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Des chiffres et des peinespar M. Saâdoune, Le Quotidien d'Oran, 26 octobre 2009 Un salaire minimum à 38.000 dinars. Si pour le gouvernement cela relève de «l'hérésie», le raisonnement chiffré de l'Intersyndicale autonome de la fonction publique (IAFP) a, aux yeux de nombreux Algériens, la pertinence du vécu. Dans un contexte, surprenant au demeurant, de flambée durable des prix, le fait que le seul budget de l'alimentation dépasse les 14.000 dinars n'étonnera que ceux qui ne font jamais le marché. Les autres postes ne sont pas surévalués non plus. Il est difficile de reprocher à l'étude faite par l'intersyndicale de faire dans l'exagération. En réalité, dans l'écart vertigineux entre le salaire minimum officiel de 12.000 dinars et les 38.000 dinars «nécessaires» établis par l'intersyndicale, ce sont les difficultés de la vie d'un grand nombre d'Algériens qui apparaissent dans toutes leurs déclinaisons. Ces 38.000 dinars incompressibles ne sont atteints que par la concomitance de plusieurs salaires. Ce qui n'est pas donné à toutes les familles. Les trois quarts des fonctionnaires s'endettent pour joindre les deux bouts et atteindre la fin du mois, selon une précédente étude du Snapap. L'estimation de l'intersyndicale de la fonction publique présente également la vertu de se fonder sur une bonne comparaison avec les pays voisins, le Maroc et la Tunisie. Quoi de plus frappant en effet que de montrer que dans le pays qui a théoriquement le PIB par habitant le plus élevé (8.100 dollars), le salaire minimum est le plus bas, à peine 100 euros en Algérie alors qu'il est de 178 au Maroc et de 130 en Tunisie. Certes, la part des recettes pétrolières gonfle ce PIB par habitant..., mais des revenus pétroliers importants passent difficilement pour une explication, voire une justification de l'écart entre le salaire minimum algérien et celui des Tunisiens et des Marocains. Ce qui est remarquable est que les organisations syndicales ont choisi de donner la «réplique» sur le même terrain que le gouvernement : ils donnent des chiffres et comparent. Ils rendent par avance dérisoire une hausse du SNMG de quelques centaines de dinars - 15.000 dinars, selon toute probabilité - alors qu'il s'agit, selon eux, sinon de rattraper, du moins de corriger l'écart insupportable entre les prix et les salaires. Il n'est que de voir des fonctionnaires dépenaillés, édentés parfois, pour comprendre la démotivation des personnels et le mauvais fonctionnement de l'administration. Quel dynamisme peut-on espérer de la part de parents qui ne peuvent nourrir et habiller décemment leurs enfants ? A l'échelle de la maigre obole que l'Etat serait prêt à concéder à ses serviteurs, il n'est pas difficile de comprendre la généralisation de la « petite » corruption, celle qui consiste pour certains à monnayer indûment un service public. Le FMI doit être ravi d'une situation de salaires comprimés, cela répond aux potions libérales dont il est le dernier prescripteur. Il est vrai qu'en maintenant les fonctionnaires et les salariés dans une situation intenable, on ne renforce pas les structures de l'Etat. Qu'importe, le prix à payer par l'ensemble de la société est ailleurs et qu'il soit bien supérieur à un minimum de mise en cohérence des salaires avec le coût de la vie. |
Dégradation de la situation sociale | ||||
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www.algeria-watch.org
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