Un mort et 10 blessés à Ghardaïa : Belaïz réfute l'implication d'une main étrangère

par R. N., Le Quotidien d'Oran, 21 janvier 2014

Les incidents survenus dimanche à Ghardaïa ont fait un mort et 10 blessés. C'est ce qu'a affirmé hier le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, Tayeb Belaïz dans des propos rapportés par l'APS. «Un jeune de 39 ans est mort dans des échauffourées et des actes de violence enregistrés dimanche», a indiqué le ministre en marge d'une séance plénière du Conseil de la nation consacrée aux questions orales. Il précisera que «10 personnes, dont 3 policiers», ont été blessées affirmant que «les échauffourées ont cessé rapidement grâce à l'intervention des services de sécurité».

«A l'exception de quelques commerces et écoles qui sont restés fermés les propriétaires déclarant craindre pour leurs biens et leurs enfants», un «retour à la normale est constaté», a indiqué le ministre de l'Intérieur. «Je pense que les commerces reprendront leurs activités et que les écoles rouvriront leurs portes maintenant que la sécurité est renforcée par les services de la gendarmerie et de la sécurité nationales», a déclaré Belaïz. Un imposant dispositif de forces de l'ordre et anti-émeute a été déployé dans différents quartiers de Ghardaïa pour mettre fin aux affrontements récurrents entre groupes de jeunes, a constaté hier un journaliste de l'APS. Hier, malgré les assurances de Belaïz, les scènes d'affrontement entre groupes de jeunes des deux communautés (malékite et ibadhite) ont touché des quartiers jusque-là épargnés par ces événements, tels que Bouchène, Beni-Isguen, El-Chaâba, Touzouz, Ben Smara, Sidi-Abbaz et les quartiers situés sur les hauteurs de Ghardaïa (Bouhraoua). Une trentaine de locaux commerciaux et d'habitation ainsi que des palmeraies et jardins ont été saccagés et pillés avant d'être incendiés par les antagonistes durant les journées de dimanche et de lundi, a-t-on constaté. Les émeutiers ont dressé des barricades dans différents quartiers de la ville en utilisant des pneus, de grosses pierres et autres objets, empêchant ainsi le trafic routier, particulièrement les transports urbains et le transport scolaire et universitaire.

Les forces de l'ordre se sont notamment déployées devant les édifices publics et privés afin de les préserver. L'ensemble des commerces, des établissements scolaires et des administrations, sont fermés dans les quartiers de la ville théâtre des violences; les rues désertées sont devenues de véritables dépotoirs en l'absence des services de collecte des déchets ménagers. Par ailleurs, le ministre a affirmé que «l'initiative du gouvernement et ses démarches dans la région n'avaient pas échoué» et, en réponse à une question sur l'implication de mains étrangères dans les incidents, il a indiqué qu' « il n'existe aucune preuve tangible pouvant confirmer (...) l'implication de mains étrangères dans la région, mais il y a des mains non étrangères qui, peut-être, cherchent à pousser vers le pourrissement de la situation ». Il a affirmé que la situation à Ghardaïa est « maîtrisée » sur le plan sécuritaire. Le ministre n'a pas manqué de rappeler les démarches du gouvernement pour mettre fin aux tensions. Il a souligné que « toute démarche de bienfaisance dans cette région est la bienvenue», tout en rappelant que les rencontres de réconciliation initiées par le gouvernement et celles ayant regroupé les représentants des habitants de Ghardaïa ont abouti à la conclusion d'une charte. Pour rappel, des affrontements entre groupes de jeunes avaient repris dimanche après-midi. Plusieurs quartiers des communes situées dans la vallée du M'zab qui étaient jusque-là épargnés par les violences se sont retrouvés en début d'après-midi confrontés à des échauffourées entre groupes de jeunes ayant été à l'origine d'incendies de locaux commerciaux et d'habitations, avait rapporté l'APS. Ces incidents avaient repris suite à des appels à « la grève du cartable » et celle des commerçants, diffusés par les réseaux sociaux, pour protester contre l'insécurité. Des dizaines de jeunes (malékites et ibadhites) se sont ainsi affrontés à l'aide de pierres, d'objets hétéroclites ou de cocktails Molotov à El-Aïn, El-Chaâba, à l'entrée de Daya Ben Dahoua et près du lycée Moufdi-Zakaria à Béni Isguen.

Ces quartiers n'avaient pas connu d'incidents auparavant. Une dizaine de locaux et d'habitations ont été saccagés et incendiés. Un renfort de brigades d'intervention rapide de la gendarmerie a été déployé pour renforcer le dispositif de la police qui a recouru aux bombes lacrymogènes pour disperser les antagonistes.

 
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