Evénements de Ghardaïa : Trois policiers traduits en justice

par El-Houari Dilmi, Le Quotidien d'Oran, 27 janvier 2014

«Trois fonctionnaires de police viennent d'être suspendus de leurs fonctions par la direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) et déférés devant la justice pour manquement à leurs obligations professionnelles» a indiqué, hier, le directeur de la Communication et des Relations publiques, à la DGSN, M. Djilali Boudalia.

En effet, et selon un communiqué mis en ligne, hier, sur le site d'information de la DGSN, l'enquête diligentée par le général-major Abdelghani Hamel, suite à la diffusion d'une vidéo, mettant en cause le comportement de certains policiers, dans les derniers événements qui ont secoué la wilaya de Ghardaia, a conclu à la responsabilité de trois policiers, «qui ont été, immédiatement, suspendus de leurs fonctions et traduits en justice», lit-on sur le site de la DGSN. Indiquant que «nul n'est au-dessus des lois de la République», le commissaire-divisionnaire Djilali Boudalia, a expliqué qu'il s'agit-là «d'un comportement individuel des trois policiers mis en cause, sans rapport, aucun, avec la réalité de l'institution de la Sûreté nationale », ajoutant que le site électronique de la DGSN continue à «recevoir, chaque jour, les témoignages vivants de représentants de la société civile et de simples citoyens sur les sacrifices consentis par les éléments de la Sûreté nationale, dans l'exercice de leurs fonctions, au service du maintien de l'ordre public, la sécurité des personnes et de leurs biens».

Le site de la direction générale de la Sûreté nationale, se référant au directeur de la Communication et des Relations publiques, met également en exergue les témoignages de nombreux citoyens sur la « célérité de l'intervention de la police et l'efficacité de ses investigations, faisant de la dignité du citoyen, une ligne rouge à ne pas franchir».

La DGSN, par la voix du même responsable, insiste sur le «comportement individuel de certains de ses éléments, qui ne peut, en aucun cas, engager la responsabilité de l'institution de la police, respectueuse de la loi et des droits de l'Homme, en droite ligne des orientations du directeur général de la Sûreté nationale le général-major Abdelghani Hamel», rapporte encore le site de la DGSN. Après une relative accalmie, la tension dans la région du M'zab, est remontée d'un cran, ces derniers jours. De nouvelles violences ont éclaté, samedi matin, entre des groupes de jeunes à Berriane (45 km du chef-lieu de wilaya Ghardaïa), avec plusieurs locaux commerciaux incendiés. Au cours de ces incidents, les protagonistes ont eu recours aux jets de pierres et cocktails Molotov. Et cinq locaux commerciaux ont été incendiés. Il en a résulté le blocage du trafic routier sur la RN-1, empêchant, ainsi, la circulation entre le nord et le sud du pays. Des actes de vandalisme et de destruction du mobilier urbain et trottoirs sont encore visibles dans la localité, reflétant ainsi une image de désolation de Berriane. Les forces de sécurité, appuyées par des renforts de wilayas limitrophes, sont intervenues pour séparer les antagonistes et rétablir le calme.

Selon des témoins, cités par l'APS, ces affrontements ont eu lieu, suite à des jets de pierres et de cocktails Molotov sur un véhicule de passage, causant des brûlures au deuxième degré, au visage du conducteur admis à l'hôpital de Ghardaïa. Jeudi déjà, un jeune de 35 ans, qui avait été atteint, à la tête par un projectile, lors d'affrontements, est mort après avoir plongé dans un profond coma, dimanche dernier. C'est le second décès, en quelques jours, après la mort d'un autre jeune homme de 39 ans, tué à coups de couteau, dans les mêmes événements. Après quelques jours de calme relatif à l'issue d'une médiation du gouvernement et le déplacement de Abdelmalek Sellal, sur place, les affrontements avaient repris, au début de la semaine écoulée. Des incidents suivis d'actes de vandalisme, de pillage, de destruction de commerce. Les écoles sont également restées fermées. Le renforcement du dispositif sécuritaire avec le déploiement de 3.000 policiers et gendarmes, la semaine écoulée, avait semblé ramener le calme à Ghardaïa, même si la tension était toujours perceptible.

Le Premier ministre Abdelmalek Sellal avait affirmé, en fin de semaine écoulée à Bordj Bou Arréridj qu' «il n'y a pas lieu de penser qu'un problème oppose Malékites et Ibadites à Ghardaïa ; ne pensez pas qu'il y a, à Ghardaïa, un problème entre Malékites et Ibadites, il y a juste eu des petites altercations entre jeunes (…), même s'il existe une minorité qui veut nous faire tomber, en vain, dans le piège».

 
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