Evénements de Ghardaïa : Deux arrestations et des armes à feu saisies

par Moncef Wafi, Le Quotidien d'Oran, 8 août 2015

En parallèle des initiatives politiques et sociétales pour dénouer la crise de Ghardaïa, les services de sécurité, tous corps confondus, continuent de démanteler les bandes armées susceptibles d'avoir participé aux événements qui ont plongé la vallée du M'zab dans le sang et l'effroi. Mercredi dernier, et selon la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), deux personnes en possession d'armes à feu artisanales ont été arrêtées et plusieurs équipements, dont cinq fusils artisanaux, ont été saisis dans différents endroits de la wilaya de Ghardaïa par la police. Travaillant sur informations, les éléments de la sûreté de wilaya ont mené des perquisitions et saisi des équipements utilisés dans les derniers actes de violence enregistrés dans la région. Parmi les saisies, et outre les cinq fusils artisanaux, on retrouve de la poudre, des armes blanches, des casques et des masques à gaz.

Les deux personnes appréhendées sont suspectées d'être impliquées dans les actes de violence, de vandalisme et d'agressions lors des événements de Ghardaïa, Guerrara et Berriane.

Ces arrestations succèdent aux 30 individus interpellés le 11 juillet dernier, objets de mandats de justice, et à la saisie «d'armes blanches, de projectiles en fer, d'une quantité d'essence et de bouteilles en verre utilisées pour la fabrication de cocktails Molotov» utilisés lors des affrontements qui ont fait 23 morts (20 à Guerrara, 2 à Berriane et 1 à Ghardaïa) ainsi que des dizaines de blessées.

Rappelons que le 9 juillet les services de police ont arrêté 27 personnes «pour atteinte à l'ordre public et à la sécurité des citoyens et des biens» et saisi «des dizaines d'armes blanches de différents types, ainsi qu'une quantité importante de cocktails Molotov». Le même mois, sept autres personnes ont été arrêtées à la faveur des investigations menées à la recherche de suspects impliqués dans les tueries. La perquisition de six domiciles suspects ont permis aux policiers de mettre la main sur des armes blanches et des armes à feu artisanales et leurs accessoires.

Par ailleurs, les barrages dressés par les services de police au niveau des entrées et des sorties de la ville de Berriane ont permis d'intercepter un véhicule transportant des armes blanches. Plus de 110 personnes ont ainsi été interpellées à Ghardaïa, Guerrara et Berriane par les services de sécurité. Les enquêtes se poursuivent toujours pour déterminer les circonstances de la mort des 23 victimes de la tragédie de Ghardaïa. Sur le plan juridique, des peines entre 2 à 3 ans de prison ferme ont été prononcées par le tribunal correctionnel de Ghardaïa à l'encontre de dix personnes présumées impliquées dans ces événements, tandis que 25 autres prévenus, présentés devant le tribunal, attendent le verdict. Ces personnes ont été toutes interpellées et inculpées pour «attroupement armé sur la voie publique», «possession et utilisation d'armes lors des attroupements» et «outrage et violence contre les forces de maintien de l'ordre». Les événements de Ghardaïa continuent toujours de mobiliser le gouvernement et Noureddine Bedoui, le ministre de l'Intérieur, a récemment appelé, lors de l'installation du nouveau wali de la vallée du M'zab, les Ghardaouis à soutenir les «efforts considérables» consentis par les institutions militaire et civile pour assurer la sécurité et la stabilité et aussi à faire barrage à la discorde et à dépasser leurs différends. Il avait promis que l'Etat allait assurer tous les moyens matériels et les ressources humaines pour accompagner les programmes de développement destinés à la wilaya de Ghardaïa afin de rattraper le retard accumulé en termes de développement dans la région.

 
Printable version
M'zab: Qui provoque les affrontements?  
www.algeria-watch.org