Trois mois après l’enlèvement des touristes autrichiens en Tunisie

Les négociations se poursuivent dans la discrétion

Par :Rédaction de Liberté, 22 mai 2008

Trois mois après leur enlèvement dans le Sud tunisien par la branche Al-Qaïda au Maghreb, les Autrichiens Wolfgang Ebner et Andrea Kloiber sont toujours retenus probablement au Mali, où des négociateurs envoyés par Vienne poursuivent discrètement leur délicate mission. “Je crois que nous nous trouvons à mi-gué dans un bateau qu'il ne faut pas trop agiter pour qu'il ne fasse pas naufrage. Nous voyons l'autre rive, qui est plutôt à portée”, confie à l'AFP le diplomate Anton Prohaska, à la tête d'une mission de quatre négociateurs dépêchés depuis mi-mars à Bamako. Les déclarations imagées du diplomate témoignent de la sensibilité de sa mission, conduite graduellement et avec prudence faute de contact direct avec les ravisseurs. “Les choses avancent, mais lentement. Il y a déjà eu plusieurs contacts par des intermédiaires. Ce qui est important, c'est que les otages soient en vie, et que les ravisseurs respectent leur engagement de les maintenir en vie”, commente un responsable malien qui assiste les négociateurs dans leurs démarches. À la mi-avril, un des émissaires avait annoncé avoir reçu des “preuves de vie” des deux otages, 10 jours après que Vienne eut estimé “avoir encore du temps” pour les faire libérer malgré l'expiration de plusieurs ultimatums des ravisseurs. Aujourd'hui, M. Prohaska tient à souligner que les émissaires “auraient déjà quitté Bamako” s'ils n'avaient pas eu “la conviction de pouvoir les trouver sains et saufs”. Wolfgang Ebner, 51 ans, et sa compagne Andrea Kloiber, 44 ans, originaires de la région de Salzbourg (Nord), habitués des randonnées dans le désert, ont été portés disparus le 22 février alors qu'ils circulaient dans le sud de la Tunisie à bord de leur véhicule 4x4 immatriculé en Autriche.
Leur enlèvement n'a été revendiqué que le 10 mars par Al-Qaïda au Maghreb qui avait initialement exigé la libération d'islamistes détenus en Algérie et en Tunisie, mais, selon des informations de presse non confirmées, ils ont également exigé le versement d'une rançon de 5 millions d'euros.

 
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Touristes enlevés dans le Sahara  
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