Projet de révision de la loi électorale

Dix partis politiques créent un front du refus

El Watan, 21 juin 2007

Le projet de révision de la loi électorale n’a pas fini de susciter des réactions au sein de la classe politique.

Dernière réaction en date, celle de dix formations politiques, qui qualifient une telle entreprise de « second poignard en plein cœur de la fragile démocratie algérienne ». Signataires d’un même communiqué, les dix partis politiques, en l’occurrence MNE, MDS, MJD, PRA, RPR, ME, PST, MNND, FND et PRP, se sont réunis pour constituer un front contre « cette tentative d’agiter la stabilité et d’atteinte aux libertés ». Ces formations politiques estiment que le projet de révision tel qu’adopté par le Conseil des ministres du 13 juin dernier consacre une volonté de confiscation des droits politiques élémentaires « le but étant de revenir à l’ère de l’unipolarité politique orientée sous la forme d’une alliance partisane », indiquent les signataires. Ces derniers estiment qu’au lieu de s’interroger sur les raisons de la désaffection populaire lors des dernières législatives et de prendre les décisions qui s’imposent pour mettre fin à la fraude en consacrant une réelle neutralité de l’administration, les pouvoirs publics ont opté pour la pire des solutions en proposant un projet « réducteur pour les libertés et menaçant le multipartisme ». Souvent qualifiées de partis microscopiques, les dix formations politiques en appellent à la mobilisation de l’opinion publique ainsi qu’à toutes les forces politiques pour « constituer un mur face à cette opération initiée par ceux qui semblent ne pas apprendre les leçons du passé, oubliant que les forces visées par cette révision sont celles qui sont restées debout hier face aux ennemis du pays ». Dans leur communiqué commun, la dizaine de partis politiques se demande ce que cache cette révision « improvisée et empressée » d’un pilier de la Constitution à l’heure où le pays « s’apprête à organiser un scrutin important pour la vie démocratique ». Contestant les amendements apportés aux articles 82 et 109 de la loi électorale, le groupe des dix partis tient à s’élever contre le fait que ladite révision se base sur les résultats obtenus lors des précédents rendez-vous électoraux, « le droit ne se base pas sur la rétroactivité des lois », précise le communiqué commun. Il est à noter que d’autres formations politiques ont émis leurs réserves sur le projet de révision de la loi électorale, qu’ils qualifient aussi de menace sur le pluralisme politique. Si le RCD de Saïd Sadi estime que le but visé par la révision de la loi électorale « est l’inféodation des mairies en instrument de contrôle politique de la société », l’ANR de Rédha Malek considère que « ce projet consacrerait la réduction des libertés et la limitation des droits politiques des partis ».

Nadjia Bouaricha

 
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Elections 2007  
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