Guerrara (Ghardaïa)

Les Malékites décrètent la grève générale

El Watan, 22 janvvier 2014

La situation tend à prendre une tournure gravissime dans la région du M’zab avec cette menace de paralysie de la ville de Guerrara brandie par les notables malékites de cette daïra, située à 130 km au nord-est du chef-lieu de wilaya, Ghardaïa.

Aucun Malekite, ou presque, de Guerrara n’a rejoint son poste de travail et aucun de leurs enfants ne s’est rendu à l’école lundi. «Nous sommes déçus par la volte-face des autorités qui sont revenues sur la parole donnée. C’est une insulte et une humiliation qui nous sont infligées par les autorités qui nous ont menés en bateau», a déclaré Harzallah, l’un des notables malékites de Guerrara.
Cette affaire remonte à la semaine dernière lorsqu’une liste de 98 policiers, dont une quarantaine exerçant au niveau de la sûreté de daïra de Guerrara, devant être mutés, a été transmise à la sûreté de wilaya de Ghardaïa. Dès que celle-ci a été transmise pour application, des centaines de citoyens malékites de cette ville ont organisé des sit-in et des rassemblements non-stop, exigeant l’annulation de ce mouvement qu’ils considèrent comme une punition contre des agents qui n’ont fait que leur travail.

Reçue par le chef de daïra qui a transmis ses doléances à l’autorité centrale, une délégation de l’inspection régionale de la Sûreté nationale de Ouargla s’est rendue sur place et s’est entretenue avec les notables malékites de cette ville. Ceux-ci ont exposé leurs revendications en demandant «pourquoi l’Etat veut punir des Algériens qui ont fait leur devoir pour satisfaire des plaintes sans fondement et sans preuve. Nous n’avons rien contre l’autre partie, il faut qu’il y ait des preuves irréfutables pour sanctionner quelqu’un». Pour nos interlocuteurs, les membres de la communauté malékite de cette cité ont décidé de ne plus se rendre à leur travail et de ne plus envoyer les enfants à l’école. Et cela tant que cette injuste mesure n’est pas annulée. «Si cela ne suffit pas, nous allons prendre d’autres mesures pour durcir encore plus notre position.» Et ils sont effectivement passés à l’acte : toutes les écoles de la ville ont enregistré l’absences de la quasi-totalité des enfants arabes, alors que les administrations, les banques, les pompes d’essence étatiques et les services ont tournés au ralenti, tous les travailleurs et employés arabes ayant suivi l’appel au boycott.

Le bricolage et les décisions irresponsables des autorités locales, régionales et centrales ont aggravé la situation dans cette région déjà instable depuis les graves affrontements intercommunautaires qui ont commencé dans cette ville le 25 novembre 2013 lorsque, à la sortie du stade du 24 Février après un match derby opposant deux équipes locales (mozabites et arabes), des affrontements ont eu lieu dans le quartier Mahmoud, aux environs de l’institut El Hayet. En sus des dégâts occasionnés (pillage, saccage et incendie de plusieurs maisons et magasins, d’une polyclinique, d’une banque et de mobilier urbain) un mort et plusieurs blessés, dont trois gravement atteints, ont été dénombrés. 
K. Nazim

 
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