Syrie

Un F-16 israélien abattu par la DCA syrienne

Le Soir d'Algérie, 11 février 2018

Un avion de combat F-16 israélien a été pris pour cible par les systèmes de défense anti-aérienne syriens en Syrie, près de la frontière israélienne, et s'est écrasé en territoire occupé palestinien, tôt dans la matinée d’hier.
L'armée sioniste affirme qu'elle menait des attaques contre des «cibles iraniennes» en Syrie, après l'interception d'un drone iranien dans son espace aérien.
«Les Forces de défense israéliennes ont ciblé des postes de contrôle iraniens en Syrie qui avaient envoyé un drone dans l'espace aérien israélien. Tirs anti-aériens syriens intenses, un F-16 s'est écrasé en Israël, les pilotes sont sains et saufs», a déclaré sur Twitter un porte-parole de l’armée d’occupation sioniste.
La Syrie assure de son côté avoir ouvert le feu à la suite d'un acte d'agression contre une de ses bases militaires et avoir touché «plus d'un avion», selon l'agence de presse Reuters qui reprend les propos d'une source militaire anonyme, citée par les médias d'Etat. De son côté, l’Iran a accusé le régime sioniste de «mensonges» et souligné le droit de la Syrie à la légitime défense face aux agressions israéliennes.
Damas a dénoncé à de nombreuses reprises les offensives israéliennes menées sur son territoire. Début janvier, les autorités avaient affirmé avoir touché un avion israélien et intercepté plusieurs missiles à la suite de frappes aériennes et de tirs de missiles de Tsahal.
Le 4 décembre dernier, Israël avait procédé à une frappe aérienne contre des bâtiment de l'armée syrienne aux alentours de Damas, selon l'agence de presse publique syrienne Sana.
Deux jours plus tôt, le 2 décembre, la défense aérienne de l'armée syrienne avait intercepté et détruit au moins deux missiles israéliens visant «une position militaire» dans la province de Damas. La Syrie avait déjà dénoncé une «agression flagrante» contre son territoire.
«Les allégations à propos du survol d'un drone iranien sont trop ridicules», a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Bahram Ghassemi. «Pour couvrir ses crimes dans la région, les dirigeants israéliens recourent à des mensonges contre les autres pays», a-t-il ajouté. «La Syrie a le droit à la légitime défense» face à Israël.
Par ailleurs, dans un communiqué de leur commandement conjoint, les forces alliées de la Syrie — dont le Hezbollah libanais et l'Iran — ont nié toute violation de l'espace aérien israélien par un drone. «Ce que dit l'ennemi israélien, que le drone le visait et est entré dans l'espace aérien de la Palestine occupée, n'est que mensonges», ont-elles indiqué en menaçant Israël «d'une réponse implacable» à «toute nouvelle agression».
Selon le texte, les frappes israéliennes ont pris pour cible une «unité de drones», utilisées «pour la collecte d'informations dans la lutte contre les organisations terroristes, en premier lieu Daesh».
De son côté, le Liban a dénoncé samedi les frappes israéliennes en Syrie voisine, et va adresser une lettre au Conseil de sécurité de l'ONU pour protester contre «l'utilisation par Israël de l'espace aérien libanais pour mener ses attaques contre la Syrie», selon un communiqué des Affaires étrangères.
La Russie a appelé, de son côté, toutes les parties à la «retenue» en Syrie, et considéré comme «absolument inacceptable» de mettre en danger la vie de soldats russes, après les frappes israéliennes dans ce pays. «Nous appelons avec insistance toutes les parties impliquées à faire preuve de retenue et à éviter tout acte pouvant mener à compliquer encore la situation», a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué. «Il est absolument inacceptable de créer des menaces contre la vie et la sécurité des soldats russes» qui se trouvent en Syrie, a-t-il ajouté. Exprimant sa «profonde inquiétude», le ministère russe a indiqué que les pertes humaines et matérielles du côté syrien n'étaient pas encore connues. Le ministère russe des Affaires étrangères n'a pas mentionné le communiqué commun publié plus tôt par le commandement militaire de la Russie et de deux alliés du régime syrien — l'Iran et le Hezbollah —, qualifiant de «mensonges» les affirmations israéliennes.
La Russie a entamé en septembre 2015 une campagne militaire en soutien au régime du président syrien Bachar al-Assad. Cette intervention a changé le cours de la guerre qui fait rage dans le pays depuis 2011, permettant aux forces loyalistes de remporter d'importantes batailles.
En décembre, Vladimir Poutine a ordonné le retrait partiel de ses troupes de Syrie, estimant la mission de l'armée russe accomplie. Moscou garde, néanmoins, deux bases militaires en Syrie.

 

 
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Syrie: De la contre-révolution à l'intervention?  
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