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Les tribulations
d'un témoin pourchassé par les autorités
d'Alger
Risques
Internationaux, Une publication Nord Sud Expert, N° 1, 15 décembre
2003, www.risques-internationaux.com
Le 30 août 2001, les autorités algériennes demandent au
le gouvernement thaï de procéder au "rapatriement immédiat" de
Tigha, au motif qu’il serait impliqué dans divers délits
en Algérie. Les autorités thaïlandaises exigent du gouvernement
algérien copie des poursuites judiciaires qui seraient engagées
contre lui. Elles n’obtiennent aucune réponse, ce qui permet à Thiga
d'éviter l'expulsion, mais pas les conditions de détention thaïlandaises,
où le Sida et la tuberculose auraient pu faire taire définitivement
ce témoin gênant. Or Tigha survit. En juin 2002, un prêtre
du JRS (organisation jésuite d'aide aux réfugiés) obtient
la permission du directeur de la prison de faire partir Tigha pour l’Algérie,
via l’Éthiopie (l’idée étant que Tigha s’éclipse
pendant l’escale à Addis- Abéba). L’ambassade d’Algérie à Kuala
Lumpur apprend ce départ imminent et pousse la compagnie aérienne
Ethiopian Airlines à refuser de prendre Tigha à bord.
En janvier 2003, une mission d’Amnesty International visite Tigha dans
sa cellule. Les ONG impliquées font du lobbying auprès de plusieurs
pays européens pour qu’ils acceptent Tigha comme réfugié politique,
mais sans résultat. En mars 2003, une plainte est déposée
par l’OMCT auprès du "Groupe de travail des Nations unies
sur la détention arbitraire". La plainte est jugée recevable,
mais reste sans suite.
Le 22 septembre 2003, Tigha parvient à s’envoler pour la Jordanie.
Un visa touristique lui est accordé à l’aéroport
d’Amman. Mais les événements se précipitent ; le
27 novembre, il est convoqué par un haut responsable des services secrets
jordaniens, qui lui indique, en présence de témoins, que les
services algériens leur ont demandé de l’arrêter
et de l’envoyer en Algérie. Les services jordaniens répugnent à l’envoyer à la
mort, mais lui enjoignent de quitter le territoire jordanien impérativement
dans les 48h, faute de quoi il ne pourrait plus "assurer sa sécurité" (le
risque d’une exécution sur place par les services algériens étant
considéré comme sérieux).
Grâce à l'aide des ONG, Thiga est parvenu à joindre Amsterdam,
où il est actuellement incarcéré dans un centre de détention
réservé aux demandeurs d'asile et aux émigrés en
attente d'expulsion.
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