Malgré l’appel des intellectuels, artistes et militants sociaux

Kamel Eddine Fekhar maintient la grève de la faim

Liberté, 13 mars 2017

Malgré l’appel de nombreux intellectuels, artistes et autres journalistes et militants associatifs, le défenseur des droits de l’Homme, Kamel Eddine Fekhar, a décidé de poursuivre sa grève de la faim entamée le 3 janvier dernier. “Je ne vais pas critiquer la pétition. Je remercie profondément tous ceux qui s’inquiètent de ma situation, mais je ne vais pas arrêter la grève de la faim car c’est le seul moyen pour me défendre, pour faire entendre ma voix”, a affirmé, hier, Kamel Eddine Fekhar à son avocat, Me Salah Dabouz, qui lui a rendu visite à l’hôpital de Laghouat. Selon l’avocat, le prévenu est “fatigué, conscient mais déterminé”. Dans leur texte, les signataires de l’appel demandent de “manière fraternelle” à Fekhar de “cesser immédiatement” sa grève de la faim. “Cette cessation de la grève de la faim n’est nullement un renoncement ou une résignation face à son injuste incarcération et à celle de ses camarades, qui durent depuis plus de 18 mois, sans jugement. Bien au contraire, elle participe du souci de la continuité du combat pour la dignité, sachant qu’il y a d’autres formes de lutte qui ne mettent pas en péril sa vie et celles de ses camarades”, écrivent-ils en s’appuyant sur le sort tragique de Mohamed Tamalt pour justifier leur démarche. “La mort tragique de Mohammed Tamalt en prison, à la suite d'une grève de la faim qui a causé une dégradation fatale de son état de santé, a démontré à quel point le pouvoir, autoritaire et répressif, méprise la vie humaine”, soutiennent les signataires parmi lesquels des figures de renom, à l’image de l’historien Mohamed Harbi ou encore des avocats, Me Bouchachi et Me Benissad, et des intellectuels, tels que Nacer Djabi, Khaoula Brahimi et Mouloud Lounaouci. Mais pour Fekhar, la poursuite de la grève demeure l’unique option dans la mesure où il estime qu’“il subit une injustice au vu et au su de toute le monde, y compris des institutions”, selon Me Dabouz. “Ni les institutions politiques, ni sécuritaires, ni judiciaires ne sont sensibles à ma situation”, lui aurait affirmé Fekhar. “Je suis désespéré des autorités algériennes. Je compte seulement sur la solidarité de mes concitoyens et des institutions internationales”, lui aurait-il ajouté. Fekhar plaide toujours pour une enquête indépendante sur les événements de Ghardaïa. Par ailleurs, Me Dabouz a également rendu visite à un autre détenu, Abouna Brahim, dont l’état de santé semble s’être détérioré. “Il va, peut-être, être déplacé dans les prochains jours à Alger”, selon Me Dabouz.

Karim Kebir

 
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M'zab: Qui provoque les affrontements?  
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