Ghardaïa : 40 policiers blessés, 8 arrestations et des magasins incendiés

El Watan, 27 décembre 2013

La situation dans la ville de Ghardaïa s’est aggravée. Hier, un calme précaire a été constaté dans la cité durant quelques heures seulement puis les violences ont repris.

A notre arrivée, c’était une ville morte. Les habitants insistent sur l’intervention de l’armée et des éléments de la Gendarmerie nationale. Tout le renfort des services de l’ordre présent n’a pu maîtriser la situation. Selon une source sécuritaire, il est difficile d’accéder aux différentes ruelles et surtout impossible de s’introduire entre les deux groupes antagonistes. Plusieurs quartiers se sont joints aux affrontements entre les jeunes des deux communautés.

C’est surtout à la vieille ville à la limite des deux quartiers de Haï El Moudjahidine (ex-Zgag Lihoud) et la vieille médina, du côté de l’antique mosquée ibadite qui domine superbement le vieux marché, que les violences ont été les plus intenses. Mais c’est le quartier populaire de Hadj Messaoud qui a donné le plus de fil à retordre aux éléments des forces antiémeute qui usaient de balles en caoutchouc et de grenades lacrymogènes afin de contenir les assauts des jeunes qui avaient l’avantage de la connaissance du terrain.

Violence

Beaucoup de blessés ont été dénombrés des deux côtés, dont certains gravement touchés. Dans les rangs des forces de l’ordre, l’on compte pas moins de 40 policiers blessés. On enregistre par ailleurs 8 arrestations. Pour les blessés civils, pas de chiffre exact pour l’instant, dans la mesure où aucune communauté n’en a évacué vers les structures sanitaires, appréhendant les probables arrestations. Mais c’est la contagion de violence, qui s’est déplacée vers d’autres quartiers, qui a compliqué la tâche des forces de l’ordre qui ne savaient plus où donner de la tête, tant les foyers de violence se multipliaient aux quatre coins de la ville, tels Bab El Hadda, Soug Lahtab, Aïn Lebeau, Ben Smara…

Le regain de violence a touché Theniet El Makhzen, où pas moins de 5 magasins appartenant à des Mozabites ont été complètement pillés, saccagés et incendiés. Il ne restait, à notre passage sur les lieux, que des amas de cendres qui continuaient à se consumer lentement. Les rideaux de la totalité des commerces sont restés baissés, non seulement en réponse à l’appel de l’UGCAA, mais par peur de vol et d’agression.

Aziz M et K. Nazim

 
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