Violences intercommunautaires à Ghardaïa

Les Mozabites enterrent leur 12e mort

Le Soir d'Algérie, 20 octobre 2014

Grièvement atteint à coups de fusils de chasse, lors des affrontements qui ont secoué la région de Berriane, au début de la semaine passée, le jeune père de famille Kaci Oussalah Rostom, 34 ans, a rendu l'âme hier, à la clinique privée les Oasis de Ghardaïa.

Mehdi Mehenni - Alger (Le Soir)
Le jeune père de famille mozabite n'a pas survécu à ses blessures. Les rondelettes de fer lancées à coups de fusils lors des affrontements qui ont opposé Chaâmbis et Mozabites, dans la nuit de samedi à dimanche de la semaine passée, ont eu raison de la victime.
Kaci Oussalah Rostom, qui a déjà souffert des violences enregistrées dans la région en 2008, n'a pas eu le temps de s'installer dans sa maison qui avait brûlé à l'époque et qui a mis 6 ans pour la reconstruire. «Ce qui nous chagrine le plus, c'est qu'on a fait de son épouse une veuve et de ses enfants des orphelins. Quant à sa maison dont il a souffert pour la retaper, il ne l'habitera jamais...», regrette Hamou Mosbah, notable mozabite et fédéral du FFS à Ghardaïa. Ce dernier ne comprend pas «pourquoi ce scénario dramatique, qui a plongé la région dans le chaos depuis presque une année, ne prend toujours pas fin.» Il insiste à ce propos, sur l'urgence d'une solution politique : «La matraque a montré ses limites, et s'est même retournée contre l'Etat qui l'emploie de manière répressive et abusive.»
Il cite comme exemple, les citoyens de Ksar Mlika, plus précisément les 250 familles du quartier Bouhrawa, qui ont été empêchées de marcher ce samedi vers le siège de la wilaya de Ghardaïa. «Cela fait dix mois que leurs maisons ont été incendiées, et les forces de l'ordre les empêchent toujours d'y accéder pour les retaper. Certains agents leur demandent des autorisations administratives pour regagner leurs demeures.
C'est injuste, et les autorités doivent comprendre que certains de ces gens-là habitent actuellement chez des parents et des proches alors que d'autres ont loué chez des particuliers et n'ont plus les moyens de renouveler leurs contrats... Au lieu de leur tendre la main, ils envoient la police les réprimer à coups de bombes lacrymogène», relève toujours Hamou Mosbah.
Enfin, il est à signaler que le chef de la 4e Région militaire est dans la région de Ghardaïa, depuis jeudi.
Selon une autre source, il a rencontré séparément les notables chaâmbis et mozabites, ainsi que des représentants de la société civile. «Il a été très ferme, parfois menaçant. Il a clairement signifié aux uns et aux autres : ‘‘retenez vos enfants et ne m'obligez pas à faire intervenir mes hommes’’», affirme la seconde source.
M. M.

 
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M'zab: Qui provoque les affrontements?  
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