Constantine

Les travailleurs de la SNTA se mobilisent contre la privatisation de leur société

Le Soir d'Algérie, 8 février 2018

Ils étaient près de 800 travailleurs de la Société nationale des tabacs et allumettes (SNTA) de Constantine à protester, hier, durant une heure dans l’enceinte de leur société sise au Khroub, pour dénoncer l’opération de privatisation envisagée de leur société et faire part de leurs craintes après la levée des actions de leur partenaire émirati à 51%.
Ilhem Tir - Constantine (Le Soir) - Un accord a été signé le 24 janvier dernier pour la création d’une société «mixte» qui met la SNTA en minorité face à des Emiratis, devenus conquérants avec 51%. Selon le représentant de la section syndicale Pôle Est, «les rumeurs qui courraient ces derniers temps se confirment».
Il s’agit bel est bien d’une opération de privatisation déguisée. Lors de la réunion tenue mardi au niveau de la Direction générale à Alger en présence du SG de la Fédération agroalimentaire et des sections syndicales, la question a été abordée avec beaucoup de non-dits, ce qui a plongé les travailleurs dans le désarroi car «trop de flou entoure cette opération que nous rejetons totalement», déclare le représentant de la section syndicale.
Pour cela, les travailleurs ont mené, hier, une première action dans le but d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur cette opération. Un débrayage d’une heure a été ainsi observé. Selon les travailleurs en colère, il s’agit d’un bradage pur et simple de la SNTA au profit du partenaire émirati avec lequel un partenariat a été noué depuis 2005 aboutissant à une joint-venture, dénommée Société des tabacs algéro-émiratie (Staem) et dont l’objectif était de fabriquer, en Algérie, des cigarettes de marques internationales pour mettre fin à la contrebande qui concerne ce genre de tabacs. Le capital de la Staem était constitué à 49% pour la SNTA, 49% pour le fonds d’investissement émirati et les 2% restants ont été attribués à Sofinance (une société financière qui appartenait au ministère des Finances). «Notre société n’est pas déficitaire, bien au contraire, nous avons récolté des bénéfices atteignant les 3 900 milliards de centimes en 2017», selon la section syndicale qui s’interroge sur les motifs de ce partenariat et les vraies raisons d’une opération de privatisation.
A cet effet, les travailleurs interpellent le président de la République, le Premier ministre et le ministre de l’Industrie et des Mines pour intervenir et stopper cette opération.
Une réunion est prévue dimanche prochain avec la fédération et la section syndicale pour étudier la situation et définir les actions à entreprendre dans les prochains jours au cas où la privatisation de la SNTA sera entamée. L’option d’une grève ouverte n’est pas écartée et les travailleurs restent mobilisés.
I. T.

 
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