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17 morts dans un attentat à la voiture piégée à Damas Message explosif et sanglant à la Syriepar M. Saâdoune, Le Quotidien d'Oran, 28 septembre 2008 Un attentat, le plus sanglant depuis les années 1980, a fait dix-sept morts et 14 blessés, hier, à Damas. Une voiture bourrée de 200 kilogrammes d’explosifs a éclaté dans une rue passante, non loin d’un poste des services de sécurité, à une intersection menant à l’aéroport international de Damas et à la tombe de Sayyida Zeïnab, un haut lieu de pèlerinage chiite, où des flots de pèlerins chiites en provenance de l’étranger se rendent quotidiennement. Alors que les condamnations affluaient de l’étranger, les autorités syriennes s’abstenaient de désigner les auteurs possibles de l’attentat. «Il est clair que c’est une opération terroriste qui a visé une région bondée de gens. Et malheureusement, toutes les victimes sont des civils», a déclaré à la télévision syrienne le ministre syrien de l’Intérieur, le général Bassam Abdel Majid. «Nous ne pouvons montrer du doigt une partie précise mais l’enquête dirigée par l’unité de lutte antiterroriste nous mènera aux responsables». La télévision syrienne, relayée par les chaînes arabes, a montré le lieu de l’attentat et les dégâts occasionnés. Le déploiement, il y a quelques jours, de quelque 10.000 membres des forces spéciales le long de la frontière avec le Liban, montre que les autorités syriennes s’attendaient à une attaque terroriste. Les autorités syriennes avaient expliqué que ce déploiement ne visait pas le Liban. «Ce sont des mesures de sécurité internes qui ne dépassent pas le territoire syrien», a expliqué un porte-parole militaire libanais. Le fait qu’un attentat ait pu avoir lieu ne manquera pas de susciter quelques interrogations sur l’efficacité des services de sécurité syriens qui ont enregistré, ces derniers mois, des échecs inquiétants. En février dernier, Imad Moughnieh, chef militaire du Hezbollah, a été tué à Damas, dans un attentat à la voiture piégée où la responsabilité du Mossad et sans doute de la CIA paraît évidente. Depuis, d’autres liquidations ont eu lieu, celle du général Mohammed Sleimane, tué à Tartous début août, et de deux cadres de niveau intermédiaire du Hamas...
Services, barbouzes et djihadistes
Ces failles et défaillances des services de sécurité sont d’autant plus fâcheuses que le nombre des commanditaires possibles de l’attentat sanglant d’hier est très large. A plus forte raison, depuis que la Syrie, au grand dam d’Israël, et de certains courants libanais liés aux Américains et aux Saoudiens, est parvenue à briser son isolement. Elle l’a fait sans avoir à rompre son alliance stratégique régionales avec l’Iran malgré les pressions américaines et israéliennes. Le Liban, haut lieu de l’activité des services secrets étrangers de tout bord et où des groupes de djihadistes sont instrumentalisés, est une base de départ probable pour des actions terroristes en territoire syrien. Dans la poudrière permanente du Proche-Orient, les commanditaires et auteurs possibles de l’attentat ne manquent pas. A commencer par Israël, même si la presse occidentale veillera, comme d’habitude, à en occulter jusqu’à la possibilité théorique. Outre Israël, un terrorisme lié à la nébuleuse d’Al-Qaïda est assez actif. Il a le Liban comme base d’action, mais aussi un Irak plongé dans une guerre sans fin depuis l’occupation américaine. A ce tableau des commanditaires et auteurs potentiels, vient se greffer une solide inimitié, en raison du dossier libanais, entre Damas et Ryad. Mais la tendance la plus lourde est celle des pressions occidentales et israéliennes maniant la carotte et le bâton pour casser l’alliance avec l’Iran. Le fait est que les «offres» faites à Damas sont si peu intéressantes que la Syrie aurait tort d’abandonner, au nom du «réalisme», des alliances (Iran, Hezbollah) qui lui ont évité d’être complètement hors jeu de l’échiquier régional. C’est autour de cet enjeu stratégique que peuvent se construire des coups tordus. L’on peut même envisager qu’Israël puisse exploiter, avec l’appui de mains arabes, les djihadistes de la nébuleuse salafiste. Il n’est pas inutile de rappeler que de fortes suspicions pèsent encore sur le clan des Hariri dans le financement du groupe Fatah Al Islam. Ces groupuscules sont d’autant plus facilement manipulables que depuis des années, on assiste à une instrumentalisation forcenée du thème de la menace chiite et iranienne par les médias du Golfe. Le fait que l’attentat ait eu lieu à proximité de la mosquée de la Sayyida Zeïnab, haut lieu de pèlerinage chiite, est en tout cas révélateur. Le Liban et l’Irak, pays limitrophes où les services et barbouzes sont très actifs, sont à des sources de nuisance réelle et non théorique. Il faut se rappeler, les Syriens ont beau avoir collaboré dans la «global War», ils n’en sont pas moins régulièrement pris à partie par l’administration Bush. Au coeur d’une zone de fracture majeure, la Syrie vient de recevoir un message explosif et sanglant. |
La guerre contre le Liban et la Palestine | ||||
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www.algeria-watch.org
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