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La preuve par El-DjaziraLes Débats, 3-9 aout 2005 Au lieu de dénoncer la chaîne satellitaire pour l’odieuse manipulation qui a conduit Ali Belhadj derrière les barreaux, c’est l’Etat algérien qui est, une fois encore, pointé du doigt. Comme si tout autre Etat que celui-là aurait pu faire l’impasse sur des propos, certes tronqués, mais d’une exceptionnelle gravité dans un contexte aussi sensible et des circonstances aussi dangereuses qui ont abouti à la mort de deux de nos représentants à l’étranger. Mieux que cela, c’est Al-Djazira elle-même qui revient à la charge le lendemain en reprochant aux autorités algériennes d’avoir fait leur travail, et qui passe sous silence son propre travail de désinformation avec l’assentiment tacite des gens du FIS dissous. Le sale coup qui vient d’être fait à Ali Belhadj par la chaîne de télévision satellitaire El-Djazira est certainement la preuve la plus éclatante qui se pouvait imaginer de la duplicité d’un média qui a de tout temps utilisé l’islamisme pour porter tort à l’Algérie, à son Etat et à son peuple. Manipulé serait en fait un terme plus exact, mais qu’il a toujours été assez difficile de faire admettre aux islamistes algériens, convaincus que le soutien que leur apportent certains médias étrangers ou même certains gouvernements, tenait à des questions de principe, pour ne pas dire à une communauté de convictions politiques ou religieuses. Force est, pour les gens du FIS, de se poser aujourd’hui quelques questions de fond à défaut de songer à des révisions déchirantes. A commencer par celle qui consiste à se demander pourquoi et comment les journalistes d’Al-Djazira ont amené Ali Belhadj à faire une déclaration quelques heures seulement avant l’odieux assassinat de nos deux diplomates enlevés. Pourquoi l’ont-ils laissé lire une longue déclaration de principe, qui ne faisait rien d’autre que rappeler les positions de principe traditionnelles du FIS et qui se fondent sur un oppositionnisme forcené à l’égard de l’Etat algérien, avant de couper son intervention au moment où il allait adresser une supplique aux ravisseurs. La manipulation est si grosse et le piège si évident qu’il est à se demander si les gens du FIS dissous n’ont pas en vérité un gros problème psychologique qui les empêche de reconnaître leurs erreurs même lorsqu’elles sont de nature à mettre en péril leur propre existence, tant politique que physique. Le fait est qu’au lieu de dénoncer la chaîne satellitaire pour l’odieuse manipulation qui a conduit Ali Belhadj derrière les barreaux, c’est l’Etat algérien qui est, une fois encore, pointé du doigt. Comme si tout autre Etat que celui-là aurait pu faire l’impasse sur des propos, certes tronqués, mais d’une exceptionnelle gravité dans un contexte aussi sensible et des circonstances aussi dangereuses qui ont abouti à la mort de deux de nos représentants à l’étranger. Mieux que cela, c’est Al-Djazira elle-même qui revient à la charge le lendemain en reprochant aux autorités algériennes d’avoir fait leur travail, et qui passe sous silence son propre travail de désinformation avec l’assentiment tacite des gens du FIS dissous, dont pas un seul n’a jugé utile de relever le jeu pervers de la chaîne. Comme nous pouvons difficilement imaginer que Ali Belhadj ait pu, d’une manière ou d’une autre, se mettre consciemment dans une situation aussi délicate ou que ses camarades aient pu être complices d’une telle machination, il reste comme seule explication que nous avons effectivement affaire à des gens d’une totale absence d’intelligence politique qui sont fondamentalement incapables de distinguer leurs amis de leurs ennemis et qui ne savent pas déceler les limites ni même l’existence d’un danger. Au point qu’il serait plus judicieux de songer à envoyer Ali Belhadj et ses amis dans un établissement scolaire spécialisé apte à refaire entièrement leur formation intellectuelle. A leur apprendre les rudiments de la logique, de la rationalité, de la méthode et du simple bon sens, plutôt que de les envoyer encore en prison où ils ne feront que s’enfoncer un peu plus dans la haine et l’aveuglement. Tant il est vrai que douze longues années d’incarcération n’ont guère réussi à faire évoluer d’un iota un individu qui fonctionne à la base avec de mauvais instruments de navigation. Ne comprenant rien ni à la logique ni à la rationalité, ne bénéficiant d’aucune culture institutionnelle et ne sachant pas faire la différence entre une organisation qui existe pour de vrai et une autre qui n’est que le fruit de savants et diaboliques montages, il soutient indistinctement tout ce qui se proclame contre l’Etat algérien. Hier le GIA, aujourd’hui El-Zerqaoui, il lui suffit de les imaginer en train de dépecer le corps d’un de ses concitoyens vêtu de l’uniforme de l’ANP pour applaudir sans même se donner le temps de réfléchir. Pourtant, il a lui-même porté cet uniforme pour demander à aller combattre en Irak, en 1990. Illogique, une fois encore. Le problème étant de savoir comment se comporter avec des gens qu’on a laissé gagner une telle dimension politique(par calcul) et qui constituent aujourd’hui encore un véritable danger pour eux-mêmes et pour les autres. La répression, si elle s’impose dans le cadre du respect des lois de la République, ne réglera pourtant pas à elle seule le problème. On ne fait pas avancer un enfant en difficulté scolaire avec des coups de pied au derrière. C’est pour cette raison que la réconciliation nationale paraît être un bon moyen pour désamorcer une bombe qui ignore elle-même qu’elle est une bombe qui peut exploser à la moindre manipulation. A. M. |
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www.algeria-watch.org
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