Ghardaïa : Onze policiers blessés et cinq arrestations

El Watan, 8 juin 2014

Les affrontements dans les quartiers populaires de Merrakchi et de Theniet El Makhzen, à Ghardaïa, ont repris la nuit de vendredi à samedi.

Ces affrontements entre des groupes de jeunes et les forces du maintien de l’ordre se sont soldés par cinq arrestations parmi les émeutiers et onze policiers blessés. La direction de l’industrie et des mines de la wilaya de Ghardaïa, située sur le boulevard du 1er Novembre, a fait l’objet d’une tentative de saccage repoussée in extremis par les forces de l’ordre. Quelques fenêtres et des climatiseurs ont tout de même fait les frais de la fureur des jeunes. Des voitures de police ont sillonné toute la nuit les quartiers populaires, appelant au calme à travers des mégaphones.

Un hélicoptère a également survolé les quartiers chauds en braquant son puissant projecteur sur les ruelles et les terrasses des maisons.
Selon le lieutenant Djaâfar Djaber, chargé de la cellule de communication de la sûreté de wilaya de Ghardaïa, onze policiers ont été blessés dans ces affrontements, alors que cinq personnes ont été arrêtées et seront présentées au parquet pour «attroupement sur la voie publique et agression envers les forces de l’ordre».

Ce que réfutent avec véhémence les parents et proches de ces personnes arrêtées, rencontrés au siège de la sûreté de wilaya, venus demander leur libération. «Mon fils est sorti sur le pas de la porte pour me faire rentrer à la maison alors que j’étais sortie demander aux policiers d’arrêter de nous balancer des grenades lacrymogènes. Alors que mon fils me suppliait de rentrer, deux policiers l’ont agrippé, arraché de mes mains et emmené pieds nus», a dénoncé une vieille dame. «Mon frère était chez lui à la maison quand des policiers sont entrés à l’intérieur et l’ont emmené de force», peste un citoyen.A souligner que ces affrontements ont éclaté suite à l’empêchement par les forces de sécurité d’un groupe de rite malékite d’aller accomplir la prière du vendredi dans la mosquée Abou Bakr Essedik de Mélika.

Des centaines de policiers, qui ont pris position tout le long des itinéraires menant vers cette mosquée et notamment ceux placés en interposition entre le ksar et les quartiers de Theniet El Makhzen et Merrakchi, ont empêché la procession de ces fidèles d’atteindre le sommet du ksar. «Pourquoi nous empêche-t-on d’aller prier dans nos mosquées ? C’est notre droit d’aller prier dans toutes les mosquées qui appartiennent à notre rite. Nous continuerons à nous battre pour ce droit que personne ne peut nous dénier», clame Mustapha, un cadre de Sonelgaz. Et d’ajouter : «Nous maintiendrons notre revendication jusqu’à l’aboutissement de notre droit. Nous remettrons cela vendredi prochain, quoi qu’il advienne ; les autorités sont averties et à elles de prendre leurs responsabilités.»
C’est ce qui a provoqué une violente réaction des jeunes de ces quartiers qui ont affronté les forces de l’ordre à coups de pierres.

K. Nazim

 
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M'zab: Qui provoque les affrontements?  
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