Rassemblement imposant de Mozabites à Alger

Le SOS de la vallée du M’zab

El Watan, 13 avril 2014

Stoppez l’incendie avant que Ghardaïa ne devienne ruine», «Votre silence nous tue», «Mort gratuite des Mozabites : honte au silence», «Halte à l’extermination»… autant de SOS déclinés en large banderoles à l’adresse d’une Algérie exsangue, convulsant sous l’effet d’un scrutin présidentiel promis aux mille et un péril.

La vallée du M’zab, de nouveau à feu et à sang, voit déborder ses maux dans la capitale nationale. Hier, devant la maison de la presse Tahar Djaout, un imposant rassemblement formé de plusieurs centaines de manifestants, était organisé par la communauté mozabite à l’effet de prendre à témoin l’opinion publique sur l’embrasement généralisé, entretenu et en cours dans la mythique pentapole. Des Mozabites visiblement apeurés devant la nouvelle escalade de violence, en colère devant la capitulation de l’Etat.

La reprise des affrontements intercommunautaires, ses contingents de morts (deux tués ces dernières 72 heures) et de blessés ; des maisons, commerces et palmeraies ravagés par les incendies ont piqué au vif les membres de la communauté établis à Alger et sonné le tocsin.
A 14h, des essaims de Mozabites, drapés pour certain de l’emblème national, affluent aux abords de la station Aïssat Iddir avant de prendre place face à la Maison de la presse. Le dispositif policier, léger en début de rassemblement, s’étoffe à mesure que la foule de manifestants disciplinés grossit.

Parfaitement maîtrisée par les organisateurs, réglée comme du papier à musique, la manifestation s’est déroulée sans heurt ni répression. Les services de police se sont d’ailleurs contentés de dégager la voie publique sans faire montre de velléités d’empêcher la manif’. En signe d’attachement renouvelé à l’Etat-nation, l’hymne national est entonné, clamé en chœur par les participants. «Enhi Ala Al Mounkar (arrêtons l’arbitraire)», «La Ilah Ilallah, Chahid Habib Allah», «Y’en a marre de Belmokhtar, y’en a marre du terrorisme», «Mezabiyine, Djazayerine (des Mozabites, des Algériens)», «Imazighen», hurlait-on à pleins poumons.

Des dizaines de pancartes et banderoles géantes étaient déployées dans une parfaite synchronie. Leur contenu instille le vertige : «Rwanda, Birmanie…le M’zab de Moufdi Zakaria et de Bayoudh fait-il partie du plan ?», interroge une banderole. «L’impunité prolonge la fitna». Les portraits des victimes flottent au-dessus de la foule de manifestants réclamant justice. Vers 15h, le sit-in est levé. La procession se disperse dans le calme précédant la tempête.
Mohand Aziri

 
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M'zab: Qui provoque les affrontements?

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