Protesta des policiers et incidents à Berriane : Situation explosive à Ghardaïa

par Yazid Alilat, Le Quotidien d'Oran, 15 octobre 2014

La situation restait tendue dans la vallée du M'zab, hier, mardi, après la manifestation de protestation des policiers, lundi, à Ghardaïa et les affrontements à Berriane, survenus dans la soirée de la même journée et qui ont fait au moins deux morts. La «protesta» des policiers, issus des unités républicaines de sécurité (URS) de 48 wilayas, déployées, dans la région, depuis novembre 2013, était toujours de mise, hier mardi.

Un climat lourd régnait, en fait, sur la ville, qui retenait son souffle, en attendant une solution à cette nouvelle crise qui perdure, à Ghardaïa.

Dans la matinée d'hier, des agents de la police ont organisé une nouvelle marche, dans la commune de Berriane, située à 45 km, au nord de Ghardaïa, selon des témoins qui ont affirmé que «les policiers avaient marché depuis leur unité vers la route nationale».

Le mouvement de protestation des policiers des URS, déployés dans la région de Ghardaia, pour rétablir le calme et servir de tampon, entre les deux principales communautés de la région, a fait suite aux attaques dont ils ont été victimes, lors de heurts, dimanche entre les manifestants, à Berriane. Durant leur marche d'hier à Berriane, après celle de la veille, à Ghardaia, les policiers ont demandé, un changement à la tête de la direction de la police. Lundi, à Ghardaia, les policiers avaient, entre autres revendications, demandé le départ du directeur général de la Sûreté nationale, Abdelghani Hamel, qui s'est déplacé, en urgence, pour calmer les esprits. Mais, hier mardi, la même ambiance était encore enregistrée à Ghardaïa, ainsi qu'à Berriane, où les policiers des URS ne semblaient pas vouloir rentrer dans leurs casernes. Parmi leurs revendications, il y avait, également, une demande d'audience urgente au ministre de l'Intérieur, M.Tayeb Belaiz, qui, selon nos informations, devait rejoindre Ghardaïa, hier, en début d'après-midi où il était attendu.

Lundi, dans la journée, et au plus fort moment de la manifestation de protestation des policiers des URS, de violents affrontements avaient eu lieu, à Berriane, provoquant la mort de deux jeunes âgés d'une vingtaine d'années, ainsi qu'une dizaine d'agents de la police et de la Protection civile. Des groupes de jeunes ont lancé des pierres, des ‘cocktails Molotov' et des pneus enflammés, avant que la situation se dégrade davantage, créant une grande confusion et un climat d'insécurité sur le tronçon incontournable de RN1, qui traverse la ville de Berriane. Le trafic routier a été, momentanément interrompu. L'intervention des unités de la Gendarmerie nationale a pu normaliser la situation et rétablir la circulation automobile, dans les deux sens : Ghardaia-Alger et de Berriane vers Ghardaia.

Ces incidents, qui avaient éclaté, dimanche, entre groupes de jeunes, à Berriane, ont été marqués par des actes de vandalisme et l'incendie d'une dizaine de locaux commerciaux, ainsi que d'une résidence de la commune. A Ghardaïa, des escarmouches ont opposé, lundi, les deux communautés, mais le calme est revenu, selon Khodir Babaz, membre de la Cellule de coordination et de suivi des événements de Ghardaïa. «La police est revenue dans certains endroits et les gendarmes maîtrisent la situation, dans d'autres quartiers», précise-t-il. Mais, la tension était, encore, perceptible, à Ghardaïa.

 
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M'zab: Qui provoque les affrontements?  
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