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Selon des responsables maliens reçus par les autorités algériennes “Une solution pacifique est bien possible”Par : Farid Abdeladim, Liberté, 30 mai 2012 L’Algérie ne peut que se féliciter de “la vision partagée de la majorité de ces acteurs sur le maintien de l’unité et de l’intégrité du Mali”. Nord du Mali : “Une solution pacifique au problème de l’Azawad est bien possible”. L’affirmation émane de hauts responsables maliens reçus cette semaine par les autorités algériennes dans l’objectif de trouver une issue à la crise du Mali. Réaffirmant son rôle de médiateur historique exprimé lors des différentes crises au nord du Mali, l’Algérie a, en effet, entrepris, depuis quelque temps, une série de rencontres avec différents acteurs de ce pays, dont de hauts responsables militaires et politiques, et des représentants de la société civile. “Notre visite a pour objectif d’explorer les possibilités d’un retour rapide de la paix et le rétablissement de la sécurité au Mali”, confirment les invités des autorités algériennes, dont deux hauts gradés de l’Armée malienne et un diplomate. Lors de cette rencontre informelle, l’accent a été mis notamment sur “la nécessité de la concertation pour l’ouverture rapide d’un dialogue positif avec toutes les parties prenantes, les représentants de l’ensemble des composantes ethniques (Touareg, Sonrhaïs, Arabes et Peulhs)”. Et l’Algérie ne peut que se féliciter de “la vision partagée de la majorité de ces acteurs sur le maintien de l’unité et de l’intégrité du Mali”. Selon nos sources, l’ensemble des acteurs s’étant préoccupé de “la situation alarmante des populations qui ont fui les exactions” que ne cessent de commettre, notamment au nord du Mali, les groupes armés y imposant leur diktat depuis l’effritement de l’État malien, résultat du putsch du 22 mars. Comment faut-il agir pour que la paix revienne rapidement dans le nord du Mali ? Pour les personnalités maliennes reçues à Alger, l’unique voie salutaire consiste en l’engagement d’un dialogue élargi aux représentants réels des populations, et non pas aux groupes armés terroristes (Aqmi et Mujao) et leurs complices. Les invités d’Alger, alertent, en effet, contre le danger de toute solution se limitant aux groupes armés lesquels ne représentent guère les habitants du nord du Mali. “Les groupes armés ne représentent pas la population ; ces groupes disparates ont des objectifs totalement différents avec les aspirations du peuple malien”, insistent nos interlocuteurs. En ce sens qu’ils dénoncent l’imposition de la charia par Aqmi au Mali. Les responsables maliens s’indignent à ce titre “des restrictions sur la pratique de l’islam tolérant, en l’occurrence l’islam pratiqué pendant des siècles et qui a fait le rayonnement des cités de Tombouctou et Gao”. Par la même occasion, les acteurs maliens ont exprimé à l’Algérie la nécessité de trouver une solution aux deux grands fléaux que sont le terrorisme et le crime organisé, (enlèvement, drogue, trafic d’armes, vandalisme…). D’où leur appel à “la synchronisation de toutes les bonnes volontés et la sensibilisation de la communauté internationale en vue de trouver une solution rapide et durable à la crise”. Ceci, non sans exprimer leur souhait de voir l’Algérie jouer “un rôle central et déterminant”, en sa qualité du pays le plus influent parmi les quatre pays du champ, (Algérie, Niger, Mali et Mauritanie). “Les émissaires” maliens s’opposent catégoriquement à l’option de faire intervenir la Cédéao pour le règlement de la crise malienne. “L’intervention militaire de la Cédéao est le pire des maux qui puisse arriver à notre pays” avertissent-ils. Tout en remerciant le gouvernement et le peuple algériens pour leur rôle joué par le passé, ils souhaitent naturellement que “l’Algérie poursuive son accompagnement au peuple du Mali dans le futur”. F A La crise malienne inquiète Washington L’ambassadeur US chez MessahelPar : Farid Abdeladim Le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, M. Abdelkader Messahel, a reçu à Alger, l'ambassadeur des États-Unis en Algérie, M. Henry Ensher. “L’entretien a permis de passer en revue l'état de la coopération bilatérale et d'échanger des vues et analyses sur la situation qui prévaut au Mali et dans la région du Sahel dans son ensemble”, précise le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. Le laïus de M. Messahel, ajoute la même source, a porté essentiellement sur “l’approche algérienne pour le règlement de la crise au Mali ainsi que pour le renforcement de la coopération entre les pays du champ et leurs partenaires de la communauté internationale”. Le but recherché étant d’aider le Mali à “hâter le parachèvement du processus constitutionnel et d'aider à la consolidation des institutions nationales maliennes”. L’approche algérienne, selon les explications fournies par M. Messahel à l’ambassadeur des USA, consiste notamment en la “recherche d'une solution politique à la question du nord du Mali dans le cadre du respect de l'intégrité territoriale du pays”. Il convient de rappeler que la même approche a été auparavant exposée par le ministre délégué, dimanche dernier à Alger, devant la délégation des chefs de missions diplomatiques européennes accréditées en Algérie. Là aussi, il était question, en effet, de développer l’approche et les initiatives algériennes visant “le règlement de la crise au Mali ainsi que le renforcement de la coopération entre les pays du Champ et leurs partenaires de la communauté internationale, dans la lutte contre le terrorisme, le crime organisé et les trafics en tout genre qui sévissent dans la région”. En effet, et ce n’est un secret pour personne, la menace réelle au Nord Mali reste incontestablement la nébuleuse Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui a récupéré d’importants lots d’armes en provenance de Libye. Mais, diantre, comment se fait-il que tout cet arsenal, dont des lots d’armes lourdes, a pu être acheminé des territoires libyens jusqu’au nord du Mali sans que les commanditaires ne soient à aucun moment inquiétés ? La question reste posée… F. A.
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Le Sahel sur fond de lutte géopolitique | ||||
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www.algeria-watch.org
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