Immigration clandestine: L'Algérie déclare la guerre à la maffia des passeurs

par Moncef Wafi, Le Quotidien d'Oran, 12 août 2017

  L'Algérie est déterminée à préserver la stabilité et la sécurité de ses frontières, a indiqué en substance Nouredine Bedoui, le ministre de l'Intérieur, des Collectivités locales et de l'Aménagement du territoire, à partir de In Salah.

La déclaration du ministre est une réponse aux préoccupations des maires des communes de cette wilaya déléguée sur l'augmentation de l'immigration clandestine qu'ils ont soulevées au cours d'une rencontre avec le représentant du gouvernement. Bedoui a également expliqué que la démarche sécuritaire de l'Algérie respecte les chartes internationales. Une indication qui a pour objectif de rassurer sur les mécanismes mis en place pour gérer ce dossier après le tapage médiatique qui a suivi les déclarations de Ouyahia et la confusion dans les versions officielles données.

Le patron du RND avait affirmé que l'immigration clandestine était une source de crimes, de trafic et d'autres fléaux. Un sujet hautement sensible qui a valu au pays d'être épinglé par les commissions des droits de l'homme et d'être critiqué par certaines ONG nationales qui ont été accusées, à leur tour, de servir des desseins étrangers. En juillet dernier, la présidente du Croissant-Rouge algérien (CRA), Saïda Benhabilès, a accusé, dans le dossier des migrants subsahariens, des ONG algériennes d'intelligence avec les ambassades étrangères accréditées en Algérie dans le but de «ternir l'image du pays». Le Premier ministre Abdelmadjid Tebboune avait, quant à lui, affirmé qu'«il y a des parties qui veulent ternir l'image de l'Algérie et lui coller l'étiquette de pays raciste». Le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, avait lui aussi souligné la menace des migrants «clandestins» subsahariens sur la sécurité nationale.

Le ministre de l'Intérieur a également tenu à rappeler que des «mesures strictes» ont été prises par la commission nationale chargée du dossier en vue d'éradiquer les réseaux criminels «qui se livrent au trafic et à l'exploitation des femmes et des enfants sur notre territoire, à des fins criminelles». Il indiquera par ailleurs que certains de ces criminels ont été arrêtés l'année dernière et qu'activant aux frontières avec le Niger et le Mali, ils travaillaient de concert avec des Algériens. Messahel avait aussi évoqué ces organisations: «Une mafia organisée comprenant des Algériens qui encadre les opérations de migration clandestine vers l'Algérie».

Pour rappel, un réseau à l'origine du flux migratoire clandestin de Nigériens en Algérie avait été démantelé en 2016, avait rapporté le ministre de l'Intérieur, de la Sécurité publique, de la Décentralisation et des Affaires coutumières et religieuses du Niger, Mohamed Bazoum qui avait précisé que sa tête pensante se trouvait à Tamanrasset. Les autorités de Niamey soupçonnaient l'existence de réseaux criminels nigériens qui exploiteraient ces personnes alors qu'un réseau spécialisé dans la traite d'enfants avait été démantelé à Tamanrasset et ses membres, des étrangers, ont été arrêtés par les services de sécurité algériens.

Niamey avait également expliqué que ses services de sécurité avaient découvert des réseaux criminels qui exploitaient notamment les enfants et les femmes dans la mendicité et la prostitution. L'Algérie a d'ailleurs recensé 6.000 enfants mineurs non accompagnés et 3.000 femmes seules exploitées dans le cadre de la prostitution.

 

 
Version imprimable
Criminalisation de la migration  
www.algeria-watch.org