées, asphyxiées par les gaz lacrymogènes lors des affrontements avec les gendarmes et Ibadites qui durent depuis le 9 du mois.

15 janvier 2015.– Une grande manifestation est organisée à In Salah contre l'exploitation du gaz de schiste à laquelle participent plus de 25 000 personnes venues de toute la région.

11 février 2015.– Révélations de SwissLeaks relatives aux comptes douteux de 440 ressortissants algériens à la banque HSBC, en Suisse.

24 février 2015.– jour anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures en 1971. A In Salah manifestation de près de 25 000 personnes, et plusieurs centaines défilent dans toutes les grandes villes du pays malgré la répression.

27 février 2015.– Le « Collectif anti-exploitation gaz de schistes en Algérie » adresse une lettre au Président de la République dans laquelle il appelle à un moratoire sur l’exploitation des gaz de schistes en Algérie.

28 février 2015.– Les forces de l’ordre saccagent en début de soirée les tentes disposées à Sahet Essoumoud - la Place de la Résistance- lieu de rassemblement de la population de In Salah pour dénoncer l’exploitation du gaz de schiste.

Début mars 2015.– Plusieurs jours de suite des manifestants tentent de reprendre le contrôle de la « Place de la Résistance » et font face aux forces de l'ordre qui n'hésitent pas à les déloger avec des méthodes les plus brutales. Plusieurs manifestants ont du être hospitalisés, l'une décédera quelques jours plus tard des suites des blessures. L'armée intervient.

4 mars 2015.– Le commandant de la 6e Région militaire (Tamanrasset) s’est rendu à In Salah où il a rencontré les représentants de la société civile afin de calmer l'atmosphère. Il autorise les rassemblements devant le bâtiment de la daira. Il rencontre également les responsables des différents services de sécurité promettant le respect des lois. Les manifestants continuent d'occuper la place.

10 mars 2015.– Rachid Aouine a comparu devant le tribunal correctionnel d'El-Oued selon la procédure de citation directe pour « incitation à manifester » punissable en vertu de l'article 100 du Code pénal algérien. Il avait participé à plusieurs manifestations contre l'exploitation du gaz de schiste, et appelé ses concitoyens le rejoindre pour soutenir les habitants des régions touchées. Il a été condamné à 6 mois de prison ferme.

14 mars 2015.– 3000 manifestants défilent dans In Salah.

14 mai 2015.– Remaniement partiel du gouvernement. Cinq ministres sont remerciés, parmi lesquels celui du ministre de l’énergie et des mines, Youcef Yousfi, surnommé « l’homme de schiste » qui a fait les frais de l'opposition des populations du Sud au projet d’exploration et de d’exploitation du gaz de schiste.

23 juin 2015.– Après un an et plus de cinq mois d'incarcération à la prison d'El-Harrach (Alger), le procès Rafik Khalifa s'est ouvert le 4 mai 2015 au tribunal criminel de Blida. Dans son réquisitoire, le procureur juge que le but de Khalifa Bank « n’était pas l’investissement, mais le pillage de l’argent des déposants ». Il sera condamné à dix-huit ans de prison.

3 juillet 2015.– Une expertise judiciaire française constate que les sept moines enlevés à Tibhirine en 1996, dont seules les têtes ont été retrouvées, ont très vraisemblablement été décapités après avoir été tués.

4-5 juillet 2015.– Des affrontements ont éclaté dans plusieurs localités de la vallée du Mzab. Des heurts violents entre Ibadites et Chaambas pendant 3 jours ont causé 23 morts, des dizaines de blessés, de nombreux commerces et maisons incendiés.

Juillet 2015.– Le général-major « Ali » Bendaoud, réputé proche du directeur du DRS, Mohamed Mediene, est remplacé à la direction de la DSI par le général Abdelkader (qui dirigeait le CTRI de Blida, de sinistre mémoire, depuis 2005) ; la Direction générale de la sécurité et de la protection présidentielle (DGSPP), qui dépendait du DRS, est rattachée à l’état-major de l’ANP (son patron, le général Djamel Lekhal Medjdoub, est remplacé par le général Nacer Habchi) ; tandis que le général-major Ahmed Moulay Meliani, patron de la Garde républicaine, est remplacé par le général-major Ben Ali Ben Ali, chef de la 5e région militaire.

Août 2015.– Alors que le CSORAT, chargé de la lutte antiterroriste, est rattaché à la DCSA (Direction centrale de la sécurité de l'armée), on apprend que le Groupe d’intervention spéciale (GIS, connu comme la « force de frappe » du DRS, unité qui avait été responsable des pires exactions dans les années de la « sale guerre ») est purement et simplement dissous.

