Son conseil national a entériné la convention-cadre entre les deux formations

Le FC de Menasra “se dissout” dans le MSP

Liberté, 8 janvier 2017

Les membres du conseil national du Front du changement (FC), réunis en session extraordinaire, hier, ont entériné la convention-cadre portant “alliance d’intégration” de cette formation avec le MSP dont l’instance consultative a, de son côté, donné son feu vert à cette fusion, vendredi dernier.
Cette formalité accomplie, un congrès rassembleur qui se tiendra durant le mois de mai, soit juste après les élections législatives, aura à prononcer la dissolution du FC sous la bannière du MSP. Les deux formations établiront, après ce congrès, des listes communes, “non pas suivant le système des quotas pour deux partis qui se partageraient les postes, mais en tant qu’un seul parti”, a indiqué le président du FC, Abdelmadjid Menasra. En présence du président du conseil national du MSP, Abdelkader Guedouda, et de cadres de ce parti, le président du FC a, dans son allocution d’ouverture, indiqué que cette réunification des deux formations de l’école du défunt Mahfoud Nahnah “n’est ni conjoncturelle ni un recours forcé, mais une union d’intégration qui sera concrétisée conformément aux statuts du MSP”. Et ce, avant de préciser que “la loi sur les partis a prévu les cas de scission mais pas les mécanismes d’intégration des partis”. Cette fusion est l’aboutissement d’une démarche qui a connu 44 mois de discussions et de concessions, de part et d’autre, a-t-il affirmé ajoutant qu’une “nouvelle ère” s’ouvre pour les deux formations, “celle de l’unité, de la force et de la maturité qui met fin aux divisions, à la marginalisation et à l’exclusion, qu’a vécues la scène politique en Algérie”. Dans ce sillage, le président du FC a estimé que les prochaines législatives constituent une occasion pour résoudre la crise que vit le pays, en appelant le pouvoir à “fermer toutes les portes devant l’anarchie et à ouvrir celles du changement à travers les urnes qui doivent êtres libérées de la fraude”. Car, a-t-il dit, “au moment où la légitimité du pétrole a tari, celle de l’histoire révolue et celle de la fraude dénudée, seule la légitimité des urnes compte aujourd’hui”. Menasra qui a ensuite soutenu la nécessité de préserver la stabilité du pays des menaces extérieures, a, toutefois, réaffirmé son désaccord avec le traitement qui est réservé à ces dangers, notamment par le recours excessif à l’évocation de “la main de l’étranger”, dans divers domaines, “y compris lors du scandale du baccalauréat”. Ainsi, s’agissant des récents événements qu’ont connus certaines wilayas, il relèvera la réaction tardive du gouvernement et épinglera la déclaration de Sellal qui a affirmé qu’“on ne connaît pas le printemps arabe, mais on connaît yennayer” qui, espère Menasra, relève d’un lapsus. Car, sinon, une telle déclaration est porteuse, selon lui, de germes de division entre les composantes du peuple alors qu’il ne saurait y avoir de stabilité sans l’unité du peuple. Dans ce sillage, il a estimé dans un message au pouvoir qu’il existe encore des lacunes porteuses de danger pour l’immunité du pays. À commencer par les protestations sociales qu’il considère comme un message que le pouvoir doit bien décrypter.

A. R.

 
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