Le Premier ministre russe à Alger: Le nucléaire, le pétrole et le reste

par Moncef Wafi, Le Quotidien d'Oran, 10 octobre 2017

Présent depuis hier à Alger, le Premier ministre russe, Dmitry Medvedev, a passé en revue les «possibilités» de développer un partenariat bilatéral «mutuellement avantageux dans beaucoup de domaines».

Dans un entretien accordé à l'APS, la veille de sa visite, l'ancien locataire du Kremlin est revenu sur le développement des domaines de coopération entre les deux pays, citant à cet effet le rôle-clé de la Commission intergouvernementale mixte russo-algérienne de coopération commerciale, économique, scientifique et technique qui a tenu sa 8e réunion en septembre dernier à Alger. Medvedev a évoqué des projets de coopération touchant aussi bien l'industrie que les transports et le bâtiment en passant par l'agriculture, la santé publique ou encore l'informatique. Il a également confirmé la disponibilité de son pays à soutenir les Algériens «qui travaillent actuellement à transformer leur pays en centre industriel et énergétique régional de l'Afrique du Nord». Sujet hautement sensible, le Premier ministre russe a abordé le dossier de l'énergie nucléaire offrant, au passage, les services de son pays «si l'Algérie décidait de créer une industrie nucléaire nationale».

Il a indiqué, à ce propos, qu'«une base juridique solide a été créée dans ce domaine». La Russie propose ses «technologies» et «solutions techniques» se déclarant également «prête à étudier des projets concernant la production d'électricité par les installations éoliennes ou solaires». Ce dossier a été au centre de nombreuses rencontres entre officiels algériens et russes et la dernière en date remonte à septembre 2016 à l'occasion de la visite de Bouterfa, alors ministre de l'Energie et des Mines à Moscou. En effet, il avait réitéré «la disponibilité de la Russie à apporter son concours à l'Algérie en matière de formation dans le domaine du nucléaire».

En 2014, les deux pays avaient annoncé la signature d'un accord de coopération dans le domaine de l'utilisation de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques. La société nucléaire nationale russe Rosatom s'engageait alors à réaliser pour le compte de l'Algérie la première centrale nucléaire algérienne et la seconde en Afrique. «La Russie, qui salue et soutient la décision de l'Algérie de construire une centrale nucléaire civile à l'horizon 2025, affiche sa pleine disponibilité à partager son expérience avec l'Algérie et contribuer au développement de ce créneau», avait souligné le patron de la société russe. La coopération couvre les volets de la formation de ressources humaines dans les domaines scientifique et technique, la recherche fondamentale et appliquée, la recherche et développement dans le domaine de l'ingénierie nucléaire et des technologies ainsi que l'utilisation des réacteurs nucléaires à des fins de production de l'électricité et de dessalement de l'eau de mer.

Elle concerne aussi la sûreté nucléaire et radiologique, la gestion et le traitement des déchets radioactifs et l'application des technologies nucléaires dans les domaines de l'agriculture, de la biologie, des ressources en eau et de la médecine incluant la production des radio-isotopes. L'autre volet de la coopération bilatérale souligné par le Premier ministre russe est le secteur énergétique où «plusieurs projets rencontrent un vrai succès dans le secteur pétro-gazier», affirme-t-il. «La Russie et l'Algérie sont des exportateurs importants de gaz vers l'Europe. Ce fait nous aide à coopérer de manière concertée au sein des plateformes internationales telles que le Forum des pays exportateurs de gaz ou l'OPEP», a-t-il encore précisé. Loin de l'économie, Medvedev a abordé l'actualité politique internationale, estimant que les positions des deux pays se rapprochent lorsqu'ils se prononcent «pour le renforcement du rôle central de l'Onu et de son Conseil de sécurité dans le maintien de la paix et de la sécurité». Le Premier ministre russe a surtout noté «la proximité de l'approche» algérienne et celle de son pays face aux menaces telles que le terrorisme et le crime organisé transnational et «nous voudrions élargir notre coopération avec l'Algérie dans ces domaines».

 

 
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