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A quelques mois de l’élection présidentielle
Le président Bouteflika s’active à achever en beauté son mandat
Par A. Alouache, Le Jeune Indépendant, 27 septembre 2008
Le président Bouteflika continue inlassablement depuis le début du ramadan à recevoir chez lui au palais d’El-Mouradia les ministres du gouvernement Ouyahia. Au total, quelque 15 ministres se sont succédé à ce jour au bureau du chef de l’Etat pour une séance de rattrapage et de recadrage des objectifs assignés à chacun d’eux.
Le but de ces séances de travail est de corriger les défaillances apparues en cours de route pour lui permettre ensuite de préparer sereinement son bilan de fin de mandat qui doit s’achever en principe le 8 au soir du mois d’avril 2009. Aussi, à chaque rencontre, la très officielle agence de presse APS se fend d’un très grand communiqué où elle balance à tour de bras les chiffres de tel ou tel secteur avec, en prime, les recommandations du président Bouteflika. Ainsi, chaque secteur est passé au peigne fin et décortiqué minutieusement. Le chef de l’Etat qui avait inauguré, il y a deux ans, cette façon de faire n’a pas dérogé à cette règle cette fois-ci encore. Tous les ministres sont tenus de présenter un bilan chiffré ainsi que des projections sur leur programme de réalisation.
Du fameux programme de 1 million de logements en passant par le pharaonique projet de l’autoroute est-ouest ou le programmes des Hauts Plateaux, et l’achèvement des 50 barrages d’eau, le président Bouteflika veut tout savoir afin de bénéficier de tous les atouts lors de la prise de décision sur tel ou tel projet.
Durant les cinq dernières années, la majorité des observateurs et analystes ont tous noté que sur un plan strictement économique, l’Algérie a connu un léger frémissement, mais qui a vite laissé place à une certaine fatalité qui a poussé certains dirigeants à faire du surplace au lieu d’initier des réformes courageuses et hardies. Depuis la reprise en main par le gouvernement Ouyahia de la sphère économique et les dernières mesures prises (protection accrue de l’économie nationale, retour de l’Etat régulateur sur certains secteurs de production, abandon de l’option privatisation tous azimuts), qui sont de nature à irriter les puristes de l’économie libérale, les choses vont s’accélérer encore davantage dans d’autres secteurs d’activités.
Depuis quelque temps, presque tous les rapports d’ONG ou d’institutions internationales donnent une mauvaise image de l’Algérie. Ainsi, des rapports concernant l’indice de développement humain, celui de perception de la corruption, le classement sur la compétitivité économique ou, encore, sur la liberté de la presse, sans oublier les rapports relatifs à l’accès à l’enseignement et à la malnutrition, pour ne citer que les rapports les plus récents, accablent le pays. L’Algérie occupe une place peu enviable dans le classement mondial relatif à la compétitivité. Récemment encore, le rapport annuel de Transparency International relatif à l’indice de perception de la corruption classe l’Algérie à la 92e position.
Aussi, le volet économique tiendra une place de choix durant ces quatre années à venir. S’il s’est chargé personnellement du dossier économique – son dernier combat majeur – c’est que le président Bouteflika sera amené exclusivement à hâter le développement économique du pays qui enregistre un énorme retard par rapport à ses voisins du Maghreb. Pour l’instant, et tant que les prix de l’énergie resteront élevés, les autorités disposeront des moyens suffisants pour financer les différents plans de développement. Grâce aux énormes revenus du secteur énergétique, la situation économique et financière s’est considérablement améliorée en Algérie.
La hausse spectaculaire des réserves en devises et le remboursement anticipé de la dette extérieure ont été remarquables. Même si les revenus issus du secteur énergétique ont plus que doublé en cinq ans, il est nécessaire, voire urgent de réfléchir à une autre politique, autre que celle expansionniste et budgétivore poursuivie jusque-là. Une importante partie des revenus issus du secteur énergétique est en effet utilisée pour le financement d’investissements publics dans des projets non énergétiques. Un baril de pétrole à moins de 80 dollars mettrait les finances du pays dans une situation délicate et le gouvernement se trouverait dans l’incapacité de poursuivre le financement des projets d’infrastructures lancés ces dernières années et estimés à plus de 200 milliards de dollars. Il serait surtout contraint de remettre en cause sa politique de subvention des prix des produits de première nécessité, avec le risque d’un dérapage incontrôlé des prix et ses conséquences sociales désastreuses.
Les 133 milliards de réserves de change annoncées par le gouvernement ont déjà été virtuellement engagés, tandis que le fonds de régulation des recettes vient d’être sollicité pour combler un déficit à hauteur de 40 milliards de dollars, né des surcoûts engendrés par les retards accusés dans les différents projets. A. A.
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