«Des clans au sein du pouvoir alimentent la violence à Ghardaïa» - Ahmed Betatache à Radio M

Abdelmalek Touati, Maghreb Emergent, 18 mars 2014

Pour Ahmed Betatache, premier secrétaire du Front des Forces Socialistes (FFS), il existe des « groupes au sein du pouvoir qui tirent profit » des tragiques évènements de Ghardaïa en alimentant la violence. La "démission" des institutions de l’Etat et leur manque de crédibilité ont fait le reste.

Le FFS est très inquiet de la tournure dramatique que prennent les évènements à Ghardaïa, avec la mort de 3 personnes et des dizaines de blessés enregistrés dans les dernières violences qu'a connu la régionderniers jours. Et les tensions ne sont pas près de s’estomper, estime Ahmed Betatache, invité ce mardi, du direct de Radio M, la web radio de Maghreb Emergent : «La situation à Ghardaïa est malheureusement appelée à s’aggraver car l’Etat n’a pas rempli ses missions depuis le début des violences,» a-t-il déploré. Betatache va plus loin et accuse les autorités d’avoir laissé «les choses pourrir (…) alors que les institutions sont sensées protéger les citoyens». « Nous allons vers un conflit ethnique entre deux communautés (Mozabite et Arabe Ndlr) qui ont cohabité depuis des siècles,» prévient le premier responsable du FFS.

Présence massive des services de sécurité

Ahmed Betatache pointe du doigt «l’incapacité des forces de sécurité à identifier les auteurs des troubles et qui attisent le feu parmi les deux communautés», malgré un déploiement massif des forces de sécurité, police et gendarmerie inclus. « Il y a 15.000 éléments des services de sécurité qui sont déployés dans la région et la violence est telle que l’armée a décidé de prendre les choses en main, » a-t-il dit.
Interrogé sur son analyse des causes de l'éclatement de ce conflit, le numéro un du FFS est convaincu que les évènements de Ghardaia "ont un lien avec les échéances électorales" en cours et relèvent d’une manipulation "de groupes au sein du pouvoir qui alimentent la haine et la violence". «Nous sommes habitués qu’à la veille de chaque élection, des clans au sein du pouvoir poussent au pourrissement,» a-t-il dit avant de conclure : «N’oublions pas que nous avons eu une décennie de guerre civile qui a fait 200.000 morts».

Eteindre le feu

Le FFS appelle à une initiative qui ramène le calme et la réconciliation entre les deux communautés, dans un premier temps, avant d’enquêter sur les causes profondes de ces évènements. «Il faut mettre en place en urgence une commission d’enquête composée de personnalités indépendantes pour réconcilier les deux communautés et enquêter par la suite sur les causes profondes de ces évènements,» préconise Ahmed Betatache. Car pour lui, « les officiels et ce pouvoir n’ont aucune crédibilité » au yeux de la population.

 
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