Des SGP refusent de prendre en charge le dossier des salaires impayés

L’UGTA crie au scandale

El Watan, 26 juin 2007

La résolution définitive du problème des salaires impayés n’est pas pour demain la veille. L’optimisme démesuré affiché, il y a quelques semaines, par les responsables de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), bute sur la réticence des SGP (Sociétés de gestion des participations).

Ça n’avance pas. « Le dossier est bloqué », nous a déclaré, hier, une source proche de la centrale syndicale. Devant être résolue avant la fin du mois de mai dernier, conformément à l’accord signé en avril 2007 entre l’UGTA et le gouvernement, la question demeure toujours en suspens. « Il y a près de 20 000 travailleurs qui n’ont pas encore perçu leurs arriérés de salaires. Les SGP ne veulent pas débloquer l’argent », indique notre source. La lourdeur de l’enveloppe budgétaire qui doit être consacrée au paiement des salaires impayés est à l’origine du blocage. En effet, pour en finir avec cet épineux dossier, le Trésor public devra débourser au moins 300 millions de dinars. Contacté par nos soins, Salah Djenouhat, secrétaire national chargé de l’organique au niveau de la centrale syndicale confirme l’information. « La question est réglée en partie. Il y a 243 entreprises qui étaient concernées par le problème au début », précise-t-il, sans toutefois donner plus de précisions. Pour notre source, la résolution du problème était confrontée, au début, aux « difficultés financières de certaines entreprises publiques ». « Mais, après l’accord signé avec le gouvernement, le ministre des Participations et de la Promotion des investissements (un ministère remplacé par le ministère de l’Industrie et de la Promotion des investissements, ndlr) a donné instruction aux SGP de verser tous les salaires impayés des travailleurs », souligne encore cette source. Il n’en fut rien. Interrogé à ce sujet par des journalistes en marge des travaux de l’Assemblée populaire nationale, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale affirme le contraire. « Le problème des salaires impayés est complètement réglé. S’il y a des retards, ils seraient dus à des problèmes d’ordre administratif », souligne le ministre. L’application sur le terrain des décisions politiques ne suit pas. Intervenant avant-hier à l’APN, Boualem Bouzidi, député du RND et secrétaire national chargé des affaires sociales à l’UGTA, avait soulevé ce problème. « Il y a toujours des travailleurs qui n’ont pas perçu leurs salaires », déplore-t-il en incitant le gouvernement à prendre en charge cette question. Vieux de plus de 10 ans (la question remonte à 1995), ce problème risque de compromettre la paix sociale voulue par le gouvernement et ses partenaires socioéconomiques à travers la conclusion, en automne dernier, d’un pacte national économique et social. Souhaitant voir une rentrée sociale des plus clémentes, le gouvernement et l’UGTA risquent de passer un été chaud. Des mesures urgentes devraient être prises avant qu’il ne soit trop tard.

Madjid Makedhi

 
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