19 août 2015.– Maître Rachid Mesli, directeur juridique de l'organisation Alkarama, basée à Genève, a été arrêté à la frontière italo-suisse sur la base d'un mandat d'arrêt délivré par les autorités algériennes en avril 2002, sous prétexte de « contacts avec des terroristes en Algérie » et d'appartenance « à un groupe terroriste opérant hors d'Algérie ». Il est libéré le 22 août mais assigné à résidence. Il regagnera la Suisse environ un mois plus tard.

27 août 2015.– Le général Abdelkader Aït-Ouarabi alias « Hassan », «Monsieur antiterrorisme» au sein du DRS, a été placé sous mandat de dépôt par le juge du tribunal militaire de Blida.

29 août 2015.– La presse rapporte que le directeur du renseignement national des Etats-Unis (Director of national intelligence-DNI), James R. Clapper, effectue une visite de travail en Algérie.

8 septembre 2015.– Le gouverneur de la banque d'Algérie a annoncé qu'en raison de la chute du prix des hydrocarbures, les réserves de change à hauteur de 193,269 milliards de $ fin juin 2014 ont chuté fin juin 2015 à 159,027 milliards de $.

10 septembre 2015.– La justice française a confirmé, le non-lieu dans l’enquête sur l’assassinat par balle, en 1987 à Paris de l’opposant algérien Ali Mécili. La famille avait fait appel.

13 septembre 2015.– Limogeage du général Mohamed Médiène alias « Tewfik », chef suprême du DRS depuis un quart de siècle. Le général Athmane Sahraoui dit « Bachir Tartag » a été nommé au poste de directeur du DRS. Dès sa prise de fonction, il entreprend une purge : au moins 14 généraux et une dizaine d’autres officiers sont mis à la retraite.

29 septembre 2015.– 10e anniversaire du référendum organisé pour faire valider la « Charte de la paix et la réconciliation nationale ». Le bilan est controversé. Imposée comme une opération sécuritaire, elle n'a pas contribué à trouver une solution politique à la profonde crise que vit le pays. Selon des chiffres officiels, entre 2005 et 2013 près de 9000 hommes en armes auraient bénéficié des dispositions de la Charte, près de 7000 familles de disparus et 9000 familles de « terroristes » ont été indemnisés. Depuis 1992, 17000 « terroristes » auraient été tués.

30 septembre 2015.– Arrestation du général retraité Hocine Benhadid à la suite de déclarations faites sur une chaîne satellitaire. Dans cet entretien, le général Benhadid a décrit le conclave militaire qui a décidé en janvier 1992 de l’arrêt du processus électoral en janvier 1992. La plainte proviendrait du ministère de la Défense pour « divulgation du secret militaire ».

1er novembre 2015.– Dix-neuf personnalités nationales d’horizons divers interpellent publiquement le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, et sollicitent formellement une audience car elles craignent que ce dernier, en raison de sa maladie, ne soit pas suffisamment informé sur « la dégradation du climat général dans notre pays ». Quatre personnes se retireront de cette démarche qui n'obtiendra qu'une fin de non-recevoir.

26 novembre 2015.– Le général Abdelkader Aït Ouarabi alias « Hassan » a été condamné à 5 ans de prison par le tribunal militaire d’Oran pour «destruction de documents» et «non-respect des consignes».

3 décembre 2015.– L'ex chef de la garde présidentielle, le général Lakehal Medjdoub, est condamné à 3 ans de prison.

La presse rapporte que 37 officiers du service spécialisé dans la lutte antiterroriste et le contre-espionnage économique ont été mis à l’écart.

23 décembre 2015.– Décès de Hocine Ait-Ahmed à l'âge de 89 ans.

27 décembre 2015.– Début du procès de l'Affaire Sonatrach 1. Il s'agit d'une affaire de corruption impliquant des cadres de Sonatrach et quatre entreprises étrangères. Sont accusés 19 personnes, dont des cadres de la Sonatrach, à leur tête l'ancien PDG, Mohamed Meziane, et ses deux fils.

2016

 

5 janvier 2016.– L’avant-projet de révision de la constitution est rendu public.

11 janvier 2016.– Dans les jours précédents le 24e anniversaire du putsch militaro-civil du 11 janvier 1992, une polémique autour de la démission-destitution du Président Chadli Bendjedid et la demande du général Khaled Nezzar, fer de lance des « janviéristes », à feu Hocine Ait-Ahmed, de prendre le poste de Président de la République, ce que ce dernier refuse. Aujourd'hui Nezzar dément avoir sollicité l'ancien président du FFS.

 

 

* Chronologie établie une première fois pour les minutes du "Procès de la sale guerre" de Habib Souaidia, La Découverte, 2002; puis actualisée pour l'ouvrage de Lounis Aggoun et Jean-Baptiste Rivoire, Françalgérie, Crimes et mensonges d'Etats, La Découverte, 2004; puis en 2015 .


 
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