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Affaire
Mecili
Quand France 3 invite Samraoui…
Par :Outoudert Abrous, Liberté, 10 septembre 2008
D’abord une évidence : l’assassinat de l’opposant
André-Ali Mecili en 1987 à Paris n’a jamais été rangé dans
la catégorie des faits divers. Ses fonctions au sein du FFS, son
rôle dans le rapprochement entre Aït Ahmed et Ben Bella, les
deux principaux opposants au régime du parti unique d’alors,
le plaçaient, à l’époque, dans la ligne de
mire du pouvoir.
Ensuite, l’empressement avec lequel les autorités françaises
ont expulsé le meurtrier présumé, via Bruxelles,
semble-t-il, ne laisse pas de place au doute quant au caractère
politique de l’assassinat. Dans cette hypothèse, le meurtrier
présumé est seulement le dernier maillon d’une organisation.
Pour autant, faut-il accabler un suspect que bien des indices mettent à l’écart
du scénario ? C’est dans cette voie que s’obstine
l’ex-officier Mohamed Samraoui, réfugié en Allemagne
où il était en poste jusqu’en 1996.
Interrogé lundi soir par la chaîne de télévision
France 3, il a maintenu ses accusations contre le diplomate Mohamed Ziane
Hasseni, inculpé et placé sous contrôle judiciaire à Paris.
Une caméra de France 3 semble s’être incrustée
dans le tribunal de Paris pour saisir des images du chef du protocole
au ministère algérien des Affaires étrangères.
Projetées à Mohamed Samraoui, ce dernier a affirmé reconnaître
en lui le nommé Rachid Hassani qui est visé par un mandat
d’arrêt international. Le mandat a été justement
délivré après les accusations de l’ex-officier
affirmant avoir été témoin d’une scène
où s’est négocié le contrat de liquidation
de M. Mecili. Avant les images de France 3, des photos publiées
par le journal électronique Médiapart ont été présentées à Mohamed
Samraoui. L’individu qu’il avait identifié dessus
comme étant M. Hasseni était une autre personne. Et la
démonstration en a été faite par la défense
lors de l’audience du 1er septembre, selon Me Jean-Louis Pelletier.
Dans cette affaire, l’ex-officier a revêtu la toge du procureur.
N’est-il pas guidé par un souci de sauver sa parole et sa
respectabilité de nouvel opposant à ses anciens chefs hiérarchiques
? Au risque de compromettre un innocent ? C’est ce qu’il
y a lieu de craindre. Avec d’autres opposants, Mohamed Samraoui
a lancé un mouvement politique au nom de Rachad. Dans son ouvrage
signant publiquement sa rupture avec son service d’origine et son
passage à l’opposition, l’ex-officier a accablé l’ambassadeur
d’Algérie à Bonn. Une rancune tenace suintait de
son propos. C’est à Bonn que M. Hasseni est ensuite arrivé au
poste de consul général. Une affectation qui le mettait
naturellement en relation avec l’ambassadeur, un collègue
avec qui il aura de bonnes relations. Avant de rejoindre le ministère
des Affaires étrangères, M. Hasseni a été directeur
de la résidence Al-Mithaq, puis directeur à la présidence
de la République de toutes les résidences d’État.
Ses relations avec l’armée semblent s’être limitées à ses
années de service militaire.
Un autre officier en rupture de ban continue de voler à son secours.
Hicham Aboud a affirmé, hier encore, que Hasseni n’avait
rien à voir avec l’affaire Mecili.
A. O.
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L'affaire
Ali Mecili |