LORS DE LA RENCONTRE D’ALGER

Patrons algériens et français scellent leur alliance

Le Soir d'Algérie, 10 février 2018

Pari gagné pour le patronat algérien. En effet, la rencontre qui a regroupé durant plus de dix heures hommes d’affaires algériens, adhérents au FCE, et ceux du Medef, a été qualifiée par la partie algérienne de très «bénéfique». Pour preuve, la soixantaine de patrons français présents à Alger ont «réussi leur préliminaire avec leurs homologues algériens». «Des projets dans le domaine des TIC et de l’industrie verront le jour», a-t-on indiqué.
Abder Bettache - Alger (Le Soir) - Outre la signature d’un protocole, portant création d’un conseil d’affaires algéro-français, l’intervention du ministre de l’Industrie et des Mines, à la fin des travaux, a été perçue comme un signe «fort» du gouvernement pour accompagner les accords conclus entre les deux organisations patronales : «J’invite les entreprises françaises à venir travailler avec des partenaires algériens. Il y a du travail à faire. Il y a différents domaines qui sont ouverts au partenariat. Maintenant, c’est vrai qu’il y a des difficultés mais nous travaillons au niveau du gouvernement pour les régler», a-t-il avancé à quelques minutes de la fin des travaux dudit forum.
En fin diplomate, le ministre de l’Industrie et des Mines a demandé, par ailleurs, aux hommes d’affaires français de «savoir être patients, ne pas se décourager face aux difficultés et regarder vers le long terme», ajoutant qu’il «y a une grande agressivité des industriels d’autres pays en dehors de la France. Ils sont prêts à régler tous les problèmes, ils sont extrêmement patients et ne reculent pas devant les difficultés. Ils savent attendre et prennent des risques. Bien entendu, ils gagnent de l’argent, et c’est tant mieux pour eux».

«Il faut agir comme les américains et les autres…»

En d’autres termes, M. Youcef Yousfi a voulu presser les hommes d’affaires français, pour qu’ils agissent «plus vite», leur rappelant que «beaucoup d’entreprises étrangères ont investi en Algérie et ont su affronter les difficultés en matière de climat des affaires notamment».
Evoquant plusieurs projets réalisés en Algérie en partenariat, il a fait remarquer que très peu de partenariats ont connu l'échec. C’est dans cette optique qu’il fera savoir que la difficulté «évoquée par certaines entreprises françaises concernant la règle 49/51 n’a pas découragé les investisseurs, qu’ils soient américains, allemands, autrichiens, suisses ou chinois. «Le partenaire ramène ses compétences, son savoir-faire, ses méthodes de gestion (...) et s’il y a des difficultés, c’est avec le partenaire algérien qu’elles doivent être réglées. Il faut agir comme les Américains et les autres», a-t-il soutenu.
Et d’ajouter : «Il faut juste être patients, bien connaître l’environnement et voir au long terme. Si on prend cela en considération, on peut réussir.» D’ailleurs, il a porté à la connaissance des hommes d’affaires français «qu’un groupe interministériel travaillait actuellement pour améliorer en permanence les relations d’affaires et résoudre certaines difficultés que rencontrent les opérateurs tels les retards de paiement et les lourdeurs administratives.

Plaidoiries françaises

Lors du point de presse conjointement animé entre le président du FCE et le président du Medef, la partie française n’a pas été par trente-six chemins pour plaider «l’abrogation» de certaines dispositions juridiques régissant le monde des affaires en Algérie. Côté français, on a énuméré au moins quatre obstacles.
Il s’agit «des longs délais de payement des entreprises par l’Etat», «le durcissement des importations d’équipements et certains composants qui peuvent pénaliser localement les investisseurs qui ne peuvent plus s’équiper en pièces pour livrer des systèmes complets», le «rapatriement des dividendes, (…) une fois les impôts et les taxes payées» et «la règle 49/51%». Pour ce dernier point, le patron des patrons français, a indiqué que les investisseurs français qui veulent venir en Algérie «ont peur de ne pas pouvoir avoir une majorité dans leur entreprise».
Sur ce dernier sujet, Pierre Gattaz a souligné que le Medef travaille avec le FCE «pour que ce quatrième verrou ne soit pas un problème et que le Medef puisse rentrer en France et expliquer aux PME qu’elles peuvent venir en Algérie parce que les problèmes liés à l’investissement se règlent et que les signaux sont positifs».
A. B.

 
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Algérie, chasse gardée de la France  
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