Ghardaïa : plusieurs morts dans de nouveaux affrontements

Sonia Lyes, TSA, 7 juillet 2015

Deux membres de la communauté arabe, Akaka Belkhir (40 ans) et Fmamnia Tahar (35 ans), ont été tués ce matin dans le quartier Baba Saâd, à Berriane à une quarantaine de kilomètres au nord de Ghardaia. Un policier, percuté par une voiture, a été grièvement blessé, a-t-on appris de sources locales.

Par ailleurs, un jeune de 22 ans, blessé dans la nuit de lundi à mardi, a succombé à ses blessures dans la ville de Guerara (120 km au nord-est du chef lieu de Ghardaia) alors qu’un octogénaire est mort suite à l’inhalation du gaz lacrymogène.

Selon notre source, la RN 1 est coupée à la circulation alors que des colonnes de fumée montent du quartier Kef Hamouda. Un semi-remorque appartenant à des mozabites a été, par ailleurs, incendié. « Il parait que des armes sont mêmes utilisées », selon cette source.
La police refuse d’intervenir

Les éléments des Unités républicaines de sécurité (URS) ont refusé d’intervenir dans les échauffourées qui ont repris entre les deux communautés mozabite et malékite. « Ce n’est pas une grève, mais ils dénoncent le manque de moyens », a précisé cette source.

« Les affrontements sont directs entre les deux communautés. Les services de sécurité se sont retirés. On se demande pourquoi », s’interroge, de son côté, Me Dabouz, responsable d’une aile de la LADDH. Mais d’après ces deux sources, des convois de la gendarmerie ont été acheminés, sur demande des notables, vers Berriane pour intervenir et restaurer le calme.

« Plusieurs citoyens (mozabites) réclament la construction de murs de séparation, mais les autorités, à leur tête le chef de Daïra, refusent. Au quartier Feraâ, on a construit un mur de protection », raconte Dabouz qui explique l’incapacité des policiers à maîtriser la situation par le fait que « beaucoup de policiers ne sont pas bien formés, tandis que d’autres, issus de la région, s’impliquent dans le conflit ».
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Affrontements à Ghardaïa : l’Armée s’implique

Sonia Lyes, TSA, 7 juillet 2015

Le commandant de la 4e région militaire, le général-major, Cherif Abderazak, s’est rendu, ce mardi 7 juillet, à Ghardaïa pour s’enquérir de la situation qui prévaut dans la région après la mort de trois personnes jeune dans des affrontements à El-Guerrara et à Berriane.

« Suite aux événements qu’a connus la région d’El Guerrara à Ghardaïa à l’aube d’aujourd’hui 7 juillet 2015, où l’on déplore le décès d’un jeune âgé de 17 ans et la blessure de deux autres et en exécution des instructions du Haut Commandement visant à renforcer les efforts menés par les différentes institutions officielles et les représentants de la société civile afin de réconcilier, renforcer la cohésion sociale et faire régner la quiétude dans la ville, le commandant de la 4e région militaire, le général-major Cherif Abderazak, s’est rendu, aujourd’hui, dans la ville de Ghardaïa où il s’est enquis de la situation », selon un communiqué du Ministère de la défense nationale publié aujourd’hui.

L’officier supérieur a tenu une réunion afin de « réajuster le plan sécuritaire et coordonner les efforts visant à éviter la récurrence de tels incidents et à prévaloir la sécurité et la stabilité dans la région de Ghardaïa », précise la même source.

« Le commandant de la 4e région militaire a également tenu, au siège de la wilaya, une rencontre avec les acteurs concernés par l’opération d’apaisement et de rétablissement de la sécurité et du calme à Ghardaïa », ajoute le communiqué du MDN.

Le général-Major Cherif Abderazak jouit d’une bonne réputation à Ghardaïa où les mozabites réclament depuis longtemps le déploiement de l’armée au détriment de la police dont des éléments sont régulièrement accusés de s’impliquer dans le conflit communautaire.

 
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M'zab: Qui provoque les affrontements?  
www.algeria-watch.org