Ministres arabes de l'Intérieur à Alger : La lutte contre le terrorisme en point de mire

par R. N., Le Quotidien d'Oran, 11 mars 2015

La 32e session du Conseil des ministres arabes de l'Intérieur s'ouvre aujourd'hui à Alger au moment où l'Algérie connaît une activité diplomatique très soutenue consacrée notamment à la crise en Libye et à la lutte contre le terrorisme.

La lutte contre le crime organisé transnational et le terrorisme seront abordés sous l'œil du raffermissement «de la coopération interarabe» comme l'a suggéré récemment le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, Tayeb Belaiz, en prévision de cette 32e session du Conseil des ministres arabes de l'Intérieur. Précisant qu' «aucun Etat, quelle que soit sa force ou sa richesse, ne peut lutter seul contre cette forme de criminalité».

Les ministres arabes de l'Intérieur discuteront probablement de «la mise en place de cadres juridiques et de mécanismes nouveaux, en complément à ceux déjà existants, aptes à renforcer l'échange, souple et efficace, des informations, de l'expertise et des expériences dans les domaines de la formation et de l'entraînement notamment concernant les formes actuelles de criminalité», a-t-il expliqué. La rencontre qui s'étalera sur deux jours se déroulera dans un contexte arabe «particulier» qui appelle «à plus d'efforts dans la coopération arabe dans les différents domaines de l'action sécuritaire pour faire face aux mutations et aux évènements sur la scène régionale et internationale et plus spécialement les menaces sécuritaires actuelles et à leur tête le phénomène du terrorisme», a poursuivi M. Belaiz pour qui la session d'Alger constituera une opportunité pour évaluer tout ce qui a été réalisé dans le domaine de la coopération sécuritaire et toutes les stratégies et plans sécuritaires, notamment en matière de lutte contre le terrorisme, et aussi de rechercher de nouveaux mécanismes adaptés à la lutte contre la criminalité, sous ses diverses formes et particulièrement le crime organisé, et de prospecter également de nouvelles voies pour affronter efficacement le terrorisme, le circonscrire et tarir les sources de son financement.

LA DROGUE, UN GRAND RISQUE

Pour M. Belaiz les Etats arabes «ont une parfaite conscience des grands risques que représente le phénomène de la drogue, qui est devenu aujourd'hui l'un des plus grands risques auxquels sont confrontés autant la communauté internationale que les pays arabes, notamment du fait de son interconnexion avec les autres types de crime organisé, qui ne sont pas de moindre danger, tels que le terrorisme et son financement, la contrebande et le blanchiment d'argent».

«Par ailleurs et nonobstant la création de banque de données et de fichiers, l'émission de listes noires des bandes de trafiquants de drogue et la diffusion d'avis de recherche concernant les personnes impliquées ou condamnées dans des affaires de drogue, les Etat arabes ont adopté nombre de mécanismes à même de permettre la lutte contre ce fléau, tels que la stratégie arabe de lutte contre l'usage illicite des drogues et des psychotropes et les plans périodiques de sa mise en œuvre», avait précisé M. Belaiz.

En outre, la coopération interarabe concerne également l'émigration illégale «du fait surtout de son interconnexion avec les autres formes de criminalité telles que le trafic d'armes, la drogue et la traite des humains». La coopération dans la lutte contre la cybercriminalité sera également au menu.

LES ZONES DE CONFITS

Lutter contre toutes ces formes de criminalité devrait s'accompagner par un travail diplomatique pour résorber les zones de conflit. C'est en ce sens que l'Algérie a accueilli hier les travaux de la réunion regroupant des chefs de partis et des militants politiques libyens sous l'égide des Nations unies en vue de trouver une solution politique à la crise en Libye. La réunion s'inscrit dans le cadre des efforts soutenus de l'Algérie pour réunir les parties libyennes autour de la table de dialogue afin de parvenir à une solution politique à la crise politique et sécuritaire dans ce pays aggravée par l'existence de deux gouvernements et de deux parlements se disputant le pouvoir. L'Algérie «n'a ménagé aucun effort pour accompagner les frères en Libye et a œuvré à unifier les rangs et trouver une issue à la crise dans ce pays», a déclaré hier le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel.

 
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