Ghardaïa : L’ICSO exige une commission d’enquête indépendante

Réunis jeudi soir dans le cadre de l’ICSO, les partis et les personnalités de l’opposition exigent la constitution d’une commission d’enquête indépendante pour faire la lumière sur les événements tragiques de Ghardaïa.

Par Tarek Hafid, Impact24, 10 juillet 2015

La situation à Ghardaïa était l’unique point inscrit à l’ordre du jour de la réunion de l’Instance de concertation et de suivi de l’opposition (ICSO) qui s’est tenue cette nuit au siège de Talaiou El Houriyet.

Au terme de cette rencontre, les membres de l’ICSO ont adopté à la majorité absolue un communiqué comportant cinq mesures : «Inviter les citoyens de Ghardaïa à adopter une approche privilégiant la sérénité, le dialogue et à la coexistence ; l’envoi d’une délégation de l’opposition pour exprimer leur solidarité avec les citoyens de la région ; exiger la constitution d’une commission d’enquête indépendante constituée de personnalités nationales pour faire la lumière sur les événements et relever les insuffisances ; initier un programme de travail afin de sensibiliser les citoyens sur les menaces qui pèsent sur l’Etat algérien du fait de la vacance du pouvoir ; l’opposition décrète un deuil national en l’absence de l’adoption d’une position semblable par le pouvoir». Le communiqué final précise également que l’opposition fait porter au pouvoir «l’entière responsabilité» des événements tragiques qui se sont produits dans la région de Ghardaïa.

Tournant dangereux

Une dizaine d’intervenants ont pris la parole au cours de cette rencontre ouverte à la presse. A l’instar de Me Salah Dabouz, le président du bureau de la Ligue algérienne des droits de l’homme. «Nous suivons la situation dans la région de Ghardaïa depuis les événements de novembre 2013. Mais ce qui s’est produit ces derniers jours est un tournant dangereux qui se caractérise par l’usage d’armes automatiques et l’absence totale d’intervention des forces de sécurité». Le représentant de la LADDH cite le cas du quartier de Baba Sâad qui est resté sous le contrôle total de criminels durant 48h sans que la police et la gendarmerie n’interviennent. Pour Tahar Benbaïbeche, il n’y a que deux explications aux événements qui se produisent à Ghardaïa : «Soit le pouvoir est dans l’incapacité de gérer la situation, soit il est l’initiateur de ce drame. Dans les deux cas, ce pouvoir n’a plus lieu d’être». Une idée partagée par Me Ali Yahia Abdenour qui a plaidé pour un programme d’action rapide de l’opposition afin de «mettre un terme à la dictature».

Aveu d’impuissance

De son côté, Ali Benflis a estimé que la vacance du pouvoir est une des raisons principales de l’inaction des autorités. Le président de Talaiou El Houriyet a dénoncé l’absence de réaction d’Abdelaziz Bouteflika face a un drame qui a endeuillé toute l’Algérie. «La crise que traverse Ghardaïa prouve que la vacance du pouvoir est un danger pour la sécurité du pays». Selon Benflis, la réaction de la présidence de la République est une «preuve de carence» et un «aveu d’impuissance » dont fait preuve Abdelaziz Bouteflika.

T.H.


L'opposition appelle au calme et tient le pouvoir pour responsable

par R. N., Le Quotidien d'Oran, 11 juillet 2015

Réunie, jeudi soir, au siège de Talaiou El-Houriat, le parti de Ali Benflis, l'Instance de Concertation et de suivi de l'opposition (ICSO), composée de plusieurs formations politiques et de personnalités de l'opposition, a jeté l'entière responsabilité de la crise de Ghardaïa, sur le pouvoir. Prévue depuis la fin juin, la réunion de jeudi a été, entièrement, consacrée à la situation qui prévaut dans cette région du sud du pays. Dans un communiqué clôturant la réunion, l'ICSO estime que «ce qui se passe à Ghardaïa et ses implications pour l'unité nationale relève de l'entière responsabilité du pouvoir». Pour l'ICSO, le pouvoir a commis une «grave erreur d'évaluation de la situation à Ghardaïa» et «a abandonné son devoir constitutionnel de protéger les citoyens et leurs biens». Le pouvoir est, également, accusé «d'ignorer les faits» et d'avoir tenté de «traiter la situation» avec «des mesures ayant compliqué la situation» au lieu de mettre en place des «solutions politiques».

L'instance considère que le déficit, dans le traitement de la crise de Ghardaïa, «est la manifestation de la crise de la gouvernance» dans le pays.

Par ailleurs, s'adressant aux citoyens de Ghardaïa, l'ICSO les appelle à «adopter une approche calme, de dialogue et de coexistence», de rester «vigilants» pour «empêcher ceux qui souhaitent exploiter ces différences, à l'intérieur et à l'extérieur et d'essayer de saper l'unité de la nation». L'opposition a, également, décidé de former une «délégation des membres de cette Instance, pour aller à Ghardaïa, afin d'exprimer leur solidarité avec les citoyens de la région et examiner la situation».

L'ICSO appelle, également, à la «constitution d'une commission d'enquête indépendante» composée de «personnalités nationales» afin de mettre à jour «les vérités» de ce qui se passe à Ghardaïa et les présenter à l'opinion publique nationale et «relever les insuffisances enregistrées dans le traitement de ces événements».

L'opposition réclame «le déploiement, sur le terrain, d'un programme de travail dans le but de sensibiliser les citoyens sur les menaces qui pèsent contre l'Etat algérien et dont l'origine est la vacance à la tête du pouvoir».

Enfin, l'Instance de Concertation et de suivi de l'opposition (ICSO), «se considère en deuil national» pour la situation que vit Ghardaïa et regrette l'absence d'une position similaire de la part des autorités.

 
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M'zab: Qui provoque les affrontements?  
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